José Veintimilla, un marseillais, de Madrid à Moscou !

Publié le 30 Août 2011

 

 

 

 

Voici une belle histoire que j'aimerais vous faire partager et je remercie Titie de me l'avoir confiée.

 

Caroleone

 

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Les petites images font les grandes histoires, et le monde virtuel peut, parfois, rencontrer le monde réel. Ecrivant un article sur le Vallon du Marinier, quartier de l'Estaque perché au flanc du massif de la Nerthe, j'avais mis une photo de la maison de mes grands-parents, Pierre (décédé en janvier 1942) et Irène Gortchakoff,

 

 

 

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Mais les articles que nous postons sur le net, sont un peu comme des bouteilles à la mer, voguant sur un océan virtuel, qui souvent, se perdent, noyés dans l'immensité de la toile, mais, parfois, touchent des rivages lointains, et arrivent à un destinataire inconnu.

 Quelle ne fut pas ma surprise, un jour, en ouvrant ma boîte mail, de lire un message concernant, non pas la maison de mes grands-parents, mais celle d'à côté, couronnée par un bel oeil de boeuf ! C'était une certaine Yannick Latallerie-Veintimilla, qui me contactait pour me faire part de l'émotion qu'elle avait eu en contemplant l'ancienne maison de ses grands-parents, construite par son grand-père, et quittée en 1937, pour des cieux espagnols ! De ce point de départ prosaïque, une longue histoire traversant les méandres de ce siècle va alors émerger, celle d'immigrés espagnols, les Veintimilla, échouant au Marinier, et qui seront engagés dans la grande histoire du 20eme siècle, de Madrid à Moscou !

 

Veintimilla-Dolz Julian, est né à Pobleta, dans la province de Valence, en Espagne, en 1891, et, comme beaucoup d'espagnols, vint en France, pour travailler dans le vignoble du Languedoc, à Poussan, au-dessus de l'étang de Thau, à partir de 1911.

 

 

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Il s'installa définitivement dans le village languedocien, en 1914,  après s'être marié avec Theresa Sebastian-Adrian.

 

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La famille Veintimilla s'agrandit rapidement, avec la naissance de José, en 1915, et de Theresa, en 1921.

 

 

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Après de multiples aller et retour entre la France et l'Espagne, les Veintimilla s'installe au Vallon du Marinier, en 1924, quartier de l'Estaque, à Marseille. Petite vallée isolée, encaissé dans les collines de la Nerthe, le Marinier est un lieu excentré surtout habité par des immigrés italiens, venus travailler dans les tuileries de l'Estaque et aux usines chimiques de l'Estaque Riaux. Ce fut le cas pour mes arrières grands-parents, Aderito et Linda Grisendi, venus de l'Emilie-Romagne pour travailler dans la cité phocéenne, 

 

 

 

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et dont les trois filles se marieront avec trois amis russes, mon grand-père, Pierre Gortchakoff, et ses deux copains de l'armée, Jean Sinitzki et Paul Griaznoff.

 

 

 

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Julian fit le maçon, et construisit une première maison, qu'il revendit à des marseillais du "dimanche", pour en édifier une autre, beaucoup plus grande, sertie d'un oeil de boeuf.

 

 

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Les Gortchakoff et les Veintimilla deviennent donc voisins, jusqu'en 1937, et Victorine et Theresa, deviennent amies.

 

 

Le père Veintimilla, travailleur acharné, puisqu'il fera le grand escalier coupant le lacet du Boulevard du Belvédère, en une journée,

 

 

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était marqué par les idées anarchistes, fort répandues dans cette partie de l'Espagne, mais son fils, José, né en 1915, communiste convaincu,  le convertir au communisme soviétique. Dans les années 20-30, la Marseille ouvrière est traversée par les idées révolutionnaires, aimantée par la patrie des ouvriers, l'URSS, et l'Estaque, quartier laborieux, sera un des fers de lance du communisme marseillais, puisque le 16eme arrondissement restera, pendant longtemps, la chasse gardée du PCF. 

