Chili : « La privatisation des semences constitue une violation des droits économiques, sociaux et culturels du peuple mapuche. »
Publié le 21 Juillet 2026
17/07/2026
Par la cacicado de la juridiction de Quilacahuín. -Le Che a été historiquement lié à la terre et de là jaillit le ketran (Graine) qui a voyagé et accompagné la survie des peuples d' Abya Yala , ce lien qui transcende le temps et l'espace.
Semer à nouveau est un acte politique, un acte de résistance que nous, hommes et femmes vivant sur différents territoires, avons adopté, loin d'une vision néolibérale de la communication.
Lorsque la graine est placée dans la terre, elle porte en elle l'espoir que demain les chollun (germes, enfants) seront les continuateurs d'une œuvre laissée par les anciens, car pour les Mapuche, tout est continu, cyclique, «wente ketxan, wente mogewe», tout est dessus, au-dessus, le grain et la nourriture sont les continuateurs de toute vie (Fill Mogen).
C’est pourquoi il est urgent aujourd’hui d’être Witxakonpaiñ (de nous présenter ici), en commençant par énoncer le principe qui nous anime et la résistance que nous devons opposer à un système qui transgresse, qui n’écoute pas, qui ne comprend pas la différence et la façon dont les peuples autochtones perçoivent le monde, le caractère sacré de toutes les formes de vie, si l’offrande au ñienko muski est une connexion spirituelle, le txueke une pratique culturelle de subsistance, le mishawun un partage de nourriture. Et enfin, ce n’est pas un hasard si le ñukekullen, régulateur des semailles, est le compagnon du mieke tukukajo (semeurs) ; pour cela et bien plus encore, nous dénonçons :
La résolution du 2 juin 2026 émise par le SAG, qui fait l’objet d’une consultation publique, concernant la proposition qui exige que les différentes variétés de semences soient enregistrées dans une « liste des variétés officiellement décrites » (LVOD), privatisant ainsi ce processus, constitue une violation manifeste des droits économiques, sociaux et culturels de la population.
Pour nous, la nation mapuche, il s'agit d'une nouvelle forme de dépossession. Depuis des générations, nous protégeons précieusement chaque graine, porteuse de mémoire et de savoir sur le temps et notre environnement. Nos grands-mères et nos grands-pères furent les premiers gardiens de ces graines, et c'est pourquoi il est de notre devoir de dénoncer cette situation aujourd'hui.
Cette résolution est incompatible avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, ratifiée par le Chili en 2018, qui reconnaît le droit des agriculteurs de conserver, d'utiliser, d'échanger et de vendre leurs propres semences. Restreindre la libre circulation des semences traditionnelles menace la subsistance des communautés et viole la Convention n° 169 de l'OIT. En contrôlant, en bureaucratisant et en facturant les échanges communautaires traditionnels (tels que le Txafkintu ou la Minga), le SAG intervient dans les institutions culturelles des peuples autochtones sans avoir mené de consultation préalable, libre et éclairée auprès de ces derniers.
Pour toutes les raisons exposées ci-dessus dans cette lettre, il est urgent d'appeler kon pu Che, kon pu lamñien et les groupes civils à défendre un droit légitime.
Nous exigeons que les législateurs, les services publics et l'État chilien cessent les réglementations d'entreprise qui menacent notre souveraineté alimentaire Fill Mogewe (la nourriture qui donne la vie).
Les droits sont défendus avec dignité et organisation.
traduction caro d'un communiqué paru sur Mapuexpress le 17/07/2026
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