Pérou : Audition sur la vérité concernant les crimes liés à l'exploitation du caoutchouc
Publié le 8 Août 2026
Publié le : 04/08/2026
Photo : Radio Ucamara
Servindi, le 4 août 2026.- Le mercredi 12 août, l'audience se tiendra dans le cadre du procès d'habeas corpus – converti ultérieurement en amparo par la Chambre civile de Loreto – qui demande la création d'une Commission de vérité pour enquêter sur le génocide des peuples autochtones pendant le boom du caoutchouc.
Ce procès historique a été intenté par des jeunes issus de différentes communautés autochtones, victimes de crimes graves commis pendant le boom du caoutchouc en Amazonie péruvienne.
Les jeunes plaignants affirment ignorer l'histoire de leurs ancêtres, qui ont été soumis, maltraités, réduits en esclavage et assassinés pendant la période faste du caoutchouc, lorsque leurs communautés ont été décimées.
Le préjudice réside dans l'omission, de la part des institutions publiques concernées, d'enquêter sur les crimes et l'extermination de milliers d'autochtones en Amazonie par les récolteurs de caoutchouc à différentes époques de l'histoire du pays.
Cette situation a pour conséquence que le pays et les peuples autochtones de l'Amazonie ignorent une partie fondamentale de leur histoire et qu'aucune mesure n'est prise pour empêcher que de tels événements ne se reproduisent.
Contre qui la plainte est-elle déposée ?
La plainte vise le Président constitutionnel de la République et la Présidence du Conseil des ministres, le Ministère de l'Économie et des Finances (MEF), le Ministère de la Culture, le Ministère du Développement et de l'Inclusion sociale (MIDIS) et le Ministère des Femmes et des Populations vulnérables (MIMP).
Que demande la plainte ?
La plainte demande qu'elle soit déclarée fondée et, par conséquent, que le chef de la Présidence du Conseil des ministres et le ministère de la Culture soient sommés de créer une commission indépendante, composée de personnes ayant une expérience académique, politique, morale et professionnelle reconnue, ainsi que de représentants des peuples autochtones, avec le mandat matériel suivant :
a) Analyser les conditions politiques, sociales et culturelles, ainsi que les comportements de la société et des institutions étatiques, qui ont contribué aux violences tragiques subies par les peuples autochtones d'Amazonie durant le boom du caoutchouc. Analyser également le contexte international des différentes phases de cet essor, la portée et l'impact internationaux des investisseurs ayant injecté des capitaux dans le pays, et enfin, la conduite des responsables publics nationaux de l'époque et leurs relations avec les entreprises impliquées dans le commerce du caoutchouc.
b) Contribuer à faire la lumière sur les crimes et les violations des droits de l’homme commis par les récolteurs de caoutchouc avec le consentement ou la tolérance de certains agents de l’État, en cherchant à déterminer la population touchée et à identifier, dans la mesure du possible, les responsabilités alléguées ;
c) Élaborer des propositions de réparation et de réhabilitation des victimes, de leurs familles et des peuples autochtones touchés auxquels elles appartenaient;
d) Recommander des réformes institutionnelles, juridiques, éducatives et autres, comme garanties de prévention et de non-répétition, afin qu’elles puissent être traitées et abordées par le biais d’initiatives législatives, politiques ou administratives,
e) Faire des propositions de réconciliation afin d’établir un nouveau « pacte social » et que l’État propose un « nouveau contrat » aux peuples autochtones, c’est-à-dire qu’ils soient traités comme des citoyens (dans le cadre d’un horizon de citoyenneté) ;
f) Mettre en place des mécanismes de suivi de ses recommandations.
De même, ordonner au chef du ministère de l'Économie et des Finances de leur allouer des ressources humaines, logistiques et financières adéquates et suffisantes ; et de les mettre en œuvre efficacement et dans les délais impartis.
Enfin, nous exhortons le MIDIS et le MIMP à apporter un soutien émotionnel, psychologique et collectif pendant et après l'enquête de la commission, car des souvenirs douloureux seront ravivés.
Qui a déposé la plainte ?
Les plaignants appartiennent au peuple autochtone Kukama-Kukamiria et ont qualité suffisante pour intenter cette action en justice, car ils sont des descendants du peuple autochtone Kukama-Kukamiria et d'autres peuples autochtones qui ont été victimes.
