Quinze jours sans accès humanitaire ni assistance médicale : les volontaires de la mission humanitaire qui acheminait l’aide à Gaza restent injoignables et en grève de la faim
Publié le 9 Juin 2026
Publié le 9 juin 2026 / Par LQSomos
Par NODAL*
NODAL – Noticias de América Latina y Caribe /Nouvelles d'Amérique latine et des Caraïbes – rapporte que, quinze jours après la détention arbitraire de Lucas Aguilera et Paula Giménez dans l'est de la Libye, l'inquiétude grandit quant à la situation de ces volontaires du convoi humanitaire mondial Sumud Maghreb, à destination de Gaza. Le 4 juin, après onze jours sans nouvelles officielles, ils ont pu reprendre contact avec leurs familles, comme les autres détenus. Depuis, aucun progrès n'a été constaté en vue de leur libération ou de l'accès des organisations humanitaires indépendantes.
Parmi les personnes détenues figurent Matías Álvarez Rodríguez (Uruguay), Alicia Armesto Núñez (Espagne), Domenico Centrone (Italie), Leonarda Alberizia (Italie), Ana Margarida França Santana Baptista (Portugal), Lauro Kwoczala (Pologne), Ashraf Khoja (Tunisie) et Jenelle Jones (États-Unis). La présence de citoyens d'Amérique latine, d'Europe, d'Afrique et des États-Unis confère à cette situation un caractère humanitaire international et exige une réponse urgente des autorités compétentes.
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D'après leurs déclarations à leurs familles, ils demeurent isolés et sans communication, sans aucun contact entre eux. Ils ont également indiqué être en grève de la faim depuis plusieurs jours pour protester contre leur détention arbitraire, leur isolement et l'incertitude qui règne. Certains observent également un jeûne sec, refusant toute nourriture et toute boisson, ce qui aggrave rapidement les risques pour leur santé, leur intégrité physique et leur vie.
D'après les informations communiquées à leurs familles, plusieurs détenus ont souffert de syncopes, d'une détérioration de leur état physique, d'une perte de poids et d'une extrême faiblesse en raison de la grève de la faim. Ils ont également signalé un isolement prolongé, une détention au secret, une incertitude constante quant à leur situation, des pressions psychologiques, des interrogatoires poussés, du harcèlement et d'autres pratiques contraires aux normes internationales relatives aux droits humains.
Ils ont également déclaré ne pas avoir pleinement accès à une assistance juridique ni à des informations suffisantes concernant leur statut juridique. De plus, ils vivaient dans des conditions incompatibles avec les normes minimales de traitement humain, notamment en raison d'un manque d'hygiène personnelle adéquate.
D'après le témoignage du volontaire uruguayen Matías Álvarez, les volontaires demeurent détenus arbitrairement dans un complexe pénitentiaire isolé pour civils, géré par le ministère de l'Intérieur et connu localement sous le nom de « site noir » ou centre de détention clandestin. L'absence de contrôle indépendant, de garanties élémentaires et d'accès humanitaire aggrave les inquiétudes quant à leur bien-être physique et psychologique.
Il est particulièrement alarmant que, malgré la détérioration physique signalée, les évanouissements et la grève de la faim en cours, les autorités n'aient autorisé ni équipes médicales indépendantes ni visites humanitaires internationales. Selon ce même rapport, ce sont les médecins bénévoles du convoi qui tentent d'assister et de surveiller leurs compagnons détenus, alors même qu'ils sont eux-mêmes épuisés physiquement et psychologiquement.
Les circonstances dans lesquelles ils ont finalement pu communiquer avec leurs familles suggèrent que ce contact était une conséquence de la pression exercée par les volontaires eux-mêmes par le biais de la grève de la faim qu'ils menaient depuis plusieurs jours, et non le résultat de mécanismes réguliers de protection, de surveillance ou d'accès humanitaire.