José Veintimilla, fils de Julian, embrassa donc les idéaux du Parti Communiste, militant dans le 16eme arrondissement de Marseille, tout en commençant à travailler à la Penaroya, usine chimiqueappelée aussi la Coloniale, à l'Estaque-Riaux.

 

 

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 L'été 1936, un événement va bouleverser la vie du jeune homme, puis de toute la famille. La guerre d'Espagne éclate, avec un coup d'Etat mené par le général Franco, qui renverse le gouvernement de Front Populaire qui avait été élu démocratiquement Le sang de José ne fait qu'un tour ! A 21 ans, le jeune espagnol est prêt à mourir pour ses idées, surtout si c'est pour sauver l'Espagne du péril fasciste ! Le gouvernement Blum, malgré sa sympathie pour le camp républicain, à la remorque de l'allié anglais, qui ne veut nullement une "Espagne rouge", se résigne, la mort dans l'âme, à la non-intervention, laissant les républicains seuls, contre Franco et ses alliés germano-italiens. Mais les militants communistes et beaucoup d'autres, ne l'entendent pas de cette oreille, et l'aide à l'Espagne Républicaine va vite s'organiser, Marseille devenant la plaque tournante du soutien à la cause progressiste. En octobre 1936, le Ciudad de Barcelone

 

 

 

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et le Mar Caribe embarquent des centaines de volontaires français , du port de Marseille, vers Alicante et Albacete, QG des nouvelles Brigades Internationales. José Veintimilla est du voyage, et sera reversé dans la XIe Brigade Internationale, commandée par Emilio Kleber,  intégrant le Bataillon "Edgar André", dirigé par Hans Kahle.

 

 

 

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Il défendra la capitale, lors de la Bataille de Madrid, où les légionnaires d'Afrique, n'arriveront pas à passer

 

 

 

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  Blessé par deux fois, le parcours de José se perd ensuite dans les brumes de la guerre ...

A Marseille, la famille Veintimilla ne reçoit plus de nouvelles, et Julian, n'en pouvant plus, décide de vendre la maison marseillaise pour s'en aller en Espagne, à la recherche de son fils, en 1937, en emmenant tout la famille, et la fiancée de José, Juliette Enguidanos. Et c'est tout à fait par hasard, qu'à Barcelone, ils vont retrouver leur fils, en pleine forme, et ayant quelques responsabilités dans l'organigramme de l'Internationale Communiste. Le jeune brigadiste a tellement pris du galon, qu'il ne va pas profiter longtemps de la présence de sa famille, envoyé, qu'il sera, en URSS, transporté par un sous-marin, cet été 1937, qui le mènera jusqu'à Odessa.

Mais José avait pris soin, avant, de mettre sa famille en sécurité, à Valence puis à Madrid, à l'hôtel Gaylor, QG des forces russes en Espagne. Julian, homme à tout faire, aidera la police républicaine, alors que la jeune Theresa se transformera en zélée secrétaire, croisant, dans le prestigieux établissement, Ernest Hemingway et le général Valentin Gonzales, surnommé El Campesino.

 

 

 

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Mais les nationalistes de Franco gagne la guerre, le 1er avril 1939, et des milliers de républicains espagnols sont obligés de fuir l'Espagne, pour ne pas être passés par les armes. La "retirada" ou retraite, va concerner 450 000 personnes, traversant les Pyrénées pour se réfugier dans l'hexagone, où ils sont fraîchement accueillies, internées dans des camps comme à Argelès ou au Boulou.

