Pérou : Le peuple Ashaninka

Publié le 22 Avril 2013

LES ASHANINKAS

 

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Autre nom : Kampa

Peuple autochtone des forêts tropicales du Pérou et de l’état d’Acre au Brésil .

Leurs terres ancestrales se nomment : Junin, Pasco, Huanuco et une partie d’Ucayali.

Il s’agit d’une souche arawak préandine vieille de 5000 ans.

Langue : Ashaninka

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Localisation

Les rios nommés sont les suivants : cutivireni, asheninga perene, atsiri, nomatsiguenga et caquinto.

Ils sont divisés en 3 groupes répartis comme suit :

- Basses vallées le long des rios : 22.000 personnes recensées.

Ils vivent selon le modèle de la société régionale, ils ont laissé leur habit traditionnel au profit de vêtements modernes, ont également perdus leurs traditions et pratiquent le commerce avec les blancs. Ils ont néanmoins conservé leur philosophie de vie liée à la nature.

- Plus haut le long des petits rios : les volontaires, regroupés au sein de 85 familles qui vivent encore selon les traditions.

Ils sont méfiants envers les étrangers et ne parlent pratiquement que leur langue.

- Régions plus reculées dans la selva : peuples non-contactés, environ une quinzaine de famille. Ne savent rien de notre monde.

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      Pintura/ Niña Asháninka: Artesano de Perú amazonico

 

Un peu d’histoire

Avant l’invasion des conquistadores :

La région est habitée par les tribus Ashaninka, Matsinguengas et Kakintes, chasseurs/ pêcheurs/cueilleurs de l’Amazonie. Les peuples de la siera ( les incas de l’époque) commerçaient avec les peuples de la selva ( les ashaninkas)

1531 : les espagnols débarquent sur le sol péruvien. Début de la colonisation, disparition des incas, évangélisation des peuples et conquête de la forêt. Mais les conditions d’accès dans la selva et la résistance des Ashaninkas ralentiront les prétentions espagnoles. La région restera inexplorée jusqu’au 19e siècle.

Entre 1839 et 1913 : Boom du caoutchouc

Les exploitants profitent de la présence indigène pour en faire une main d’œuvre corvéable. Mais les indiens ne s’en laissent pas conter et sous la pression sont obligés de se réfugier sur des terres plus reculées ( vallée du Rio Tambo-ene). Asservis par les « saigneurs » d’hévéa, la population ashaninka est quasiment décimée.

Après la seconde guerre mondiale :

Les colons arrivent sous la promesse de terre promise et vivent au départ en bonne entente avec les indiens, même si ces derniers ne se mélangent pas.

Dans les années 80

Les bûcherons débarquent avec leurs coupes franches d’arbre recherchés comme l’acajou et le cèdre.

Arrivent aussi les narcotrafiquants avec les plantations de coca, pratiquant également la déforestation à c profit. C’est le sentier lumineux, le serendero luminoso qui s’implante sous l’œil négligent du président Fujimori. Le sentier lumineux protège les trafiquants de drogue , les guérilleros tentent d’enrôler de jeunes indiens par la force, mettent à feu et à sang les villages des vallées de Ene, Tambo et Perene. D’autres indiens sont soumis à l’esclavage.

De nos jours :

Ce sont toujours les exploitants forestiers illégaux qui ouvrent des routes illégales pour parvenir à leurs fins, les compagnies pétrolières, les trafiquants de drogue, les missionnaires qui continuent de menacer les indiens malgré la reconnaissance des territoires indiens par le Pérou en 2002!!

Les nombreuses maladies apportées par les blancs ont fait de nombreuses morts et continuent d'en faire, le paludisme par exemple est encore un fléau dont les indiens ne sont pas protégés ainsi que les maladies respiratoires.

