Mexique : Alerte Chiapas : Incendie dans le Cerro de la Ribeira Miguel Hidalgo Zacalapa de Copainalá

Publié le 29 Août 2026

28 août 2026

 

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À l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN)

Au Congrès National Indigène– Conseil  Indigène de Gouvernement CIN-CIG

Au Centre de langue et de culture zoque

Aux Zoques urbains de Guadalajara

Aux Zoques de Boston, Massachusetts

Aux peuples qui luttent et résistent dans les communautés indigènes du Mexique.

A la Sexta nationalr et internationalr

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Au monde

FAITS

Hier, vers 15 h , des habitants de Rib. Miguel Hidalgo Zacalapa ont signalé un incendie sur la colline située à la frontière entre les municipalités de Copainalá et de Coapilla. Peu après, les membres de la communauté se sont organisés et se sont rendus sur place. Ils ont lutté toute la nuit contre les flammes, en fonction de leurs capacités et des conditions de sécurité.

Face à cette situation, nous dénonçons l'absence de réaction concrète, pendant plusieurs heures, des municipalités concernées, de l'État et du gouvernement fédéral. Sans parler de l'absence d'intervention rapide des services de protection civile des deux municipalités. Ceci témoigne de l'inefficacité et du désintérêt des institutions étatiques envers les communautés zoques du bassin du rio Miguel Hidalgo. Ce n'est que vers 22h00, et grâce à l'insistance constante des habitants, qu'un rapport a finalement été établi au niveau de l'État (après sept heures). Or, la mairie de Copainalá n'a publié de communiqué que ce matin à 9h00, et ce n'est qu'à ce moment-là que ses représentants ont commencé à se rendre sur place.

Par conséquent, nous estimons nécessaire de dénoncer le fait que, lors d'une urgence environnementale et potentiellement de protection civile, les premières heures sont cruciales pour contenir la propagation d'un incendie et en réduire l'impact sur la population et les écosystèmes. La CONAFOR elle-même affirme que les feux de forêt représentent un danger pour les personnes et l'environnement et que leur gestion requiert la participation coordonnée des trois niveaux de gouvernement et de la société civile. Il est paradoxal que les institutions disposent de protocoles, mais ne parviennent pas à les appliquer.

Un incendie dans un micro-bassin versant n'est pas seulement un problème forestier. Notre préoccupation prend une dimension encore plus grande car le Cerro de Zacalapa fait partie d'un micro-bassin versant d'importance municipale et régionale, surtout au moment où la municipalité de Copainalá mène un projet de captage et d'acheminement de l'eau de cette zone pour alimenter le siège de la municipalité.

La végétation d'un bassin versant et de ses zones de recharge joue un rôle fondamental dans la régulation de l'eau. La disparition du couvert végétal peut modifier l'infiltration et le ruissellement, accroître l'érosion et mobiliser les sédiments et les cendres vers les cours d'eau et les sources. L'impact sur le cerro peut avoir des conséquences sur la végétation et les arbres qui composent l'écosystème, la faune sauvage, la qualité des sources et des cours d'eau, la stabilité et la fertilité des sols, la santé des populations exposées à la fumée et aux particules fines, etc. De plus, cette situation représente une menace pour le territoire et le développement de la vie communautaire.

Le cerro et ses environs de Zacalapa ne constituent pas un simple espace physique ; ils font partie intégrante du territoire habité, connu, parcouru et préservé par les communautés zoques. Ces espaces sont intimement liés à la mémoire, aux pratiques communautaires, au paysage et au rapport historique de ces communautés à l’eau, à la terre et à la forêt. Cette préoccupation est d’autant plus importante que la municipalité mise souvent sur le tourisme dans cette communauté, notamment depuis l’obtention du label « Pueblo Mágico » (Village Magique) décerné par le ministère fédéral du Tourisme en 2023.

Par conséquent, la protection du patrimoine naturel de Copainalá doit également être envisagée comme une responsabilité culturelle et sociale. On ne peut promouvoir un territoire et en tirer profit économiquement pour sa beauté naturelle tout en restant indifférent à la dégradation environnementale des écosystèmes qui font vivre le peuple zoque.

