Colombie : Antanas Mokus, l'homme du vaccin par Gloria Gaitan
Publié le 15 Juin 2010
Paul de Tarse a du avoir les mêmes émotions que moi hier, quand sur le chemin de Damas il eut une vision inattendue, qui le converti au christianisme. Hier, j’ai reçu deux courriers qui m’ont éclairé et me firent penser que moi-même, j’avais oublié ce que tout au long de ma vie, j’avais appris et essayé de transmettre.
Comme je suis la fille de Jorge Eliécer Gaitán, il en a résulté, que je n’ai pas pu faire autre chose qu’écouter les autres se référant à mon père. La raison pour laquelle, je me suis dédiée à faire des recherches et à décortiquer son passé. Ce qui me permis de me plonger et connaître sur le bout des doigts l’Histoire de la Colombie du XX° siècle, parce que la vie de mon papa est notre histoire commune et qu’il a laissé une trace indélébile en Colombie, le suivant jusque dans sa mort.
Avec tant de matières recueillies, ma conclusion a été que les méthodes et les tactiques de lutte de l’oligarchie colombienne se répétaient comme une noria ; ainsi, j’en fis la démonstration dans un essai, dont je suis l’auteur et que j’ai intitulé des « Tactiques de lutte de l’oligarchie libérale – conservatrice ». Pour les Colombiens, ces manoeuvres ont été une « escroquerie », qui année après année, élection après élection, et sans que mes écrits n’aient produit autre chose que l’ire collective du moment et, seulement avec le temps, la reconnaissance de sa validité … mais « trop tardive ».
Le plus surprenant a été qu’à cette occasion, je tombai moi-même dans le piège, et je ne me rendis pas compte, Alvaro Uribe et sa bande nous avait appliqué la même méthode nous ayant maintenu dans cette mer de corruption et d’exploitation.
Il est certain que pour mes parents proches il leur semblait qu’Uribe devait projeter quelque chose de grand pour vouloir se maintenir au pouvoir, après que tomba la possibilité d’être réélu une deuxième fois, mais je ne me rendis pas compte, il allait répéter les mêmes méthodes que ses prédécesseurs avaient utilisées. Hier quand je l’ai entendu et je me dois de remercier Isabelle et Léonard, qui de par les diverses choses, qu’ils m’ont signalé par courrier m’a ouvert les yeux.
Pour saisir comment l’oligarchie colombienne a répété plusieurs fois la même tactique pour manipuler les électeurs, il faut remonter à la décennie de 1930, quand mon père, Jorge Eliécer Gaitán, rompit avec le Parti Libéral et rentra à l’ »Union Nationale de la Gauche Révolutionnaire », un mouvement fondé par quelques jeunes combatifs d’Antioquia des années auparavant. Mon père avait eu une brillante trajectoire dans le Parti Libéral et son passage à « l’Unirismo » marqua d’un coup fort l’opinion publique. Alfonso López Pumarejo – chef « naturel » du libéralisme – se trouvait à Londres, où un reporter lui demanda ce que les libéraux feraient pour barrer la « vague révolutionnaire » qui croissait avec Gaitán depuis l’UNIR. Et López a répondu : « Cela n’a pas d’importance, je reviendrai en Colombie et nous parlerons aussi d’une révolution, mais s’appuyant sur le surnom de libéral, c’est ce qui entraînera le peuple ».
Et il en a été ainsi. López Pumarejo est revenu au pays et a lancé ce qu’il a nommé « LA RÉVOLUTION EN MARCHE » accompagnée de trois « que vive » au « grand parti libéral » et c’est ainsi que le peuple s’est dirigé vers cette alternative, en affaiblissant l’UNIR et en obligeant mon père à réintégrer le Parti Libéral, avec la proposition pour le peuple de s’emparer du parti et le changer en parti du peuple, – ou bien ce qu’il voulu hors de l’UNIR. Des années plus tard, quand l’influence de la Révolution Cubaine a donné pour résultat en Colombie une grande vague révolutionnaire en des proportions gigantesques, Alfonso López Michelsen est apparu pour proposer la création du MRL (Mouvement Révolutionnaire Libéral).
