Colombie : Milton Cerquera : militant écologiste et garde indigène tué lors d'opérations de contrôle territorial
Publié le 20 Juin 2026
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19 juin 2026
Milton Cerquera était un leader autochtone et un défenseur de l'environnement du peuple Kokonuko, reconnu pour son travail en tant qu'ancien responsable et membre de la Garde indigène du resguardo de Paletará, dans la municipalité de Puracé, dans l'État du Cauca. Il a été assassiné le 18 juin 2026, dans le village de Rionegro, lors d'opérations de contrôle territorial. Au cours de ces opérations, Juan Carlos Bolaños, un autre membre de la Garde indigène, a été blessé à l'arme blanche.
Tout au long de sa vie, il a occupé diverses fonctions de représentation et de leadership au sein de sa communauté, œuvrant pour la défense de l'eau et la protection des páramos, notamment sur son territoire. Il a fait partie de l'équipe Économie et Environnement de l'Association Genaro Sánchez des Conseils Autochtones du peuple Kokonuko dans la région Centre et du Système d'Autorité Territoriale Économique et Environnementale (ATEA) du Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC). À partir de ces fonctions, il a soutenu des initiatives pour la préservation de l'eau, des rivières et des écosystèmes du Massif colombien, en coordonnant les efforts avec des organisations et des communautés de différents territoires. Son expérience dans ces domaines a consolidé sa réputation de leader engagé pour la protection de la vie, du territoire et l'exercice de l'autonomie dans sa région.
Ces dernières années, il a été membre de la Garde indigène, participant à des actions de contrôle territorial, de protection communautaire et d'appui aux directives des autorités autochtones. Son travail était également axé sur la défense des droits humains et la protection des espaces considérés comme essentiels à la vie des communautés, ce qui impliquait que son engagement communautaire se déroulait dans un contexte de nombreux risques.
Selon l’Observatoire des droits de l’homme du CRIC, 46 membres de la Garde indigène ont été assassinés entre 2016 et 2026. Sur le total des cas recensés, 90 % étaient liés à des incidents impliquant des acteurs armés, tandis que 10 % se sont produits dans le contexte d’exercices de contrôle territorial, de mobilisations et de processus de libération de la Terre Mère.
De son côté, Indepaz a indiqué que la situation à risque à Puracé avait été signalée par le Médiateur via l'Alerte Précoce 013 de 2025, qui dénonçait l'imposition de règles, de couvre-feux et d'autres formes de gouvernance illégale par des groupes armés. Selon leur décompte, il s'agit du 70e leader social assassiné depuis le début de l'année.
Son attachement à la terre transparaissait dans ses discours, où Cerquera soulignait l'importance de protéger les sites sacrés, les sources d'eau et de préserver l'harmonie au sein du territoire. Il insistait également sur la nécessité pour l'État de reconnaître le rôle des autorités autochtones dans la conservation de leurs territoires, mettant en lumière les efforts de protection de l'environnement entrepris par les peuples autochtones.
Son assassinat représente non seulement la perte d'un leader et d'un défenseur de l'environnement, mais aussi un coup dur pour la Garde indigène et sa communauté, qui, par des efforts collectifs, œuvrent pour leur survie en menant des actions de protection territoriale contre ceux qui cherchent à perturber l'harmonie et à imposer la violence sur leurs territoires.
Par : Programme de communication - CRIC
traduction caro d'un article du CRIC du 19/06/2026
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