PAR CONSÉQUENT, NOUS EXIGEONS :

►PREMIÈREMENT. L’intervention immédiate, permanente et coordonnée de la Protection civile, des autorités municipales, du SEMAHN, de la CONAFOR et des autres institutions compétentes pour lutter contre l’incendie, en utilisant toutes les ressources humaines, terrestres et aériennes qui pourraient être nécessaires selon l’évaluation technique de l’urgence.

►DEUXIÈMEMENT. Qu'une évaluation technique et scientifique de la zone touchée soit réalisée, identifiant le type de végétation, le degré de gravité de l'incendie, les impacts sur la faune, le sol, les sources d'eau, les zones de recharge et les autres composantes du micro-bassin.

►TROISIÈMEMENT. Que la SEMARNAT, la SEMAHN, la CONAFOR, la CEAS et les autorités compétentes procèdent à une évaluation complète des impacts possibles de l'incendie sur le microbassin et sur les sources d'approvisionnement en eau de la communauté et du siège municipal de Copainalá.

►QUATRIÈMEMENT. Que, compte tenu de la coïncidence temporelle entre l'incendie et les travaux de captage et d'acheminement d'eau actuellement en cours dans la zone, les autorités compétentes rendent publiques les informations techniques relatives à ces travaux, y compris les études, permis, autorisations environnementales et évaluations concernant la disponibilité et la durabilité de la ressource en eau, dans les délais prévus par la législation applicable.

►CINQUIÈMEMENT. Que l’origine et les causes de l’incendie soient déterminées par les autorités compétentes et que, s’il existe des éléments indiquant une responsabilité administrative, environnementale ou pénale, les enquêtes correspondantes soient menées.

►SIXIÈMEMENT. Que la participation effective des communautés et des commissaires aux biens communaux soit garantie dans les décisions relatives à la protection, à la restauration et à la gestion du territoire et du microbassin.

►SEPTIÈMEMENT . Qu'une fois l'incendie maîtrisé, un programme de restauration écologique soit mis en œuvre, comprenant des mesures visant à prévenir l'érosion, la perte de sol, la pollution et la sédimentation des plans d'eau, ainsi que des actions pour rétablir la végétation indigène et surveiller la biodiversité.

►HUITIÈMEMENT. Qu’un mécanisme permanent de prévention, de surveillance et de réponse communautaire aux incendies de forêt soit établi, renforçant les capacités des communautés et des brigades locales.

►NEUVIÈMEMENT. Que le Secrétariat au tourisme de l'État du Chiapas et le Secrétariat fédéral au tourisme intègrent des critères de protection de l'environnement et de conservation du patrimoine naturel dans la promotion touristique de Copainalá et de Zacalapa, garantissant que le développement touristique ne se fasse pas au détriment de la détérioration des écosystèmes qui constituent précisément l'un de leurs principaux attraits.

►DIXIÈMEMENT. Que le public soit informé des actions entreprises, des ressources allouées, de la zone touchée, des conditions du micro-bassin et des mesures de restauration qui seront mises en œuvre.

Nous ne demandons pas une faveur. Nous exigeons que les institutions responsables remplissent leur obligation de protéger la vie, l'eau, le territoire, le patrimoine naturel et le bien-être des communautés.

Nous appelons la société civile nationale et internationale à être attentive aux actions organisationnelles de la communauté et à exiger que l'État mexicain se conforme pleinement à ses obligations en matière de protection civile.

 

Ne laissons pas la communauté seule face aux flammes !

Protégeons le micro-bassin versant, l'eau, les forêts et la biodiversité !

Toute aide possible est nécessaire et urgente !

 

Sincèrement

Habitants de la Ribera Miguel Hidalgo Zacalapa, Copainalá, Chiapas.

28 août 2026 Pour la défense du territoire, de l'eau, de la vie et du patrimoine naturel et culturel de nos communautés.

 

Traduction caro d'un communiqué paru sur le site du CNI le 28/08/2026

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