Les noms des plaignants sont Danna Gaviota Tello Morey, Francia Koraly Diaz Pizango, Gabriela Jaramillo Sangama, Katy Lesly Ordoñez Tamani, Pedro Segundo Grandez Garcés, Ruth Miya Aquituari Tamani, Simón Paredes Tananta et Percy Vela Sandi.
Quels droits et principes constitutionnels sont concernés ?
L’ignorance des crimes commis contre les peuples autochtones par les récolteurs de caoutchouc viole et affecte les droits constitutionnels et les biens légaux suivants :
a. Le droit fondamental à la vérité , reconnu par la Cour constitutionnelle dans l’arrêt STC 2488-2002-HC/TC, et par les arrêts de la Cour interaméricaine des droits de l’homme dans les affaires Goiburú et autres c. Paraguay (fond, réparations et dépens), arrêt du 22 septembre 2006, paragraphe 169, affaire La Cantuta c. Pérou (fond, réparations et dépens), citée, paragraphe 223, et affaire de la prison Miguel Castro Castro c. Pérou (fond, réparations et dépens), citée, paragraphe 440.
b. Le droit fondamental à réparation, reconnu par la Convention américaine relative aux droits de l’homme (article 63.1), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 9.5), la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains ou dégradants (article 14.1) et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (articles 11.2 et 28.1), entre autres instruments normatifs de même rang ou de rang inférieur qui font partie de notre droit national, dans la mesure où la connaissance des faits de violations graves des droits de l’homme constitue une forme de réparation.
c. La dignité humaine, reconnue à l’article 1 de la Constitution politique de l’État et à l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
d. Le droit à la vie et aux conditions d’une existence digne , reconnu à l’article 4 de la Convention américaine relative aux droits de l’homme (CADH), à l’article I de la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme (DADH), à l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), à l’article 6.1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), aux articles 4 et 6 de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et à l’article 2.1 de la Constitution politique de l’État.
e. Le projet de vie , consacré aux articles 4.1, 5.1 et 19 de la Convention américaine relative aux droits de l'homme, conformément aux dispositions de la Cour interaméricaine des droits de l'homme dans les affaires des enfants des rues contre le Guatemala (Villagrán Morales et autres) ; et de l'Institut de rééducation des mineurs contre le Paraguay.
f. État social de droit , reconnu aux articles 43 et 58 de la Constitution politique de l’État.
g. Principe de solidarité , reconnu par la Cour constitutionnelle dans l’arrêt STC 0009-2005-AI, fj 48.
h. Principe de favoriser les secteurs qui souffrent d’exclusion , reconnu à l’article 59 de la Constitution et dans la STC 2005-209-PA/TC, fj 34.
Liens connexes susceptibles de vous intéresser :
Concernant Tsiuni (les plaignants) : https://www.facebook.com/100081904464983/posts/465781339495344/?mibextid=wwXIfr
Plus d'informations sur les arguments
–Servindi : https://www.servindi.org/.../una-comision-de-la-Verdad...
–Voici comment La República a rendu compte du dépôt de la plainte : https://larepublica.pe/.../estado-peruano-en-silencio...
–Article d'Alberto Chirif : https://www.facebook.com/100081904464983/posts/579203984819745/?mibextid=wwXIfr
–Article de Leonardo Tello : https://www.facebook.com/100081904464983/posts/695150009891808/?mibextid=wwXIfr
–El País : https://elpais.com/.../indigenous-youth-demand-a-demand ...
Vidéos de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) sur l'époque du boom du caoutchouc :
- https://www.instagram.com/reel/DC9tBIQRb4i/...
- https://www.instagram.com/reel/DDFwH1oPhDY/...
- https://www.instagram.com/reel/DDLQkDSxLIw/...
- https://www.instagram.com/reel/DDQBe9VyZhe/?igsh=MTF0bnYxemZvM2VwaQ==
- https://www.instagram.com/reel/DDX_fFxxjuB/...
- https://www.instagram.com/reel/DDfWr5jxWWQ/?igsh=MW52bjZrZHNqMmYxbA==
- https://youtube.com/shorts/pG7rVk0mnIY?si=NAKmIkBQTcxITkDe
- https://youtube.com/shorts/yVhowUkIMq4?si=hrMmSECan8vFnzFM
: D'après les informations publiées sur le compte Facebook de Juan Carlos Ruiz Molleda le 2 août 2026 : https://www.facebook.com/share/p/1V5rJbchtN/
traduction caro d'un article de Servindi.org du 04/08/2026
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