A ce moment López Michelsen écrit au Président de la République, Carlos Lleras Restrepo, une lettre qu’il publia au journal El Espectador où il disait textuellement : « Monsieur le président, je n’ai pas fait dissidence pour nuire au Parti Libéral, mais pour le sauver. En attendant, vous avez un étendard cloué au côté du gouvernement, le mien est du côté de l’opposition, pour canaliser le mécontentement et pour empêcher que le peuple s’en aille vers le communisme ou l’ANAPO » (Alliance Nationale Populaire). Devant une confession semblable, j’ai écrit un article dans la revue cubaine la Maison des Amériques, je l’ai intitulé « l’homme du vaccin », parce que, disais-je, » il injecte des petites doses de révolution pour créer des anticorps et pour empêcher la révolution ». Puisque c’est la même chose qui se passe aujourd’hui par le canal d’ANTANAS MOCKUS.
Quand ont commencé à apparaître au début les dénonciations de corruption du gouvernement d’Álvaro Uribe, lui plus que personne, a su que les affaires pourraient s’enfoncer et qu’il y avait bien plus à éplucher ; lui savait qu’il s’agissait de délits bien plus nombreux, complexes et criminels que le « yidispolítica ». Il a immédiatement pensé qu’une grande vague d’indignation se lèverait contre les corruptions nombreuses de son gouvernement. Il était à l’époque indispensable de canaliser le mécontentement prévisible et pour cela il devait être créé et être promu un mouvement de fond empêchant que l’opposition aille vers le PDA (Pôle Démocratique Alternatif), où maintenant étaient unis les communistes et l’ANAPO, qui dans des années antérieures, Alfonso López Michelsen avait voulu freiner avec la création du MRL.
L’homme adéquat était Antanas, qui avait déjà démontré son intérêt d’être candidat à la Présidence de la République. Il n’a jamais s’agit de le porter à la Présidence de la République, mais de « canaliser le mécontentement », comme l’avait dit López Pumarejo dans les années 1930, son fils spirituel, López Michelsen dans les années 1960.
Pareillement, Carlos Lleras Restrepo a eu recours aux mêmes méthodes ; à cette même période, Lleras Restrepo a lancé dans l’arène politique son protégé, Luis Carlos Galán, d’abord comme ministre de l’Education, et l’a tout de suite dénommé comme le Nouveau Libéralisme, dans un processus précipité ; puisque Galán n’avait pas de passé politique lui donnant un prestige populaire suffisant, raison pour laquelle il fut à cette époque surnommé « l’avocat », parce qu’il était mûr et à point nommé. Et la tentative a porté ses résultats, ainsi la gauche s’est évanouie, canalisée massivement par Galán, dont le collaborateur plus direct était César Gaviria (Parti Libéral), qui gouverna comme l’aurait fait son chef de ne pas avoir été assassiné par la maffia, que Carlos Lleras voyait avancée, mettant en danger le pouvoir traditionnel de l’oligarchie colombienne.
Déjà au XXI° siècle, en première instance, l’oligarchie ne souhaitait plus avoir recours à l’émotion, au « kyste psychologique » d’attachement au libéralisme, qui avait perdu de sa vigueur émotionnelle dans l’inconscient collectif ; de toute façon, ils ont été amenés à jouer, comme les pièces secondaires d’un tableau, aux candidats libéraux et conservateurs ; parce qu’il existe une minorité qui vibre encore au cri de « que vive le grand parti libéral ou conservateur ». Ils étaient là comme des pièces de rechange, pour entraîner certains gardant encore un lien aux appellations du XX° siècle et cela explique très bien aussi que, fini le premier tour, les chefs des deux partis sont partis en courant vers leur candidat naturel, monsieur Juan Manuel Santos.
A l’heure actuelle, le vrai hameçon est une lutte éthique et moralisante. D’abord, il ne s’agit pas déjà d’un aimant émotionnel mais rationnel. Cela date de quand Antanas est apparu avec des slogans catalysant le goût amer de ce que pensent les gens honnêtes face à huit ans de corruption, de pécule amassé, de subornation et des crimes d’État. Et ainsi – comme hier López parlait hypocritement d’une révolution – maintenant Antanas clament les slogans qui répondent au désir ardent d’honnêteté et de la nécessité de changement, en plus du rejet d’une frange très importante de l’opinion publique concernant la corruption rampante. Avec les faux positifs, ils ont conduit Antanas à parler de la vie comme d’un bien sacré.
