Un homme en cage

Publié le 10 Juin 2013

Un homme en cage

Il tourne, il vire à n’en plus finir.

Sa cage est ronde.

Sa cage est carrée.

Il tourne, il songe au lapin,

terré dans son clapier,

alors, comme le lapin,

il fait un bond en travers,

tape bien fort des deux pieds,

puis il fait un bond à l’inverse,

se couche dans sa litière.

Il vire, il se sent oiseau.

L’oiseau à une cage ronde,

il vole en rond,

une fois dans le sens des aiguilles d’une montre,

l’autre fois à l’inverse,

puis, fatigué, il se pose sur un pied.

Et il dort.

La cage, ronde ou carrée, toujours,

est munie de barreaux.

C’est immuable,

la condition sine qua non des cages bien comme il faut.

Les barreaux sont en fer.

Ils sont froids et sans vie,

on peut les enserrer dans ses mains,

les faire glisser de haut en bas,

et de bas en haut.

A l’infini.

L’homme tourne et vire.

Aujourd’hui, il veut faire son homme,

alors il oublie le lapin et l’oiseau,

sort son crayon et écrit :

un bâtonnet sur le mur.

Un jour de plus dans la cage.

Bientôt il n’y aura plus de place

pour coucher les bâtonnets,

la cage est trop petite,

les ans privés de liberté

bien trop nombreux,

alors l’homme devra les effacer.

Et il recommencera,

jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il est dans la cage.

Il tourne et il vire.

Parfois il aperçoit au loin

un oiseau, vol au vent,

il lui fait des signes avec sa bouche,

il lui envoie un message.

Parfois l’oiseau le capte,

il nous l’apporte et que dit-il ?

On apprend que l’homme en cage

à trouvé un brin de liberté,

je couche son message sur cette page.

D’un coup je vois les bâtonnets

qui tombent au sol dans un bruit sourd.

Ce sont des mikados.

Il faut juste en tirer un,

et l’homme sera libre.

Un homme en cage

Sans trembler, je dégage le bâtonnet.

Il sort du lot, il est seul dans l’éternité.

L’homme est libre, ça y est,

la porte de la cage s’ouvre d’un coup,

en faisant un bruit de porte de prison,

la liberté à tire d’aile lui ouvre ses ailes.

Vole, vole dans les airs ma tourterelle.

Et ne te retourne pas.

Un homme en cage
Carole Radureau (10/06/2013)

! Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Bonsoir Caro<br /> <br /> La grande évasion façon mikado, c'est subtilement poétique. Tu devais mourir d'envie de jouer les Steve Mac Queen devant les clapiers de ton grand père...<br /> <br /> Bisouxx<br /> Serge
C
Bonsoir Serge,<br /> <br /> Tu as une façon de voir les choses qui me scotche toujours de surprise.<br /> En fait, j'ai fait un truc que je ne dois pas refaire à présent, j'ai bloqué des écrits. C'est Léonard que j'ai relu et qui m'a tellement encore émue quand il parle de la petite cage dans la grande (ça doit être le trou), quand ils n'ont droit qu'à une sortie par jour et c'est tourner autour de la petite cage.....tu vois, c'était là encore. Ensuite, l'écrit devient lui-même au moment où je le couche, je n'anticipe rien. Pourquoi ça a fini en mikado, va savoir !<br /> Oui, c'est vrai que je n'aime pas voir les animaux en cage, j'y ai mis mes chats par moment dans la chatterie et ça ne me convenait pas du tout. Je les préfère en liberté et si je n'ai pas d'oiseaux c'est uniquement pour cette raison car j'adorerais avoir un ou deux oiseaux pour leur parler. Avec les chats, je ne pourrais jamais les laisser en liberté.<br /> Alors, si on s'évade, n'oublie pas les mikados, ils sont la clé de tout.<br /> <br /> Bisous<br /> <br /> caro
R
Voilà qui va très bien avec envol sur mon blog. Chapeau.<br /> Amitiés Roger
C
Bonjour Roger,<br /> <br /> Oui, c'est vrai que l'on est assortis, les oiseaux nous apportent souvent leurs coups d'ailes pour nous aider à échapper à ce monde pourri. Mais, ce poème je l'avais empêché de s'exprimer la semaine dernière quand je relisais le livre de Leonard Peltier pour m'imprégner de lui que nous avons mis à l'honneur, Serge - Hobo et moi sur notre blog, et j'ai eu tort, car ça en a bloqué d'autres et cette nuit, c'était un bazar dans ma tête. Ma muse était folle comme une guêpe, elle m'a fait entrevoir au moins 4 ou 5 poèmes différents et une ritournelle qui était drôlement bien ficelée qui a résonné sans arrêt et que j'aurais dû coucher du coup sur le papier, car elle s'est envolée (c'est bête quand ça arrive).<br /> C'est la faute au condor.......je dois suivre les courants d'air chaud comme lui.<br /> <br /> Amitiés et bravo tous tes magnifiques textes que je recommande<br /> <br /> caroleone