Elucubrations d’une plume intermittente (trempée dans l’encrier du ruisseau)

Publié le 1 Avril 2016


La fleur de mon cœur est sèche
Comme le parchemin du lin détrempé
Et pourtant
Les mots veulent parler
Sortir de leur bogue
Habillés d’une robe de soie
Rouge grenat ourlée de sucre candi
Et de vertes franges qui volent au vent
Comme pour imprimer leur idée du temps.

La rose de mon esprit est confite
Et pourtant son sel aimerait briller
Ardemment.
Où sont les coquilles d’escargots
Rondes et soyeuses avec de petites encoches
Pour y déposer les revendications ?
Où sont les ours en peluche
Verts et doux comme des pleurs de mères
Qui ont a jamais disparu de leurs ventres
Leurs enfants perdus (les /dis/pa/rus/que/sont-ils/de/ve/nus)

La pierre de mon cœur est brûlante
Comme le brasier du pic-épeiche qui entame
Une liaison.
Qui saisir à sa flamme sur le bûcher des sensations ?
Qui cuire tel un œuf platement aguerri
Dans la poêle au revêtement d’acier aiguisé
Sur la meule des frissons ?

La lave de mes sentiments n’en fini plus de couler
Lentement
Tel un serpent nonchalamment épris
Qui va à son rendez-vous d’amour avec deux brins de muguet
Et un œillet de soulier passé dans sa boutonnière.

Je n’aimerais pas être une page d’écriture
Quand ma plume assure
Une intermittence joyeuse et furibonde
Toute à sa fougueuse étincelle de vie
Elle se prend pour la jument de Przewalski sensée
Pérenniser la vie
Et court dans tous les sens de la page
Avec accrochée à ses sabots
Une myriade de plumettes en lambeaux.

La fleur séchée de mon cœur
Aimerait être trempée dans l’encrier d’un ruisseau
Qui irrigue de ses ondes un champ de cresson militant.

La rose de mon esprit
Aimerait que son sel encense une partie de ciel
Et que brille dans ses yeux un renouveau couleur de feu.

La pierre de mon cœur aimerait qu’un souffle de paon
Caresse un à un ses tourments
Et que des larmes de retrouvailles irriguent sa chaleur radiante.

La lave de mes sentiments aimerait qu’un ceiba
Arrête son chemin
Qu’elle le contourne et en face un collier
Un collier de pierre durcie et aguerrie
Pour que les enfants du monde y apprennent la ronde du serpent
Qui danse
Avec ses colliers multicolores
Ses bracelets clinquants
Et ses broches annelées toutes édulcorées de miel de fromager.

Elucubrations d’une plume intermittente (trempée dans l’encrier du ruisseau)

Carole Radureau (29/03/2016)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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A
Je crois que tu peux te rassurer, tous tes souhaits sont exaucés dans ce merveilleux poème.
Et je retiens ceci, vraiment superbe:
La fleur séchée de mon cœur
Aimerait être trempée dans l’encrier d’un ruisseau
Qui irrigue de ses ondes un champ de cresson militant.
(pas séchée du tout, la fleur de ton coeur)
C
Parfois il y a plein de choses à dire ainsi....
J'imagine la plume/cheval en train d'écrire à ma place sur la feuille, quel bazar ça ferait !! Peut-être que mon écriture c'est déjà ce bazar-là ?