Cocomagnanville a été créé en hommage à Pierre Kerhervé, mon grand-père coco qui m'a permis de devenir l'adulte que je suis. Ce blog évolue au fil du temps, des connaissances et de la maturité de son auteure. Il est à présent presque essentiellement dédié aux peuples originaires de l’Abya Yala (les Amériques) et je me suis appliquée à documenter chaque peuple et culture qui la composent. A présent, les lecteurs qui le souhaitent pourront retrouver cette base de donnée sur un site que je leur ai dédié : Peuples autochtones d'Abya Yala.
A l'instar d'un certain nombre de médias, nous avons reçu ce matin un communiqué sur le débâchage de deux nouvelles bassines dans le Poitou. Une première dans la Vienne appartenant à l'entreprise Pampr'Oeuf, "gigantesque industriel de l'oeuf" (1), une seconde dans les Deux-Sèvres à Lusseray "afin de dénoncer le financement public des bassines et leur développement dans le bassin de la Boutonne" (2).
Alors que les député-es ont adopté ce matin le texte de la Loi d'Urgence Agricole dicté par la FNSEA et visant à faire passer en force les méga-bassines en court-circuitant les étapes de consultation publique, on peut dire que ce nouveau débâchage tombe à pic. Tandis que le tribunal de Poitiers croit pouvoir museler Julien Le Guet, porte-parole de Bassine Non Merci en l'assignant 6 mois à résidence dans un jugement daté de ce 6 mai, ces actions revendiquées par une "Amicale pour le Débâchage Permanent du Poitou" montrent que le mouvement anti-bassine, dans sa diversité, n'est quant à lui pas prêt de baisser les bras quand il s'agit de défendre l'eau. Notons que ce débâchage arrive aussi au lendemain d'un jugement intimant enfin au démantèlement de 5 bassines illégales et restées longtemps en activité en Charente-Maritime avant que certaines soient débâchées (3). Que ce soit par de larges mobilisations publiques, des recours juridiques ou des actions d'autodéfense directement impactantes, il semble qu'il n’est question pour personne de reculer face à la pression du lobby agro-chimique et aux agissements de ceux qui accaparent ou empoisonnent la ressource en eau.
Le texte du communiqué reçu en intégralité :
Ni bassines, Ni poulaillers géants
Deux bassines ont été débâchées dans le Poitou. Une première dans la Vienne appartenant à l’entreprise Pampr’oeuf, gigantesque industriel de l’œuf. Une seconde dans les Deux Sèvres à Lusseray afin de dénoncer le financement public des bassines et leurs développement sur le bassin versant de la Boutonne. Par ces gestes nous envoyons un message clair à l’État, aux collectivités, et aux entreprises complices : il n’y aura pas de répits tant que les bassines seront en état de marche !
Nous avons débâché l’une des trois bassines de Pampr’oeuf. Cet agro industriel souhaite agrandir un élevage déjà immense de centaines de milliers de poules pondeuses, parquées en bâtiment. Face à cela, notre riposte est celle du sabotage. Aujourd’hui c’est une bassine, demain de nouvelles cibles pour briser toute envie de prévoir des poulaillers industriels, à Pamproux, à Vaugeton, et partout où il le faudra.
Nous avons débâché une bassine qui pompe dans la Boutonne. Elle a été honteusement financée par le département des Deux-Sèvres, sous couvert de protection des captages d’eaux potable. Que ce soit en Deux-Sèvres ou en Charente Maritime, les conseils départementaux souhaitent sauver le modèle bassine sur ce bassin versant. Les financements publics ne doivent plus permettre la construction de ces ouvrages privés destinés à l’agriculture intensive. Il n’y aura pas une bassine de plus sur la Boutonne.
Nous nous unissons aux habitants, collectifs et paysannes qui luttent depuis des années contre les mégabassines. Si ces dernières continuent d’exister, c’est uniquement par de constantes pressions politiciennes, industrielles et policières. L’État est le premier à tricher, à détourner ses propres lois : on ne compte plus les dérogations, les intimidations, les complicités et les nouvelles lois créées sur
mesure pour piétiner de maigres outils démocratiques et juridiques (coucou Duplomb et coucou la Loi d’Urgence Agricole). Qu’importe pour eux la légalité !
Porter des recours juridiques, rédiger des contre-rapports, organiser des manifs est indispensable et nous agissons là en complémentarité de ces actions. En désarmant ces édifices, nous participons concrètement à leur mise hors-service. La fin de ces absurdités est inévitable.
L’État et les financeurs peuvent constater que nous ne cesserons jamais de démonter ces bassines. Peu importe le piquant des barbelés, la hauteur des grilles, ou encore le nombre de caméras, elles ne seront jamais assez protégées contre notre colère.
Amicale pour le Débâchage Permanent du Poitou
(1) Pampr'oeuf est l'un des plus gros industriels du secteur d'oeufs de poules en France, en 2020 c’était 865 millions d'oeufs et un chiffre d'affaire de 265 millions d'euros, soit environ 15% du marché Français. Il possède 2 méga-bassines privatives destinées à irriguer 3000 ha de céréales produites industriellement pour l'alimentation des poules élevées dans des conditions ignobles dans ses usines. Une de ses bassines avait déjà été désarmée en 2022 : https://attaque.noblogs.org/.../RAPPORT-DPRE-02-03-2022.pdf
(2) Concernant la bassine débâchée à la Boutonne, dont le remplissage a dû être stoppé en urgence en 2017, voir cet article de la Nouvelle République qui en documentait les effets : https://www.lanouvellerepublique.fr/.../la-riviere-deja-a...