Dolorès Ibarruri, la pasionaria

Publié le 8 Mars 2013

 

NO  PASARAN !

 

 

 

 

Appel de Dolorès Ibarruri, 19 juillet 1936

 

 

 

 

Ouvriers ! Paysans !Antifascistes ! patriotes espagnols !

 

Face au soulèvement militaire fasciste, levons-nous pour défendre la République, pour défendre les libertés populaires et les conquêtes démocratiques du peuple !

Par les communiqués du gouvernement et du Front populaire, le peuple connaît la gravité du moment. Au Maroc et aux Canaries, les travailleurs, alliés aux forces loyales à la République, luttent contres les militaires et les fascistes insurgés.

 

Au cri de : " Le fascisme ne passera pas, les bourreaux d'octobre ne passeront pas !"....les ouvriers et les paysans des diverses provinces espagnoles se joignent à la lutte contre les rebelles armés ennemis de la république.

 

Les communistes, les socialistes et les anarchistes, les républicains démocrates, les soldats et les forces fidèles à la République ont infligé les premières défaites aux factieux qui traînent dans la boue de la trahison l'honneur militaire dont ils se glorifient tant.

Tous le pays frémit d'indignation face à ces scélérats qui veulent plonger l'Espagne démocratique et populaire dans un enfer fait de terreur et de mort.

 

Mais ils ne passeront pas !

 

Toute l'Espagne se prépare au combat. A Madrid le peuple est dans la rue, soutenant le gouvernement et le stimulant avec sa volonté et son esprit de lutte, pour que les militaires et les fascistes insurgés soient totalement écrasés.

 

Jeunes, préparez-vous au combat !

 

Femmes, héroïques femmes du peuple !

 

Souvenez-vous de l'héroïsme des femmes des Asturies en 1934; luttez vous aussi aux côtés des hommes pour défendre la vie et la liberté de vos enfants menacés par le fascisme !

 

Soldats, fils du peuple ! Restez fidèles au gouvernement de la République, luttez aux côtés des travailleurs, aux côtés de vos pères, de vos frères et de vos camarades ! Luttez pour la République, aidez-la à triompher !

 

Travailleurs de tous les partis ! Le gouvernement met entre vos mains les armes pour sauver l'Espagne et le peuple de l'horreur et la honte que représenterait le triomphe des bourreaux sanguinaires d'octobre.

 

Pas d'hésitations. Que tous soient prêts à l'action. Chaque ouvrier, chaque antifasciste doit se voir comme un soldat armé.

 

Peuple de Catalogne, du Pays basque et de Galice ! A vous tous Espagnols ! Défendons la République démocratique, consolidons la victoire remportée par le peuple le 16 février.

Le parti communiste vous appelle vous, ouvriers, paysans, intellectuels à prendre place dans la combat pour écraser définitivement les ennemis de la République et des libertés populaires.

 

Vive le Front populaire!

 

Vive l'union de tous les antifascistes !

 

Vive la République du peuple!

 

Les fascistes ne passeront pas !

 

Ils ne passeront pas !

 

No pasaran !

 

 

 

 

 

 ibarruri

 

 

 

 

 

 

 

puno-dolores-ibarruri

 

 

 

 

Elle rêvait de devenir institutrice, elle devint bonne à tout faire, l'épouse  d'un mineur syndicaliste et la mère de six enfants dont quatre mourront très jeunes. C'est la misère, et en même temps, l'apprentissage de la lutte politique.

 

Dolorès Ibarruri Gomez devient très vite une dirigeante écoutée du parti communiste espagnol, mais ce 19 juillet 1936, 24 heures après le début du coup d'état franquiste, quand elle s'installe au ministère de l'intérieur pour participer à la défense de la jeune démocratie espagnole, avant d'être communiste, elle se sent républicaine. A la foule rassemblée au pied de l'immeuble, elle lance son "No pasaran!", "ils ne passeront pas !" et d'un trait résume la volonté populaire : briser le soulèvement des militaires soutenu par les royalistes et la hiérarchie catholique.

 

Toute de noir vêtue, cheveux tirés, l'oeil brillant, cette oratrice hors pair fait vibrer les mots et les transforme en slogans. Elle sait rugir contre les généraux félons, mobiliser les femmes et entraîner les hommes qui vont bientôt mourir pour la défense de la République. Dans cette Espagne austère et sanglante, elle se donne et on l'aime. Elle est devenue une sorte de sainte athée issue des entrailles du peuple : la Pasionaria.

 

 Membre de la direction du PCE, elle travaille beaucoup à renforcer l'influence de son parti au sein d'un camp républicain divisé; membre du Komintern, l'organisation communiste internationale dirigée de Moscou, elle acquiert une position hautement stratégique en gérant une partie importante de la solidarité financière internationale qui arrive dans le camp républicain.

 

En mars 1939, les jeux sont faits : le général franco et ses alliés ont gagné la guerre contre la République. Dolorès Ibarruri quitte alors l'Espagne pour l'URSS, sa terre d'exil. Elle y restera jusqu'en 1975, année de la mort de franco.

 

De retour dans son pays, elle assistera à la naissance d'une nouvelle Espagne, démocratique et royale.

 

 

 

 

 

 

dolores.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHRONOLOGIE

 

 

 

timthumb.php

 

 

 

(En gras, les évènements historiques)

 

 

 

9 décembre 1895 : Naissance de Dolorès Ibarruri dans les environs de Bilbao au pays basque espagnol. Elle est la fille d'un mineur dévot et royaliste.

 

1916 : Mariage avec un militant syndicaliste. Un an plus tard, elle adhère au parti socialiste.

