Le poète, lui, avait toujours raison

Publié le 14 Mars 2010



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N'en déplaise aux partis pris, avec le départ de Jean Ferrat, c'est avant tout un monument de la culture populaire française qui s'effondre. Entraînant dans sa chute un nuage de réactions, des plus sincères aux plus convenues. Petite sélection....


Je perds un ami. Je perds l'ami.

Isabelle Aubret, chanteuse


C'était un homme profond.

LIne Renaud, chanteuse

 

Dans toutes les occasions qui s'offraient à lui, il témoignait, plaidait pour la solidarité

Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français


(...)c'était un homme engagé, mais il n'était pas un hurleur de sentences. Il le faisait avec poésie

Georges Moustaki, chanteur


Jean Ferrat laisse le souvenir d'un chanteur indépendant et humaniste tant par l'importance de l'oeuvre qu'il nous laisse que par ses prises de positions dans le débat social.

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture


J'ai toujours ressenti son chant comme une immense ouverture vers des champs infinis,

comme un portrait magnifique de l'être humain, comme un appel à vivre à

gorge déployée, comme un encouragement à être à la hauteur d'un projet

de libération humaine qui nous dépasse.

Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF13


Aujourd'hui, à l'heure où la parole raciste se libère jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, la voix de Jean Ferrat continuera de raisonner pour interpeller les consciences

Le MRAP


(...)l'un des mélodistes les plus accomplis de sa génération, qui a mis en musique parmi les plus beaux textes de la langue française, dont ceux d'Aragon, qui fut enchanté du résultat

Claude Lemesle, président de la SACEM


(...) son compagnonnage critique avec le Parti communiste était utile et exigeant(...)

Jean Ferrat, c'est le chanteur dont le sens de l'humanité et de la justice a accompagné l'engagement de générations de militants

Marie-George Buffet, secrétaire natinale du PCF

 


Son oeuvre magnifique était en symbiose totale avec ce qu'il était. Il aimait les chansons frondeuses.

Pierre Perret, chanteur


C'était un pur

Mireille Mathieu, chanteuse


 

Je salue la disparition d'un grand homme, d'un poète qui chantait l'amour comme la révolution, un militant résistant à l'air du temps.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA


Il est l'Ami des hommes... Il était débout. Il était au service des poètes. Il reste un passeur de mots et a réveillé des consciences avec son "Potemkine" en dénonçant les travers du système. Il a d'ailleurs toujours pris ses distances avec le système. C'est un sacré Résistant!... Il n'a cessé de donner l'alarme et ses mots continueront désormais..." Richard Martin, directeur du Théâtre TOURSKY à Marseille


Sources: lefigaro.fr, liberation.fr, lemonde.fr, leparisien.fr, nouvelobs.com, france24.com, europe1.fr




journal la marseillaise 








HOMMAGE DE CUBA SI








Jean Ferrat, ressuscité, marche sur les eaux



Même Sarkozy y va de son éloge, alors que Jean Ferrat a mille fois étrillé les types de son acabit, de ses idées, de son arrivisme, de son milieu.

« Qu’il chante, mais qu’il ne parle pas », disaient aux animateurs d’émissions de variété ceux qui tenaient les ficelles de l’ORTF.

Qu’il chante ? Oui, mais s’il-vous plaît, Jean, pas « Potemkine », chanson interdite sur les ondes, pas « Ma France », qui fait polémique.

L’engagement sans faille de cet homme aux côtés des travailleurs fit que l’intelligentsia le déclassa comme un sous-Brassens, sous-Brel, sous-Férré. Un sous-intellectuel, lui qui mit en musique tant de poèmes d’Aragon dont il était l’ami.

Aujourd’hui, aujourd’hui qu’il est mort, aujourd’hui qu’il ne peut plus ni chanter ni parler, ceux qui voulurent le museler, le cacher au fond de la classe, le priver de laurier, nous jurent qu’il fut un grand parmi les grands.


Pour un peu, ils rétrograderaient Brassens, autre censuré, mais pour des délits mineurs (gros mots, moquerie des pandores). Ferrat a chanté Cuba, il se mouillait contre la guerre d’Indochine et contre l’extermination des juifs. Brassens a chanté « Mourir pour des idées » et hélas ! « Les deux oncles », sorte de « match nul, la balle au centre » entre « l’ami des Tommies et l’ami des Teutons ».


Ces différences qu’il eut été malséant de noter du vivant de l’artiste, voyez comme elles vont être portées à son crédit aujourd’hui, avec un demi-siècle de retard sur le jugement du peuple qui lui rendit justice par ses acclamations quand les mous du bide tordaient le nez : « Populiste, démago, compagnon de route du PCF… ».


Les hypocrites qui pleurent sur son cercueil, les décerveleurs, sont prêts à ressusciter le Ferrat des années 60 pour que se taise le Ferrat des années 2000. Ce sage-là disait que, les médias étant ce qu’ils sont, il ne pourrait plus aujourd’hui, lui, Ferrat, ce géant que la mafia médiatico-politique pleure, enregistrer de disque.

Mais ils pleurent, ils pleurent ce dur à cuire qui a survécu au cyanure de leurs flèches pour mourir à l’heure de ses cheveux blancs. Ils inondent les alentours en se demandant in petto ou en comité de rédaction s’ils peuvent pousser le bouchon de leur obscène bassesse jusqu’à annoncer que la « perte irréparable » ne fut que provisoire. Car, Jean vient de ressusciter. « Edition spéciale, le grand chanteur, l’immense poète Jean Ferrat aurait été aperçu, marchant sur les eaux de l’Ardèche… »


Bon pour l’audimat, ça, coco. J’exagère ? Oui, mais à peine, diront (avec une mauvaise foi dictée par la tristesse) ceux qui fréquentent les salles d’attente de coiffeurs ou de médecins.

Ciao, Jean (et embrasse Georges, qui le mérite, malgré tout).


Théophraste.

14 mars 2010




JOURNAL LE GRAND SOIR 















































Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire

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