FREJUS 2011 : premier projet d'urbanisme, des arènes romaines en béton !!

Publié le 29 Août 2011

 

AMPHITHEATRE DE FREJUS : L’art romain revisité façon béton profilé, bravo l’architecture du XXIe siècle !!

 


 

 

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                                      Les arènes, peut-être avant la catastrophe de Malpasset

 

 

 

 

Quand la politique du conseil régional et de la ville fait passer le profit avant la préservation d’un patrimoine antique, voici ce que cela donne :

 

 

 

 

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En image, l’ancienne arène, certes délabrée mais fidèle à ses vestiges et ensuite la nouvelle arène rénovée.


Vous me direz si cela vous tente, ce que vous en pensez.

 

L’objectif du sénateur maire de Fréjus,  Elie Brun, c’est que la culture retrouve son expression à Fréjus  en offrant avec les quelques 4500 places de l’amphithéâtre un « panel pour la cité de l’hermès en 2011 ».

 

Est-il besoin pour se faire de dénaturer un site antique en le recyclant en salle de spectacle  pour compléter l’offre déjà présente dans la ville ?


Je suis désolée pour le coup d’être d’accord avec une partie de l’opposition de la ville qui n’est pas de gauche en hurlant avec les loups au scandale mais je préfèrerais mille fois un site fermé et restauré uniquement pour assurer sa pérennité, ouvert au public via internet qu’un site dénaturé offert au profit capitaliste.

Mais, mes idéaux ne sont pas ceux d’une équipe municipale qui joue le jeu du tourisme à grande échelle et va dans le sens du gouvernement bling bling  actuel !!

 

 

 

 

 

L’état, le conseil régional de Provence, Alpes, Côte d’azur et les collectivités territoriales, propriétaires de monuments antiques ont signé en 2000 un Plan patrimoine antique afin de mettre en valeur une dizaine de grand monuments antiques (St Rémy, Arles, Cimiez, Fréjus, Orange, Vaison, Notre Dame du Bourg à Dignes et St Victor à Marseille).

Ces monuments sont tous menacés de dégradations multiples.


Dans ce cadre est lancé le projet de restauration et revalorisation de l’amphithéâtre de Fréjus.

Le site est inscrit en 1840 sur la liste des monuments historiques  de Mérimée puis il est soumis aux fouilles.

Dans la première moitié du 2oe siècle, l’édifice qui est plus ou moins bien entretenu sert aux pièces de théâtre aux opéras et aux fêtes taurines.


Les restaurations qui ont lieu suite aux inondations subies par la catastrophe de Malpasset en 1959 dénaturent le site.

En 2005, un projet de consolidation est mis en place par le l’architecte en chef des monuments historiques qui est confronté à un double impératif : mettre les vestiges antiques à l’abri de la dégradation en maintenant les possibilités d’utilisation de l’édifice de spectacle.


Seulement, la disposition des gradins sur tout le côté nord de la cavea adossée au rocher met un frein à l’élaboration du projet.

Pour se faire, une seule solution, simple à mettre en place : le béton profilé.

Celui-ci permettra de protéger les vestiges antiques et d’accueillir les spectateurs en toute sécurité.

Son concernés les trois volées de gradins de la cuvea : les deux maeniana inférieurs comportant 5 gradins et le 3e maenianum qui en offre 12.


Lors des débats ayant lieu pendant la séance de la commission nationale des monuments historiques, section travaux du 7 novembre 2005, ressort la perplexité des membres devant le projet qui « fait disparaître le monument antique sous une construction qui le recouvre en le transformant radicalement et définitivement

 

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Le chantier de restauration, confié à l’entreprise Eiffage, est lancé en novembre 2009 :

au nord de l’arène, 2 000 m3 de rocher en place sont enlevés ; des tranchées sont ouvertes dans la cavea pour fonder les nouveaux murs, 3 600 m3 de béton sont coulés et un linéaire de 3 200 m de gradins en « béton fibré ultra-performant » est installé. Comme le soulignent des articles enthousiastes de Var-Matin (3 juillet et 30 novembre 2010), l’amphithéâtre a retrouvé son « lustre d’antan ». Pour un coût de 8 millions d’euros, payé pour moitié par l’État, les deux premières volées de gradins réinstallés peuvent accueillir 4 500 spectateurs.