Bien que ce contact soit une nouvelle importante pour leurs familles et pour ceux d'entre nous qui continuent de suivre l'affaire, les informations reçues confirment l'existence d'une situation humanitaire et sanitaire extrêmement grave. La persistance de l'isolement, de la détention au secret, des pressions psychologiques, des interrogatoires intensifs et de la manipulation d'informations concernant leur statut juridique, qui affectent gravement leur bien-être émotionnel et mental, est également profondément préoccupante.
Selon Global Sumud, les détenus ont été informés d'une possible comparution devant un tribunal, dans un contexte marqué par des communications contradictoires, des promesses de libération non tenues à répétition et un manque d'informations claires concernant leur statut juridique. Ces facteurs soulignent l'urgence d'un accès immédiat à une assistance juridique indépendante, à une observation internationale et à une vérification humanitaire.
Par conséquent, nous exigeons d'urgence une visite humanitaire internationale immédiate et indépendante afin de vérifier leurs conditions de détention, de constater leur état de santé et de garantir leur intégrité physique et psychologique. De même, nous exigeons une assistance médicale urgente et spécialisée pour tous les volontaires, notamment au vu des conséquences de la grève de la faim et du jeûne sec en cours.
Lucas Aguilera et Paula Giménez se sont rendus le 24 mai au Convoi mondial Sumud Maghreb, une initiative civile internationale visant à faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire au peuple palestinien. Ayant déjà participé à des négociations pour garantir le passage sécurisé de cette aide, ils ont rejoint l'équipe chargée de ces efforts.
Rien ne justifie la prolongation de la détention des personnes participant à une mission internationale civile et humanitaire. L’assistance humanitaire n’est pas un crime, et sa criminalisation est incompatible avec les principes fondamentaux du droit international humanitaire.
Les informations qui ont été révélées ces dernières heures confirment que nous ne sommes plus simplement confrontés à une situation de privation de liberté et de détention au secret, mais à une urgence humanitaire qui exige l'intervention immédiate d'organisations internationales capables de vérifier les conditions de détention et de prévenir des conséquences irréparables pour la santé et l'intégrité physique des personnes arbitrairement privées de liberté.
Face à cette situation, nous exigeons de toute urgence :
• une visite humanitaire immédiate ;
• une assistance médicale urgente et spécialisée pour les volontaires détenus ;
• l’entrée d’équipes médicales indépendantes ;
• des informations officielles, publiques et vérifiables sur leur état de santé et leur statut juridique ;
• un accès complet à une assistance juridique ;
• des garanties effectives pour leur intégrité physique et psychologique ;
• la cessation des conditions d’isolement, de détention au secret, de harcèlement et d’interrogatoires intensifs ;
• un accès consulaire complet pour toutes les nationalités concernées ;
• et la libération immédiate de Lucas Aguilera, Paula Giménez, Matías Álvarez Rodríguez, Alicia Armesto Núñez, Domenico Centrone, Leonarda Alberizia, Ana Margarida França Santana Baptista, Lauro Kwoczala, Ashraf Khoja, Jenelle Jones et de tous les volontaires détenus.
De même, nous exigeons que l’État argentin, les ministères des Affaires étrangères des pays concernés, les Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge et tous les organismes compétents interviennent immédiatement et activement pour garantir la protection des détenus et prévenir des conséquences irréparables pour leur santé et leur intégrité.
La protection des citoyens argentins détenus à l'étranger est une obligation non délégable de l'État argentin et exige une réponse à la mesure de la gravité des faits connus à ce jour.
Enfin, nous réitérons notre exigence que l'acheminement de l'aide humanitaire au peuple palestinien soit garanti par tous les canaux possibles et conformément au droit international humanitaire. L'aide médicale, alimentaire et humanitaire destinée aux populations civiles ne saurait être criminalisée ni entravée.
Nous continuerons à rendre compte publiquement de chaque développement confirmé et, avec leurs familles, nous prendrons toutes les mesures nécessaires jusqu'à ce que Paula Giménez, Lucas Aguilera et tous les volontaires recouvrent leur liberté et rentrent chez eux.
source Nodal
traduction caro d'un communiqué paru sur Kaosenlared le 09/06/2026
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