Devant le scandale des cadeaux de terres aux riches, au lieu d’être données aux paysans et devant la subornation vérifiée, Antanas a parlé du bien public comme étant sacré. En face de la violation des principes constitutionnels et légaux de tout caractère que l’uribisme a joué pour obtenir la réélection de son chef, Antanas a commencé à parler du respect de la Loi et de la Constitution. Et, face à un candidat, comme Gustavo Petro, il démontrait au pays son intelligence et un programme qui défendait la justice sociale et l’équité, Antanas a commencé à marquer le PDA comme allié des FARC, mettant en danger la vie de ses militants après avoir répété les mêmes accusations qu’Álvaro Uribe employait contre le parti qu’il avait uni à toutes les forces et mouvements de gauche.
Là s’explique pourquoi, il explose à la lumière qu’Antanas au programme politique unique, duquel il a divergé est allé vers celui-là du PDA, parce que sa candidature avait pour fondement de « canaliser le mécontentement » pour empêcher que les non conformes s’en aillent.
ANTANAS EST L’HOMME du VACCIN DU MOMENT, QUI APPARAÎT POUR CRÉER DES ANTICORPS ET POUR EMPÊCHER QUE TOMBE DU POUVOIR L’URIBISME.
Mais le mécontentement et le scandale national étaient tels, que la candidature d’Antanas s’est convertie en « vague verte », ce qui n’était pas l’objet imaginé initialement. Canaliser le mécontentement, oui, mais porter Antanas à la Présidence de la République : NON !
Et c’est là quand Antanas a commencé, dans les débats, à dire toute sorte de sottises, que le jour suivant il rectifiait en montrant une inconsistance, une insécurité et une incapacité de gouverner le pays. Antanas incapable ? Non ! Antanas s’acquittait du programmé. Puis le succès atteint a été tel pour cette nouvelle politique du vaccin, qu’Antanas lui-même s’est enthousiasmé à l’idée de devenir Président ; alors, le moment arriva de « dégonfler » une partie importante de son électorat, pour que la vague verte ne se transforme pas en tsunami ; et c’est pour cela que dans le dernier débat par télévision organisé de Cititv (le canal de poche de Juan Manuel Santos) a construit un scénario pour demander à Antanas à l’improviste ce qu’il allait faire avec les impôts, et, comme Antanas ne s’appuyait pas sur un programme solide, parce que l’idée n’était pas d’être président, il a répondu qu’il les monterait – sans un fondement économique sérieux – alors que Santos a dit qu’il ne les élèverait pas.
Une farce préméditée et un coup mortel pour Antanas devant l’opinion publique. Une arme définitive au premier tour, Santos gagnera bruyamment. Parce qu’il est certain, que dans les strates 4, 5 et 6 ont voulaient moraliser le pays, parce que la corruption affectait leurs affaires et enrichissaient seulement les « cacaos » et les mafieux, mais qu’Antanas allait monter les impôts était de trop. Il était préférable de voter pour Santos, qui au moins garantissait de ne pas les affecter avec une hausse des impôts.
C’est la raison pour laquelle Antanas est « le candidat sans programme », en se contredisant d’une manière permanente et en montrant une ignorance absolue, de ce qu’est gouverné.
Ce fut aussi à ce moment que les enquêtes ont montré qu’Antanas dépassait Santos. Ainsi les santistas s’éveillaient et votaient en masse pour son candidat, pour récupérer l’apparemment perdu, alors que les partisans de Mockus se sont jettés sur les étuis à cigarettes – comme nous disons en Colombie – et la vanité (toujours traîtresse) les a amenés à mépriser la coopération des gens.
Pendant le deuxième tour, Antanas ne cherchera pas à gagner, mais à continuer de représenter la comédie qu’il a personnifiée dans le premier acte. C’était par cela que, depuis toujours, il a dit qu’il ne voulait pas d’alliances avec le PDA, parce qu’il ne veut pas des votes du Polo, il voulait « canaliser seulement le mécontentement » pour empêcher que les gens partent vers une organisation de gauche comme le PDA
Ils me diront maintenant la même chose que m’ont dit les partisans du MRL et du Nouveau Libéralisme et tireront, comme argument facile, de me nommer folle, mais je prédis qu’Antanas suivra exprès et que le triomphateur, Juan Manuel Santos, le nommera comme intégrant son cabinet en qualité du Ministre de l’Education.
Cette comédie colorée est démasquée et celui qui veut continuer de jouer, qu’il vote pour Antanas au deuxième tour.
Cordialement, Gloria Gaitán
Traduction libre de Lionel Mesnard,
Paris, le 14 juin 2010
Source: http://lapluma.net/es/
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