Note d'info n° 10 sur les attaques contre La Otra campana

Publié le 6 Mars 2011

Source : "La Jornada" du 4 mars 2011, article de Hermann Bellinghausen.

Cet article est consacré à un rapport présenté par le Frayba (Centre de
droits humains Fray Bartolomé de Las Casas) dont on parlait hier.

D'après ce rapport, le gouvernement de l'État du Chiapas "crée et
administre des conflits pour le contrôle territorial" au détriment des
droits des communautés indigènes. Il souligne que "le Chiapas est un filon
d'une grande richesse pour l'investissement privé, stimulé par des projets
éco-touristiques". Les projets d'investissement "cherchent à dépouiller
les villages au travers d'expulsions par la force, de cooptation pour la
signature de 'conventions de développement', d'occupation policière et
militaire, de criminalisation des défenseurs".

Dans ce cadre, les événements du 2 février dans la zone d'Agua Azul
représentent "la mise en œuvre d'une stratégie calculée par le
gouvernement de l'État, qui a engendré une confrontation pour ensuite se
poser en médiateur et administrer le conflit".

Le Frayba affirme disposer de témoignages qui désignent le secrétaire
général du gouvernement, Noé Castañón León, comme l'un des "auteurs
intellectuels" de l'agression. Il souligne que le gouvernement de l'État
"a rompu un processus de dialogue et d'arrangement communautaire mis en
place par les acteurs depuis 2010" pour que ce soient les habitants de la
zone eux-mêmes qui administrent et préservent leurs ressources.

Le rapport inclut le témoignage d'une personne présente à l'une des
réunions où il a été planifié de monter les comuneros les uns contre les
autres, "en créant des groupes de choc", et "d'emprisonner les adhérents à
La Otra Campaña" pour les "distraire" avec une lutte pour la libération de
leurs prisonniers.

"Il ne s'agit pas d'un conflit communautaire", ajoute-t-il, pas plus qu'à
Mitzitón, ou que ce ne l'était à Acteal en 1997.

La situation "est le produit d'une guerre d'usure qui crée les conditions
pour que les organisations de la région s'affrontent entre elles ; ce qui
est en jeu n'est pas un guichet d'entrée, mais la défense de la terre et
du territoire des peuples indigènes qui construisent un projet
d'autonomie".

On agresse ainsi le projet d'autonomie "parce qu'il empêche le
gouvernement de privatiser la terre pour des projets d'entreprise".

Le Frayba annonce aussi qu'il a déposé un recours pour obtenir la
libération des dix prisonniers politiques de San Sebastián, qui ne se
trouvaient pas sur les lieux au moment des faits.

(Note d'el Viejo.)

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Le chiapas en lutte

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C
<br /> c'est un combat de longue haleine tu t'en doutes .....<br /> <br /> <br />