Mexique : Nouvelle attaque criminelle contre nos peuples, face au silence du gouvernement : La communauté Nahua de Santa María Ostula est maintenant visée

Publié le 21 Mai 2026

20 mai 2026

 

Aux peuples du Mexique et du monde,

Aux organisations et groupes de défense des droits humains,

Aux réseaux de résistance et de rébellion,

A la Sexta nationale et internationale,

Aux signataires de la Déclaration pour la vie sur les cinq continents,

À l'Europe insoumise, digne et rebelle,

Aux médias libres et indépendants,

À ceux qui suivent la parole de la vie.

19 mai 2026.

La guerre criminelle contre les communautés du Michoacán continue de s'intensifier ; dans le même temps, la complicité des gouvernements, exprimée par leur silence complet, est de plus en plus évidente, et l'idée que le gouverneur de l'État, ALFREDO RAMÍREZ BEDOLLA, est de connivence avec le crime organisé devient une certitude.

L'activité criminelle du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) s'est à nouveau déchaînée contre la communauté nahuatl de Santa María Ostula, dans la municipalité d'Aquila, au Michoacán. Ce mardi 19 mai 2026, le quartier général de la Confrérie Ostula, situé dans la communauté de Santa María Ostula, a été de nouveau attaqué par un groupe lourdement armé appartenant au CJNG.

L'attaque a été repoussée par la Garde communale, qui a engagé un échange de tirs avec les criminels pendant près d'une heure avant leur retraite. Les assaillants ont continué à tirer à l'extérieur du périmètre de la communauté, près de la ville de Coahuayula, dans la municipalité de Chinicuila, au Michoacán. Grâce à la réaction rapide des forces de sécurité communales, il n'y a eu ni blessés ni morts.

Parallèlement à cet acte de violence criminelle, il est important de rappeler que le dimanche 17 mai dernier, la communauté purépecha de Santa María Sevina, dans la municipalité de Nahuatzen, a subi une attaque brutale perpétrée par le crime organisé. Jesús Álvarez Gutiérrez et Ignacio Campos Guerrero, membres de la Patrouille communautaire, ont été assassinés, et une autre personne a été grièvement blessée. Auparavant, le mercredi 6 mai 2026, un commando du CJNG, protégé par la police municipale de Chilchota, avait attaqué des membres de la communauté purépecha d'Acachuén, également dans la municipalité de Chilchota, faisant deux morts et un blessé parmi les membres de la communauté. De plus, le 11 mai, le CSIM a été violemment réprimé par la police d'État lors d'une manifestation de protestation contre les événements sanglants d'Acachuén.

Comme nous l'avons indiqué dans notre précédente déclaration, au cours des deux dernières années, les communautés indigènes du Michoacán, tant dans la région Purépecha que sur la côte Nahua, ont subi des dizaines d'incursions armées, y compris des attaques avec des drones et des explosifs, contre la population civile, des installations de toutes sortes, les autorités communautaires et les forces de sécurité traditionnelles.

À la situation de violence décrite ci-dessus, il faut ajouter l'assassinat du représentant de la communauté Tepehuan/Wixárika de San Lorenzo Azqueltán, municipalité de Villa Guerrero, Jalisco, MARCOS AGUILAR ROJAS, le 26 novembre 2025 ; et l'expulsion violente de 8 familles Tzeltales appartenant au CNI à Jotolá, municipalité de Chilón, Chiapas, le 12 février, qui a entraîné le déplacement de 30 compagnons et la détention illégale, à ce jour, de FRANCISCO MORENO HERNÁNDEZ.

Enfin, entre le 6 et le 12 mai de cette année, les communautés nahuas de Xicotlán, Acahuehuetlán, Alcozacán et Tula, dans la municipalité de Chilapa, État de Guerrero, membres du Conseil populaire indigène du Guerrero-Emiliano Zapata (CIPOG-EZ), ont été la cible d'attaques et de bombardements d'une violence sans précédent perpétrés par le cartel criminel des Ardillos, avec la complicité, voire l'inaction, de différents niveaux de gouvernement. Ces attaques ont entraîné la mort de cinq membres du CIPOG-EZ, des centaines de blessés, le déplacement de plus de deux mille personnes et la destruction partielle des communautés susmentionnées. À ces attaques s'ajoutent les récents bombardements, également menés par los Ardillos, contre la communauté mephaá de San Pedro Huitzapula, dans la municipalité d'Atlixtac, État du Guerrero, qui ont duré plus de 22 jours et ont causé la mort de deux membres et fait des centaines de blessés et de déplacés.

La guerre contre nos peuples, une guerre de conquête capitaliste, devient de plus en plus violente et vise à nous déloger des territoires que nous occupons ancestralement afin de nous en déposséder, de s'approprier nos corps et notre force de travail, et de développer les économies criminelles qui soutiennent ce système de mort appelé capitalisme.

Dans cette guerre, l'État mexicain et ses institutions font le jeu des criminels, des cartels de la drogue et des multinationales qui s'enrichissent sur le dos de la souffrance et de la douleur des peuples. Ceux qui se prétendent la classe politique, ceux qui nous gouvernent mal, quelle que soit leur affiliation politique ou leur étiquette (de gauche ou de droite), se confondent de plus en plus avec les criminels qu'ils affirment combattre.

C’est pourquoi nous lançons un appel urgent aux peuples, organisations, collectifs, médias libres et individus du Mexique et du monde entier qui se reconnaissent comme appartenant à la gauche et qui sont issus des classes populaires, à s’organiser selon leurs calendriers et leurs géographies pour résister à cette guerre, cette barbarie, cette tempête de mort et de destruction qu’on appelle capitalisme.

POUR LA RECONSTITUTION COMPLÈTE DE NOS PEUPLES !

PLUS JAMAIS UN MEXIQUE SANS NOUS !

CONGRÈS NATIONAL INDIGENE

 

Traduction caro d'un communiqué paru sur le site du CNI le 20/05/2026

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