Avec des chants et une cérémonie, les protecteurs indigènes de l'eau ont abandonné le campement de Standing Rock avant l'entrée de la police

Publié le 26 Février 2017

Dakota du Nord I La date limite annoncée par le gouvernement pour abandonner le campement Oceti Sakowin a été le mercredi 22 février à 2 heures de l'après-midi. Avant de sortir, les derniers vestiges et les logements improvisés ont été incendiés comme la partie de la cérémonie avec laquelle les indigènes lakota et les activistes qui les ont accompagnés pendant presque un an, et sont partis de l'endroit qui a été leur foyer dans la tentative pour arrêter la construction de l'oléoduc Dakota Access.

Des dizaines de personnes ont défilé pour sortir du campement en chantant et en battant des tambours tandis qu'ils marchaient par la route. Avant, le feu, les prières, les femmes se demandant où aller. Cependant, la sensation est celle d'une victoire, puisqu'ils ont marqué un changement dans la façon dans laquelle la population des États-Unis les perçoit et ils ont fait que le monde prenne conscience de leur mouvement : “nous devons nous sentir fiers, nous obtenons que le monde se retourne pour voir notre mouvement”.

Sans savoir où se diriger exactement, la majorité est sortie tôt. Les autorités ont envoyé les autobus qui les ont emportés à Bismarck, où ils leur ont offert de la nourriture et le logement.

À 14 heures sont arrivés les militaires, la police, les ingénieurs et les machines. Quelques manifestants qui ont décidé de rester ont été arrêtés. On rapporte que 46 personnes sont détenues, entre elles la “grand-mère Regina” de 80 ans.

Charles Whalen, 50 ans, conseiller des alcools et des drogues de Mille Lacs, du Minnesota, a dit que lui et quelques personnes ne sortiraient pas du campement pour maintenir une résistance pacifique : ”Nous n'allons rien faire de négatif, nous allons prier seulement” a dit Whalen. Les personnes qui sont parties ont manifesté des sentiments mitigés de devoir à abandonner l'endroit où ils sont restés pendant quelques mois. Dans l'apogée des protestations, le campement, connu comme Oceti Sakowin a accueilli des milliers de personnes, bien que sa population ait diminué quand la bataille de l'oléoduc s'est déplacée devant les tribunaux.

Le campement Oceti Sakowin à Standing Rock a réuni les membres de 200 tribus des peuples natifs placés dans l'espace géographique où, depuis quelques siècles, se sont peuplés les États-Unis d'Amérique. L'union de ces peuples en ce moment historique arrive grâce à la non-conformité des oceti sakowin, le groupe qui vit sur ce territoire, en ce qui concerne le projet de construction de l'oléoduc “ Dakota Access Pipeline”, qui traverserait leur territoire en provoquant la spoliation et la contamination de l'eau sacrée d'où provient la vie. Le projet est la propriété de la corporation texane Energy Transfer Partner et prévoit de traverser le pays du nord au sud, de traverser la rivière Missouri et le sous-sol du lac Oahe, dans la réserve Sioux de Standing Rock.

“Les campements continueront et la lutte aussi”  a dit Phyllis Young , l'une des leaders du campement. Matthew Bishop, de Ketchikan, Alaska, a été dans le campement de Dakota du Nord depuis octobre. Maintenant il a décidé de changer pour un autre campement.

Les protecteurs de l'eau argumentent que le campement de résistance est placé sur un territoire sioux non cédé dans le cadre du Traité de Fort Laramie, de 1851, et qu'ils ont le droit de rester sur leurs terres ancestrales.

Un manifestant a exprimé : “J'ai peur parce qu'il est possible qu'ils m'arrêtent et pour les conséquences que cela peut avoir, mais je crois avec tout mon coeur en ce mouvement et je me risque à y rester”.

Au début de ce mois, les équipes de construction ont repris les ouvrages dans le dernier tronçon du pipeline, après que le gouvernement du président des États-Unis, Donald Trump, ait octroyé une servitude pour permettre à l'entreprise responsable des travaux, Energy Transfer Partners, de perforer en dessous de la rivière Missouri.

Avec l'information de Honor the earth

traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 23 février 2017 :

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