 

 

 

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Theresa et sa mère purent échapper, dans un premier temps, à ces infâmes camps, puisque la jeune fille, qui parlait français couramment, fit croire aux policiers français qu'elle avait perdu ses papiers d'identité. Mais, à Marseille, elles furent arrêtées, en 1940, puis internées au camp d'Epinal. Heureusement, la solidarité communiste ne fut pas un vain mot, puisqu'un militant brigadiste de l'Estaque, Gilbert Charmasson, se fit passer pour le fiancé de Theresa, et réussit à faire sortir les deux femmes. Elles se réfugièrent à Marseille, rue Breteuil, chez un notaire, Maître Ravanas et retrouvèrent Julian, le père, revenu d'Espagne un peu plus tard, comme ouvrier agricole dans la propriété du notaire, à Mallemort.

La guerre finie, la famille revint au Marinier, où Mr Rabezanne, qui avait acheté la maison à l'oeil de boeuf, loua à Julian, une maisonnette, 1, rue de la poudrière. Theresa se maria et donna naissance à Yannick,

 

 

 

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une petite fille, qui reste aujourd'hui, avec sa mère, la mémoire vivante de la famille.

 

 

 

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La vie continua, sans José, qui avait bel et bien disparu, emporté peut-être, par la catastrophe mondiale ! Mais non, 11 ans plus tard, en 1956, José Veintimilla réapparut, à l'Estaque, libéré des géôles staliniennes, par Nikita Khrouchtchev ! Parti en URSS en 1937, formé à l'Académie Frunzé, pour être un des futurs cadres de l'Espagne soviétique, il pâtit de la défaite républicaine et fut, comme tous les combattants brigadistes, suspectés par la police stalinienne. Habitant Moscou, il se maria avec une certaine Tossia, alors que Juliette, sa première fiancée du Marinier, convola avec un ukrainien.

 

 

 

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En 1946, José, demanda un visa pour assister au baptême de sa filleule, Yannick, à Marseille, ce qui lui fut refusé

 

 

 

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Ancien brigadiste, demandant à sortir d'URSS, il n'en fallait pas plus pour les sbires de Staline, pour soupçonner l'ibéro-marseillais de haute-trahison. Le 26 septembre 1947, alors qu'il sortait de son usine moscovite, où il travaillait comme tourneur-fraiseur, il fut arrêté par le MVD, la police politique qui avait remplacé le terrible NKVD. José ne reverra plus Tossia ...Incarcéré à la Loubianka, funeste bâtiment où disparurent de nombreux brigadistes, dans la cellule 82-5-E, le jeune homme y resta jusqu'au 22 août 1948, avant d'être "libéré" pour être envoyé à la Vorkuta, dans les camps sibériens !

Le général El Campesino, héros de la guerre d'Espagne, lui aussi exilé en URSS, avec quelques milliers de compatriotes, fut aussi remercié par Staline, en étant interné dans à la Vorkuta. Il narra sa tragique aventure dans un livre :

 

 

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Mais d'une certaine, les deux hommes eurent de la chance, car beaucoup d'autres, comme le général Kleber, ancien commandant de José, au sein de la XIe Brigade Internationale, moururent d'épuisement, dans les camps sibérien, quant ils n'ont pas été simplement exécutés à leur retour d'Espagne.

José Veintimilla connut sa future femme au Goulag, une autrichienne nommée Elfriede

 

 

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qui fut libérée un an avant lui, en 1955, et alla l'attendre au chemin de la Poudrière, au Marinier.

En 1956, profitant du "dégel"après la mort de Staline, l'ancien brigadiste fut libérée du camp de Potma, par Khrouchtchev, et décoré de l'Ordre de Lénine ! Le retour au Marinier du fils disparu, fut un choc, pour le père Julian

 

 

 

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heureux de ces retrouvailles incroyables et abattu par cette réalité insupportable, qui remettait en cause  sa foi communiste ! De rage, il alla se jeter dans un tas de fumier !  

José, lui, avait quitté le vallon, jeune homme, plein d'illusions et de romantisme révolutionnaire, en 1937, et il revenait en homme,

 

 

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20 ans plus tard, marqué par son périple européen, victime du tourbillon de l'histoire et de la paranoïa stalinienne, qui lui avait volé les meilleurs années de sa vie !

