Le silence
Publié le 23 Septembre 2012

Le silence est un cri
Celui qui crie avec les yeux
Celui qui au fond de la gorge s’étrangle
De rage de peur d’effroi de peine
Cri de ceux qui n’ont pas de voix

Le silence est un lâche
Il profite de son don et se cache
N’assume pas ses propos ses actions
Il se cache se morfond se terre

Le silence est froid
Ne pouvant s’exprimer il gèle
Dans ses profondeurs liquides
Et sordides
Il se fige de sa froideur rigide

Le silence est absence
Celle qui étreint le cœur et le presse
Tel un citron jusqu’à la fin
Qu’il cède alors sous le poids
Du silence de peine

Le silence est l’abandon
Des êtres que l’on sème
Dans la vie
Avec dérision passion
Soumission
Et dont on ne veut plus supporter
La raison

Le silence est le vide
Sidéral infini
Il rebondit comme une bille
Entre les neurones
De l’interconnexion

Le silence est la fin
Du monde, de la société
Des êtres qui, plus jamais
Ne s’aiment
Des amitiés trop dures
Des amours trop faibles
Fin des aventures entre les hommes
Passions avortées
Songes différés
Incompréhension avérée

Le silence est la mort
Rongé par les vers
De l’absolu
Abîme sans fond
Sans fin
Dans lequel il s’insinue

Le silence tue
Par son cri
Sa lâcheté
La froideur de l’absence
L’abandon
Le vide
La fin et puis enfin
La mort
Carole Radureau (23/09/2012)
Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons
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