Souvenirs d'enfance : Le poulailler
Publié le 9 Juin 2013
Il est des moments simples dont on se souvient,
car ils habillèrent le moment présent
d’une touche particulière le gravant dans l’histoire,
il est des moments simples
qui resurgissent du passé, tels des bonbons au miel
que l’on sort du papier.
Le poulailler de mon grand-père était un monument,
non pas par sa taille mais par ce qu’il représentait.
Lieu privé dans lequel par moment
l’autorisation d’y aller le rendait important,
sa porte grillagée difficile à ouvrir,
on ne la passait que derrière le grand-père, le maître des lieux.
Les consignes étaient claires et jamais l’interdiction contrée,
car la raison primait.
Mais quand on pouvait y entrer,
ce lieu magique d’un univers de paille,
lieu de vie et de ponte, de couvaisons animales
en devenait plus précieux à nos yeux.
Tout d’abord l’odeur particulière frappait,
une odeur chaude de nid, de paille et de fumier,
une odeur regroupant en son sein la vie qui germe,
la vie qui couve pour se rendre forte,
celle qui prépare aux hommes la survie de demain.
La première chose à faire c’était de cueillir les œufs,
tels de petits trésors que la vie nous offrait,
parfois encore chauds de leur ponte joyeuse,
on aurait dit des paquets d’amitié.
Mais le moment favori, celui que je n’aurais jamais manqué,
c’est lorsque nous avions le droit d’aller voir
à l’intérieur des clapiers dans lesquels dormaient
les longues oreilles des lapins , dans leur intimité à eux.
C’était le plus délicieux souvenir de mon enfance,
quand du duvet moelleux d’un coup sortaient
de minuscules oreilles aux couleurs bigarrées,
et au bout de si jolies petites choses que la vie nous offrait :
les bébés lapins enfin étaient visibles,
notre visite opportune ne risquant plus de les condamner,
car dame lapine pas commode et jalouse de notre présence les gardait
attendant qu’ils soient bien beaux pour nous les présenter.
Je rêvais, je trépignais d’impatience au fond de moi,
je rêvais de plonger ma main dans cette douceur de ouate,
de voir ces minis frimousses si belles si attendrissantes,
que sur la terre peu d’êtres en possèdent le joli minois.
Il est des souvenirs si simples qu’on les aime,
c’est un de ceux-ci que je vous confie ce jour.
Carole Radureau (09/06/2013)
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