Pérou : Adieu aux aires naturelles protégées et aux réserves autochtones ?

Publié le 14 Septembre 2026

Publié le : 12/09/2026

Servindi, le 12 septembre 2026.- La demande de délégation de pouvoirs en matière d'environnement et d'hydrocarbures présentée par le gouvernement Fujimori ne vise pas à accélérer les procédures : elle vise à rendre un parc national réductible et à atténuer le caractère intangible d'une réserve indigène.

« Et ce qui est immatériel et auquel on peut renoncer « au besoin » n’est plus immatériel : c’est une disponibilité transactionnelle. Le jour où la protection d’un territoire cesse d’être une frontière et devient un actif négociable, les ressources naturelles cessent d’être le patrimoine de la nation et sont réduites à l’inventaire du gouvernement en place. »

Ce texte est rédigé par l’Institut pour la défense juridique de l’environnement et du développement durable (IDLADS), qui présente la publication : « Pourquoi la délégation de pouvoirs met fin à la protection des aires naturelles protégées et des réserves indigènes. »

 Cette publication de 76 pages peut être téléchargée gratuitement au format PDF : 

https://idladsperu.org.pe/wp-content/uploads/2026/09/Delegacion-facultades-ponen-en-riesgo-ANP.pdf

Le silence complice de l'administration reviendrait à approuver l'étude d'impact environnemental que personne n'a évaluée, et fermerait ainsi la seule fenêtre permettant la participation citoyenne interculturelle et la consultation préalable.

L'intégration des permis rendrait superflue la voix du gardien de l'eau, de la forêt et des aires protégées. L'autorisation de « réduire physiquement ou modifier juridiquement » une aire protégée a un bénéficiaire tout désigné : Candamo, au cœur du parc national de Bahuaja Sonene.

Un jugement définitif a déclaré son inviolabilité, mais « ce qu'un tribunal a protégé, le décret cherche à l'effacer en modifiant la loi ».

Douze années de déréglementation environnementale n'ont pas permis d'attirer les investissements promis. La Banque centrale de réserve et la Banque mondiale affirment que les investissements ne fuient pas la réglementation, mais plutôt les conflits qui surgissent lorsque des décisions sont prises concernant le territoire d'une communauté sans que celle-ci soit consultée.

Un instrument approuvé sans consultation ni participation interculturelle est à la fois légal et illégitime ; et c'est cette illégitimité, et non la paperasserie, qui finit par paralyser les projets.

Il n'existe pas de délégation partielle de pouvoirs. Ce que la Chambre des députés supprime, le Sénat peut le modifier. N'accorder que « l'essentiel » n'est pas une victoire partielle ; c'est une capitulation différée de l'ensemble.

« Et le livre ne passe pas sous silence un avertissement : la responsabilité ne s’acquiert pas avec les pouvoirs. Quiconque les accorde, sachant que l’issue est prévisible, en devient co-auteur », affirme IDLADS.

Le texte d'Henry Carhuatocto n'est pas un ouvrage contre l'investissement ou le développement. Il dénonce l'illusion de les réaliser en piétinant les habitants du territoire destiné à être aménagé.

« La solution qu’il propose n’est pas un permis plus rapide, mais un accord plus juste : légiférer correctement sur la consultation préalable et la participation citoyenne interculturelle qui mène à des accords, avec une répartition équitable des avantages et la réparation des dommages. »

Détails du livre

Titre : Pourquoi la délégation de pouvoirs met fin à la protection des aires naturelles protégées et des réserves indigènes Auteur : Henry Oleff Carhuatocto Sandoval (Docteur en droit et sciences politiques ; Directeur exécutif d'IDLADS PERU) Éditeur : IDLADS PERU · Lima, septembre 2026. Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Pérou n° 2026-11144.

Télécharger le livre au format PDF

Édition en libre accès : ce document peut être reproduit, en tout ou en partie, à des fins éducatives et non lucratives, à condition que son contenu ne soit pas modifié et que la source soit correctement citée. Partagez-le avec toute personne qui en a besoin.

traduction caro d'un article de Servindi.org du 12/09/2026

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