Il se maria avec Elfriede, et travailla à Sud-Aviation.

 

 

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Il quitta la politique, celle-ci lui avait trop pris ...

A sa retraite, qu'il prit à Nice avec sa femme, il eut le plaisir de retourner dans son Espagne tant chérie, à la mort de Franco, en 1975, 38 ans après avoir pris son sous-marin à Barcelone ...vers la rêvée Odessa ! Dans les années 80-90, il allait souvent avec Elfriede aux Canaries, à l'hôtel Hof-Arosa.

 

 

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Alors que José n'avait jamais voulu parler de cette "parenthèse" de 20 ans, qu'il n'avait pas voulu trahir ses idéaux de jeunesse, sur son lit de mort, cet été 2006, il appela sa filleule, Yannick, pour soulager sa conscience, avant de mourir. Pendant une journée, il cita des listes de noms, de mémoire, de camarades tombés sous les coups des fascistes, et, malheureusement aussi, sous les supplices du NKVD ! Il s'est éteint à l'âge de 91 ans, le 28 août 2006.

De cette vie qui traversa les tumultes du 20eme siècle, je retiendrai  la passion de ce jeune homme, 

 

 

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fils de l'Espagne et de l'Estaque, qui rêva d'un monde plus juste !

(Je remercie Yannick Latallerie-Veintimilla pour son témoignage et ses photos, qui m'ont permis de rendre hommage à son oncle et à sa famille.)

 

Il aurait pu chanter l'Internationale, dans ce film de Jean Renoir, La vie est à nous, de 1936 !

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire

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T
Bonsoir Coco, à noter qu'à la suite de cet article, j'ai été contacté par le fils moscovite de José Veintimilla. Né en 1939, à Moscou, Enrique n'avait jamais vu une photo de son père, José, qui avait quitté sa fiancée marseillaise, qui l'avait rejoint à Moscou, pour une belle russe. Le 24 décembre 2010, je recevais un mail de Moscou, d'un certain Enrique Veintimilla, me remerciant pour mon article, car il n'avait jamais vu de photo de mon père. Pour me remercier, Enrique, qui fut prof d'espagnol en URSS et directeur du centre espagnol de Moscou, m'a traduit, gratuitement, toute la correspondance en russe de mon grand-père, que j'avais scannée et mise sur Google. Internet, connecting people.
C
C'est une superbe histoire qui continue peu à peu. Je trouve cela formidable.
T
Merci d'avoir repris mon article. L'histoire de José Veintimilla s'est greffée sur mes recherches concernant mon grand-père russe, Pierre Gortchakoff. En juillet 2014, j'ai d'ailleurs donné un interview à la Marseillaise concernant la vie de mon aïeul, on peut le lire ici :

http://tietie007.blog4ever.com/pierre-gortchakoff-1897-1942-de-la-siberie-a-marseille
C
Bonjour titie,

C'est une super nouvelle et je suis contente de voir que la belle histoire de ta famille continue son chemin. C'est bien dommage par contre que l'on ait plus l'occasion de faire de petits articles à l"intérieur des commentaires comme c'était le cas avant sur OB mais je vais voir ce que je peux faire pour relayer ça.

Amitiés

caro
L

Merci à Titie PR l'histoire de ces deux familles du Vallon du Marinier. Si petit sur la carte du Monde certes, mais si riche de vécus, dans cet entrelat identitaire de population, Espagnol,
Italien, Arménien, Russe. Tout ça dans une surface grande comme la main. Ils ont construit leur histoire au travers de leur idéologie Marxiste.


Que reste t-il ? Nous sommes la dernière lignée qui contemplons le vol des hirondelles. et l'attendons avec impatience, chaque printemps. Nos printemps sont comptés. Il nous reste à rêver dans le
bleu de la nuit à ce petit coin perdu des collines du massif de la Nerthe, comme l'ont fait jadis nos grands parents.
C


Bonsoir,


En effet, ce brassage culturel qui est le propre de la région marseillaise est une grande richesse et si celle dont parle Titi est basée sur les idéaux marxistes, encore plus chère à nos coeurs.