 

Avril 1920 : Elle participe à la création du parti communiste espagnol ( PCE)

 

12 avril 1931 : Les candidats monarchistes sont battus aux élections municipales. Le roi Alphonse XII se retire. C'est la IIe république espagnole.

 

1933 : Premier séjour à Moscou. Elle participe aux travaux du comité éxécutif de l'Interantionale communiste.

 

Octobre 1934 : Soulèvement populaire dans les Asturies contre la misère. La répression militaire dirigée par le général franco est terrible : 1500 tués, 3000 blessés, 50.000 arrestations.

 

16 février 1936 : Nouvelles élections générales en Espagne. Le Front populaire, un rassemblement de partis de gauche soutenu par les anarchistes l'emporte.

Dolorès Ibarruri est élue députée des Asturies à l'assemblée nationale, les Cortès.

 

17-18 juillet 1936 : L'armée se soulève au Maroc espagnol contre la République et le gouvernement de Front populaire.

 

Septembre 1936 : Dolorès Ibarruri rencontre en France le socialiste Léon Blum et dénonce la politique de non -intervention de sont gouvernement.

 

Le Komintern décide de l'organisation des Brigades internationales pour soutenir la République.

 

Novembre 1936 : Franco fait alors appel aux aviateurs de la légion Condor, enoyée par l'Allemagne nazie, pour bombarder Madrid. C'est la première expérimentation d'une attaque systématique d'objectifs civils visant à faire craquer les populations.

 

1937 : Dolores Ibarruri est élue vice-présidente de l'Assemblée nationale, les Cortès.

 

 

 

dolores madrid-glasgow[1]

 

 

 

 


 

8 mars 1937 : 30.000 soldats italiens envoyés par mussolini pour aider franco et 20.000 légionnaires marocains et monarchistes attaquent Madrid. Ils échouent.

 

Avril 1938 : L'Espagne est coupée en deux, Madrid est séparée de Barcelone.

 

Dolores Ibarruri organise la mobilisation populaire en Catalogne et combat les tendances défaitistes qui se font jour dans les rangs républicains.

 

26 janvier 1939 : Les troupes franquistes pénétrent dans Barcelone.

 

6 mars 1939 : Dolores Ibarruri quitte l'Espagne pour l'URSS.

 

27 mars 1939 : Les troupes de franco entrent dans Madrid. La guerre civile aura fait un million de morts violentes, deux millions de prisonniers, 500.000 exilés.

 

Mai 1942 : La Pasionaria devient  secrétaire générale du PCE clandestin.

 

23 juillet 1969 : Franco désigne son héritier : Juan Carlos de Bourbon, le petit-fils d'Alphonse XII destitué en 1931.

 

20 novembre 1975 : Mort de franco

 

13 mai 1977 : De retour en Espagne, Dolores Ibarruri est élue aux Cortès, l'Assemblée nationale espagnole.

 

12 novembre 1989 : Elle meurt d'une pneumonie.

 

 

Dolores Ibarruri Rafael Alberti Cortes

 

Dolores Ibarruri et Rafael Alberti

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo de la fête de l'huma 1946  ICI

 

Sur cette vidéo on voit par moment Dolores Ibarruri lors de la fête de l'huma C'est un magnifique document qui nous fait alors prendre conscience de ce que l'huma et le PCF ont perdu

 

 

Pour compléter cet article je vous conseille la lecture de ce texte de José Fort : Dolorès Ibarruri, Pasionaria pour toujours  ICI

 

 

 

  Mises à jour le 08/03/2013

 

  Article publié la première fois le 09/04/2011

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire, #Des femmes pas comme les autres

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R

Aujourd'hui 8 mars 2013, journée internationale des Droits de la Femme, je pensais qu'aucune femme dite de droite et reconnue comme telle ne fut ou n'est pas pour la libération
de la femme. Sinon dans des salons bourgeois à côté des plantes vertes et en levant le petit doigt pour boire du thé (je n'ai rien contre cette boisson). C'est drôle ou pas cette
histoire?
C


 


 


Bonjour Roger,


 


Oui, elle est drôle ton histoire.....au moins tu penses aux femmes


 


Les bobotes elles sont pour la liberté des femmes mais la leur, si elles pensent que lever le petit doigt ça fait bouger les lignes, elles peuvent tenter le coup. Une armée de petits doigts
levés, c'est trop mignon, non ?


Mais je préfère être femme prolo qui n'a pas tout ce qu'il faut que femme bobo colmatant ses rides non conformes au code des aristos.


 


Amitiés femmes/hommes en toute égalité


 


caroleone



C

Bonsoir Roquet,

Je suis contente de ton retour et de ta remarque : en effet, c'est une appréciation de l'auteur du livre que j'ai néanmoins citée mais je le regrette, c'est en effet donner beau jeu à nos
détracteurs qui ont vite fait de nous taxer de staliniens...surtout en ce moment !
Je l'enlève donc afin de ne pas altérer ce texte qui n'est pas trop mal.
Amicalement
caroleone


R

Très bel hommage,ô combien justifié. Etrange tout de même cette phrase :"La plupart de ses interlocuteurs finissent par oublier qu'ils ont en face d'eux un pur produit de l'appareil stalinien".
Quel sens faut-il lui donner ? Une critique du fonds idéologique de la Pasionaria ? Mais alors,se dit-on,quels exceptionnels et irréprochables héros pouvait donc susciter le communisme dans sa
lecture stalinienne ! La référence acide à "l'appareil stalinien" en devient du coup absurde. Simple remarque,mais je crois que ça appelle à plus de réflexion qu'il n'y paraît d'abord.
Fraternellement,Roquet