En 2003, est créé le parc Otishi, outil juridique qui aide les indiens ashaninka et qui contient 3 parties:

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   Parijaro. Satipo dans le parc Otishi

Une partie centrale interdite d’accès dans l’une des régions les moins connues du Pérou, encore vierge, inexploitée.

Une autre partie constituée d’une réserve de natifs ( ashaninkas à l’ouest et matsiguenga à l’est), avec accès interdit aux visiteurs, réglementé uniquement par les natifs.

Puis au bords des rios, des communautés d’ashaninkas qui nécessitent également une autorisation d’accès.

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Mode de vie

 

Ils vivent d’une agriculture de subsistance sur brûlis respectueuse de l’environnement , basée sur le manioc( caniri) les patates douces, le maïs, le riz, le café, la canne à sucre.

Ils cueillent et ramassent dans la forêt des champignons; des racines, des grenouilles, des insectes, des escargots, des essaims d’abeille, des larves, des chenilles, des crabes et lézards d’eau, des scolopendres.

Ils chassent le petit gibier et pêchent dans les rios : ils utilisent des lances, des arcs et des flèches.

Ils utilisent des calebasses comme récipients.

Lors des repas, les femmes dépècent, cuisent et font la partage des aliments, elles mangent autour du feu.

Les hommes se regroupent dans un autre coin pour manger.

Le produit de la chasse est toujours partagé entre tous peu importe la taille du gibier.

Ils pratiquent un « échange généralisé » : chacun choisit dans a propre portion quelques morceaux qu’il distribue aux personnes de son choix.

Tout est consommé, les os broyés avec les dents ou un caillou, la moelle extraite jusqu’à la dernière particule, les intestins savoureusement mastiqués.

La tête de l’animal tué est conservé plusieurs jours, elle sera ensuite fracassée avec une pierre, le cerveau sera cuit et séché par la fumée partagé en parts équitables lors d’au autre repas.

Avec les os, ils fabriquent des cuillères, surtout avec ceux des singes.

Ils boivent une bière traditionnelle, le PEARENTSI, et aiment consommer cette boisson alcoolisée lors des soirées.

Les indiens ont des chiens faméliques qui leur servent à débusquer le gibier lors des chasses dans la forêt, ces derniers n’en sont pas pour autant soumis à un quelconque traitement de faveur !

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Lieu de vie

Chaque village , chaque clan porte le nom de la rivière qui le borde.

Chaque communauté est dédoublée en 2 zones résidentielles :

La plus basse vallée est habitée à la saison sèche puis à la saison des crues ils se réfugient dans la case de la montagne bien souvent à 4/5 heures de marche du site estival.

Les maisons sont des cases au toit de palmes , les litière en écorce ou feuilles.

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Traditions

Le costume traditionnel est composé d’une cushma ( tunique) teintée en brun ou bleu royal. Les épaules des vêtements sont ornés de graines.

Ils portent des colliers et des bracelets composés de graines, de dnets de tapir, pécari ou singe, de plumes colorées.

Les femmes ont souvent les cheveux longs tressés.

Les hommes portent des ponchos multicolores, des chalecos ornés en passementerie et perles, des gilets à dos noir.

Ils portent également des cercles de feuilles de palmier tressées décoré avec des plumes sur la tête.

Les femmes se peignent le visage au potsoti, (roucou).

Les enfants ne portent un nom ou deux qu’à partir du momenet où l’on découvre chez eux des traits essentiels de leur personnalité.

Les femmes portent leurs bébés dans des sacs composés de lanières de tissus sur lequel on assoit le bébé sur la gauche : le sonpirontsi.

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                    Cutivireni

Le système médicinal des Indiens Ashaninka

Du point de vue des Ashaninkas, un homme se réduit à un être physique (ivatsa = sa chair) et spirituel (isancane = sa profondeur) qui apparaissent au moment de la naissance. Les deux caractéristiques communiquent au moyen d'un élément de régulation (ineatatsiri = il lui parle). Des problèmes médicaux peuvent résulter de chacun de ces trois composants et sont classifiés en conséquence dans les maladies physiques évidentes (catsiarentsi = agissant dans la non-obscurité), les plaintes psychologiques cachés (mantsiarentsi agissant dans l'obscurité) et la deterioration de la régulation (aparentsi = dégénération).