 

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                                                                         La cavea, espace réservé au public

 

 

Mais, prévient l’architecte en chef, « le niveau de protection des ruines ne sera obtenu qu’au terme d’une seconde phase » qui retrouvera le volume de l’édifice antique avec un troisième étage qui permettra d’accueillir en tout 9 000 spectateurs : ce projet devrait être inscrit au nouveau plan État-région-commune lancé en 2011.


Et les vestiges antiques, que deviennent-ils ? Ils sont devenus invisibles sous la coque

en béton. Des associations de défense du patrimoine s’inquiètent ; Didier Rykner, dans un

article de La tribune de l’Art du 22 juin 2010 dénonce cette reconstruction quasi complète

d’un édifice antique ruiné qu’il assimile à un massacre patrimonial. L’Association « Les amis

de Saint-Raphaël et de Fréjus » qui a enfin eu accès aux dossiers du Ministère de la Culture,dépose un recours, car elle a constaté « qu’en dépit d’un avis défavorable de la Commission nationale des Monuments Historiques du 15 juin 2009, les travaux actuellement menés dépassent l’autorisation accordée en 2005 et 2009, notamment sur la tribune d’honneur en cours de reconstruction et les murs de coursive, altérant gravement l’intégrité du monument »

 

 

 

Respecter le monument originel et rendre au monument ce qui faisait sa grandeur et son lustre à la période antique, voilà donc la dure mission à laquelle se sont attelés Francesco Flavigny et la société en charge des travaux.

En regardant les photos présentes vous ne pourrez que constater comme la tradtion antique est présente dans la construction !!

 

Je suis pour ma part ébahie par la créativité de l’artiste !!

 

 

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Ce massacre patrimonial au profit de la mairie est financé à 10% par la ville (qui est maître d’ouvrage), à 20% par la région PACA et par le Conseil général du Var et à 50 % par l’Etat dont une grande partie par le ministère de la Culture (celui en charge de la protection du patrimoine…) L’autorisation de travaux a été donnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, représentant le ministère. Le budget qui finance cette opération est prélevé sur le budget affecté à la restauration des monuments historiques.

 

L’argent dont on manque pour entretenir le patrimoine est donc utilisé pour le détruire. Le tout sous le signe de la « relance ».Un monument insigne classé monument historique, une mairie qui souhaite le bétonner pour le « réutiliser », un architecte en chef qui se prête à ce vandalisme, une commission nationale des monuments historiques qui donne un avis favorable, un ministère de la Culture qui valide et qui en paie une partie. Cette affaire témoigne d’une faillite complète d’un système. On imagine par ailleurs les implications financières de ce dossier, la transformation de ce monument en salle de spectacle devant à terme rapporter gros. A quoi sert une législation de protection des monuments historiques qui peut être détournée aussi facilement par ceux qui sont en charge de la faire respecter ?

 

 

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Et la communauté archéologique ? Elle doit s’interroger sur cette réalisation et sur les

choix qui l’ont motivée. Si l’architecte en chef considère qu’il a parfaitement respecté la

Charte de Venise (1964) en développant la fonction d’accueil de l’édifice, gage d’une bonne

conservation comme le préconise en effet l’Article 5, il n’est pas sûr qu’en installant un

dispositif « ambitieux » destiné à l’accueil de 9 000 spectateurs, il ait sauvegardé l’intégrité

du monument antique et contribué à sa mise en valeur : celui-ci reste en effet caché aux

visiteurs, sauf à l’emplacement d’un observatoire prévu ad hoc. Plus grave, rien n’est prévu

pour stabiliser les maçonneries antiques dégradées et, surtout, la mise en place de l’enveloppe protectrice apparaît comme un processus irréversible.

 

 

 

 

EXTRAITS DE LA CHARTE DE VENISE

 

 

(Charte Internationale sur la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites, IIe Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques, Venise,1964. Adoptée par ICOMOS en 1965).

