Chili : Wallmapu. Des prisonniers politiques Mapuche du module E de la prison d'Angol dénoncent les violences racistes des gardiens de prison

Publié le 6 Juin 2026

Publié le 5 juin 2026 / Par Communiqués de presse

Nous informons nos communautés, nos familles et tout notre peuple de ce qui s'est passé au centre de détention préventive d'Angol le 2 juin.

Le matin du 2 juin, alors que tout le monde prenait tranquillement son petit-déjeuner sans rien faire de répréhensible, des officiers supérieurs de la gendarmerie, dont des capitaines, ont fait irruption de manière violente et agressive dans le module E. Ce comportement était d'autant plus choquant compte tenu de la manière dont ils se sont comportés et du profil des personnes impliquées. Ils ont agi avec une arrogance, une agressivité et un racisme flagrants envers les membres de la communauté mapuche qui y étaient incarcérés. Leur raid sélectif s'est limité à fouiller les espaces des responsables et des porte-parole du module, démontrant d'emblée que leurs actions visaient exclusivement ceux qui ont une voix, représentent leurs codétenus et défendent les droits de chacun.

Au milieu de cette action arbitraire et abusive, Nicolás Ángel Marillán, porte-parole du module, a été emmené. Menotté, il a été conduit à l'extérieur et traité de manière moqueuse, humiliante et dégradante par les agents, sans aucune raison ni justification. Placé à l'isolement à l'extérieur du module E, il a été directement menacé et informé qu'il ne retournerait jamais dans le module avec ses codétenus. En fin d'après-midi, on ignorait toujours où il se trouvait et dans quel état il se trouvait, le laissant sans défense et isolé.

Nous dénonçons cette action qui a pour objectif clair le démantèlement total des porte-parole et des dirigeants du module, la punition et l'isolement de ceux qui remplissent le rôle de représenter et de défendre les droits de tous.

Nous tenons à le préciser et à vous dénoncer tout : il ne s'agit pas d'une coïncidence, mais d'une riposte directe et calculée.

Cela s'est produit deux jours seulement après une visite de l'Institut national des droits de l'homme (INDH), au cours de laquelle des membres de la communauté mapuche ont pu s'entretenir avec l'avocat de l'Institut, exposer leur situation et déposer des plaintes officielles, notamment concernant leurs conditions de vie et les souffrances qu'ils endurent dans cet établissement. Suite à ces échanges, à leur prise de parole et à la présentation de leur réalité à l'organisation de défense des droits humains, les membres de la communauté sont désormais victimes directes de persécution, de harcèlement et de sanctions infligées par des agents de l'État, protégés par la haute hiérarchie de cette prison.

Lorsque nous revendiquons nos droits en tant que Mapuche, nous sommes réduits au silence, persécutés et punis. C'est la réalité. Élever la voix, exiger le respect, défendre ce qui nous appartient légitimement ou signaler les abus aux organisations de défense des droits humains se heurte à la violence, à l'isolement et aux mauvais traitements.

Nous dénonçons également les conditions inhumaines de détention de notre frère Nicolás Ángel Marillán : il est à l’isolement dans une cellule au sol mouillé, une pratique courante dans cette prison qui viole totalement les droits humains, provoquant maladies et souffrances physiques à des fins punitives. Ce qu’ils lui ont fait, et ce qu’ils ont fait aujourd’hui à tous, prouve qu’il n’y a aucun respect pour la dignité, pour l’individu, ni pour notre identité. Leur but est de nous diviser et de nous faire payer pour notre fidélité à qui nous sommes.

Nous lançons un appel urgent à l'Institut national des droits de l'homme :

Vous étiez ici il y a deux jours, vous avez entendu la vérité et reçu les plaintes. Ce qui se passe aujourd'hui est une réponse directe à cette visite. Nous vous demandons d'intervenir immédiatement, de constater la situation des membres de la communauté mapuche à la prison d'Angol et de prendre les mesures nécessaires, notamment une requête d'habeas corpus, pour mettre fin à la persécution, faire libérer notre camarade de ce lieu inhumain et faire cesser les traitements arbitraires et les mauvais traitements qu'il subit quotidiennement.

Nous appelons également toutes les communautés, organisations, familles et sympathisants à rester vigilants et à diffuser l'information sur la situation, car cela fait partie des pressions constantes qu'ils exercent pour nous empêcher de dénoncer les conditions de détention. Nous exigeons le retour immédiat de notre camarade Nicolás Ángel Marillán au module E, sans sanction ni mauvais traitements supplémentaires, et la fin de cette persécution pour avoir défendu nos droits.

Liberté pour tous les prisonniers mapuche !

Fin à la répression et à la persécution de nos frères.

Amulepe taiñ weichan!

Marichiweu

 

traduction caro d'un communiqué paru sur Kaosenlared le 05/06/2026

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