Maintenant dans notre société, on fait un bond en arrière, les idées brunes reprennent place diabolisant tout ce qui vient de l'étranger et le peuple suit cet endoctrinement qui à pu semer ses
méchantes graines grâce à la politique fascisante du nain. Maintenant il faut revenir dessus mais je crains que les successeurs n'aient aucune envie de revenir sur quoi que ce soit des
catastrophes de la droite et s'est bien dommage parce qu'en 5 ans, ils pouvaient fort bien se doter de 2 ans de démontage et 3 ans de création de belles idées progressistes pour les acquis
sociaux....voilà que je rêve toute éveillée. Excuse-moi, tu m'as inspirée en m'insufflant cet air du sud qui me manque.


 


Amitiés





caroleone



C


Bonsoir mon petit papy,


 


Merci pour cette belle présentation de ce petit village du sud que tu aimes et qui sens le soleil et la bonne humeur !!


Tu as ressorti tes archives pour le coup ?


La photo du village vu de parapente est vraiment très jolie, j'aime beaucoup voir la forme de ces villages, je me demande toujours comment les architectes de l'époque pouvaient anticiper la forme
arrondie sans savoir ce que cela allait donner vu d'avion ?


En attendant c'était toujours plus joli et solide que les constructions actuelles, l'urbanisme de nos jours est loin d'être un art,on ne peut que le constater en regardant  les arènes en
béton de  Fréjus !


Tu sais, je suis déjà venue plusieurs fois pas très loin de Poussan, à Vias et nous avions pas mal sillonné le secteur mais plus haut dans les terres.


Les vignes ça me plaît tu t'en doutes, c'est très esthétique et puis le vin dans votre région, le rivesaltes et autre banyuls est très sucré, cela me rappelle un vin sucré espagnol le moscatel
que je ne trouve pas très souvent et qui se boit comme du petit lait.....en toute modération !


 


Les parties de pétanque évidemment, ça me botte mais il faudrait que je m'y remette, je crains  d'avoir perdu mon adresse !!


Remarque, si j'imagine que le cochonnet c'est sarko, nul doute que je le dégomme en moins de deux, c'est toujours une question de motivation !!


C'est drôle ces meules en plein champ, c'est original mais il ne faut pas tomber dessus en vélo, ça doit "piquer" .....


Mon petit papy, tu vas me concurrencer avec de tels articles, peut-être que je devrais t'embaucher pour m'aider à finir mon année du mexique ?


Entre les fêtes des ânes et les triplettes, je sens que je vais avoir de belles idées de rencontres avec mes amis corréziens et sudistes pour le coup, cela peut certainement me donner une
motivation pour la suite !! Je suis libre pour voyager à présent .....


Il n'y a pas de tigres par chez toi j'espère ?


Parce que mon camarade d'Istres parle de ces sales bêtes aussi sur Marseille et l'étang de Berre, c'est un envahisseur !! Gare à vous !!


 


Merci encore pour le partage.


 


Bises


 


caroleone


 


 



P


Bon, ben vite fait alors, je ne voudrais pas polluer ce magnifique article.


 


Alors Poussan, comme c'est décrit dans ton sujet, c'est un village du Languedoc, plus précisément dans l'Hérault et qui compte un peu plus de 5000 âmes de nos jours.


 





Cliquer pour zoomer (+)


 


Comme on peut le voir sur la carte ce village est un peu à l'écart du "Grand Littoral" ce qui fait qu'il est encore préservé du béton. L'espèce de grand lac qui se trouve au milieu de Sète,
Marseillan, Mèze et Bouzigues est en fait le bassin de Thau célèbre pour ses huîtres (surtout celles de Bouzigues).