  D’une autre façon tout à fait intéressante, il y a aussi trois autres niveaux de guérisseurs. Pour le traitement des maux simples, les personnes appelés 'anteaviari' (ayant une grande connaissance de la médecine) sont consultés. Des leaders intellectuels et des soigneurs, appelés 'seripeari' (qui prennent du tabac) travaillent dans les domaines socios-religieux et socio-médicinaux. Ils incluent la famille ou même le village du patient dans le remède qui peut être une thérapie de comportement ou un tabou. Les hommes sélectionnés qui respectent un régime végétarien et un célibat sont nommés à sancoshi (le savoir des signes) après des années d'éducation par leurs mentors dans la solitude complète en pleine forêt. Comme les prêtres, ils protègent l'harmonie dans le monde et les indivilualités humaines comme conseillés par le Dieu Pava. En effet, l'expression Ashaninka pour 'je suis sain' (nocaratanaje) signifie littéralement 'je porte l'harmonie'. Pendant la saison pluvieuse, la maladie a souvent été attribué à l'introduction de l’'irampavanto' (la femme de nuage) dans les villages. Pour saper 'la mère de la maladie', les symptômes sont traités avec des préparations d'herbes (avintarontsi = la médecine), des régimes, des thérapies d'irritation (Urera baccifera, Urticaceae; nom en espagnol : chalanga morada), des tabous et des rituels. Dans des cas sérieux 'la mère de la maladie’ (ina-, par exemple inaporoqui = mère dans le visage ; la cause de la variole) est éliminé par des médicaments toxiques (quepearivenqui des plantes de guérison toxique), par exemple une décoction d’écorce de Lonchocarpus sp. (Fabaceae) comme les pyretogènes. Un antibiotique de la policlinique serait aussi assigné à cette catégorie. Les problèmes psychologiquement causés sont souvent assimilés à des questions religieuses.

Les traitements incluent des mesures socio- psychologiques aussi bien que des remèdes d'herbes, par exemple des décoctions de coca Erythroxylone (Erythroxylaceae) des feuilles (nocaneshi = mon apport de brume) ou des médicaments anxiolytiques Banisteriopsis caapi (Malpighiaceae). On considère l'inquiétude comme étant le principal facteur perturbateur dans la communication entre le corps et l'esprit. Les préparations de plantes puissantes (saventaro) sont utilisés pour éliminer cette perturbation et reconstituer une bonne santé. Ces plantes sont connus pour être peuplées par les bons esprits (manincaarite = la vie cachée dans l'eau). Il reste à savoir, s’il y en a plus d’une, à combien d’espèces, ce titre de noblesse est attribué, mais l’U. tomentosa fait parti de ceux-là. Elle n'est pas considérée comme une plante guérisseuse parce qu'elle est attribuée à la sphère de la religion. Seulement le 'sancoshi' des prêtres est capable de percevoir la présence des bons esprits dans les plantes individuelles de cette espèce. En conséquence, on le trouve dans aucun livre péruvien de plantes thérapeutique, mais dans un des dictionnaires (Kindberg, 1980) qui parle du ' saventaro d'una de gato, espezie de planta espinoza' ce qui fait clairement référence à l'Uncariae. Ces résultats révèlent un système médicinal intégré avec un lien très fort entre la religion et la médecine.

 

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  Uncaria tomentosa, griffe de chat

http://www.samento.com.ec/sciencelib/frn4lym/uncariatomentosa.html

Un site pour les Ashaninkas :

http://www.vivelaterre.com/chaveta/

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #ABYA YALA, #Pérou, #Brésil

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