 

Article 5


La conservation des monuments est toujours favorisée par l’affectation de ceux-ci à une

fonction utile à la société ; une telle affectation est donc souhaitable mais elle ne peut altérer l’ordonnance ou le décor des édifices. C’est dans ces limites qu’il faut concevoir et que l’on peut autoriser les aménagements exigés par l’évolution des usages et des coutumes.


Article 9


La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. La restauration sera toujours précédée et accompagnée d’une étude archéologique et historique du monument.


Article 10


Lorsque les techniques traditionnelles se révèlent inadéquates, la consolidation d’un

monument peut être assurée en faisant appel à toutes les techniques modernes de conservation et de construction dont l’efficacité aura été démontrée par des données scientifiques et garantie par l’expérience.


Article 14


Les sites monumentaux doivent faire l’objet de soins spéciaux afin de sauvegarder leur

intégrité et d’assurer leur assainissement, leur aménagement et leur mise en valeur. Les

travaux de conservation et de restauration qui y sont exécutés doivent s’inspirer des principes énoncés aux articles précédents.

 

 

 

http://www.sfac-info.fr/wp-content/uploads/2011/02/Amphith%C3%A9%C3%A2treFr%C3%A9jus.pdf

 

 

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Et puis, pour en savoir un peu plus :

 

A quoi sert la législation des monuments historiques ? (2) : les arènes de Fréjus

 

 

 

Le béton c’est laid, pour restaurer de l'antique, il y a certainement mieux..... je vous donne mon avis : BOYCOTT des spectacles aux arènes de Fréjus, ne donnons pas une tune à leur projet de merda !!

 

 

Caroleone

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par caroleone

Publié dans #Balade en France, #pilleurs et pollueurs

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C


Merci Dufour pour ton commentaire et ton témoignage, j'espère que grâce à ses petits articles, une prise de conscience aura lieu chez nos concitoyens ......


Amicalement


 


caroleone



D


Bonjour


Voilà, oui je suis tout à fait en accord avec vous, les arènes sont défigurées. Pour avoir passé de nombreuses soirées les soirs de concerts aux arènes au temps de leur splendeur, je regrette
profondément ce qu'elles sont devenues. Alors oui, je boycotterai ce lieu d'histoire et de magie qui n'est plus qu'un vaste bloc de béton. Merci de cet article. Cordialement. Une "sudiste" qui ne
fait pas la sieste, sourires.....



C


Mon petit papy,


 


Laisse béton, je crois bien qu'on la connait par coeur !!


Et puis, tu sais, on peut y aller dans les arènes, ce sont des monuments en dehors de tous les sacrifices qui y ont été faits. C'est comme les églises, je ne crois pas dans toutes ses sornettes
mais j'aime bien les édifices qui sont les oeuvres des hommes souvent maltraités qui ont donné leur sang et leur vie pour les édifier.


Bises au papy sudiste avé l'assent


 


Caroleone



P


Bonjour Caroleone et bon retour chez toi 


Le Sud est une belle région à condition de ne pas descendre trop au Sud... le littoral c'est un piège à cons, friqués si possible, qu'on appelle plus communément les "touristas" !


Encore heureux qu'on les a, c'est notre seule économie locale. S'il n'y avait pas les "touristas" on serait obliger de travailler touteu l'annéééééée ! Que là pendant qu'ils continuent de venir
chez nous, on multiplie les prix par 10 et ça nous permet de bosser que 2 mois dans l'année... et encore, le soir c'est pas avant 16 heures ! C'est marqué sur l'écriteau de la boutiqueuuu :
Fermé pendant la sieste !


 


En attendant toi, tu as de drôles de façons de prendre des vacances !


On dirait que tu es partie là-bas en envoyée espéciale pour faire un reportage béton sur sur ce qu'il ne reste plus de littoral !


Tu as dû en user des bobines de film pour faire toutes ces photographies !


Je t'avoue un essecret, le jour où on me verra mettre les pieds dans une arène c'est qu'on m'aura jeté aux lions !


 


Té, guise de conclusion... retour en chanson avé RenauD avé un "D" (ça c'est pour Nadine Moranault !)


 


Bizz ensoleillées,
Le Papy sudista