Poussan fait donc parti de ce "bassin de Thau", longtemps convoité par Georges Frêches qui voulait le rattacher à l'agglo de Montpellier.


 


Voilà à quoi ressemble le cœur du village vu d'un parapente...


 





 


et tu ne t'es pas trompée, Poussan est en plein cœur d'une zone viticole nommée "Les Collines de La Moure" comme on peut le voir ci-dessous :


 





 


C'est un village typique de l'Hérault qui comme beaucoup d'autres ont encore conservé leur Vieille Porte...


 





 


L'activité viticole prédomine encore mais pour combien de temps ?


Voici la coopérative viticole de Poussan telle qu'elle existait il y a plus de 50 ans et qui est restée intacte à nos jours


 





 


Hé oui, à cette époque que j'ai bien connu, on vendangeaient à la main et les comportes étaient acheminées à la "coopé" par charrettes. C'est beaucoup plus tard que sont apparues les machines à
vendanger !


Les mulets sont longtemps restés notre moyen de locomotion même à l'heure des tractions avant, 2 CV et autres Dauphines...


 





 


Devine qui c'est le pitchoune assis sur la comporte ? 


 


Bien que très peu peuplé avant la grande invasion espagnole des années 30, poussan avait sa mairie...


 





(photo début des années 1900)


 


qui a évoluée et déménagée au cours des années...


 





pour ressembler à ça aujourd'hui :


 





 


Poussan avait même sa gare...


 





 


son marché...


 





avé ses halles


 





 


qui sont toujours en lieu et place de nos jours


 





 


Les pistes de Poussan sont très prisées par les vététistes sur lesquelles il n'est pas rare de faire quelques découvertes bizarres, telles ses meules rotatives cachées dans la garrigue


 








 


Il faut savoir qu'outre la viticulture, Poussan était réputée pour son industrie meulière dont on extrayait les meules de pierre depuis les sites des Onglous et de Valaury.


Cette activité a perduré jusqu'à la fin du XIX et ne survécut pas à la révolution industrielle comme beaucoup de professions.


 


Tu peux aussi découvrir le château de La Garenne qui se situe aux abord du vieux village...


 





 


Mais je pense que ce qui t'intéressera peut-être plus que tout c'est ceci...


 





 


J'y retourne quelquefois pour y retrouver quelques anciennes conquêtes...


 





 


Voilà brièvement à quoi ressemble la ville de Poussan, entre les huîtres et le raisin...


 


 


Bizz,
Le Papy sudiste



C


Bonsoir papy,


C'est une très belle histoire en effet, exemplaire , incroyable et pleine de valeurs et d'idéaux qui ont faits que certains hommes, certaines femmes ont vécu, comme tu le dis des vies dignes de
romans....


Et puis, de nombreuses choses me touchent comme toi parce que j'y vois d'autres familles, d'autres vies anonymes et c'est pour cette raison que j'ai voulu que vous profitiez de cette richesse.


J'éditerais je le pense d'autres devoirs de mémoires de titie sur son grand-père russe, tu ne peux pas savoir comme j'aurais aimé avoir les infos nécessaires pour réaliser un article sur la vie
de mon grand-père pour qui ce blog a été créé faute de mieux.....


 


Je suis contente que cet article t'ai plu et apporté un peu d'exotisme, tu me parleras peut-être un de ces jours de Poussan, que je ne connais pas.....il doit y avoir de la vigne par là ?


Je t'embrasse


 


caroleone



P


C'est vraiment incroyable cette histoire et tellement exemplaire !


On a l'impression de lire un roman plein de rebondissements avec toutes ces disparitions et réapparitions de José !


Ça me rappelle quelques souvenirs, tu t'en doute bien...


Sais-tu que je connais très bien Poussan ?


J'ai habité pas très loin pendant quelques années !


 


Merci beaucoup pour ce grand moment d'histoire authentique.


 


Bizz,
Le Papy