Chansons reprises : Fuego en Animaná
Publié le 7 Juin 2026
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Incendie à Animaná
Dicen que yo de solo estar fui apagandome
Como la luz lenta y azul de un atardecer
Piensan que estoy secando el sol de la soledad
Que por estar en mi raiz, ya no crezco mas
Es que yo soy, esa que soy
La misma no más
Mujer que va buscandose en la eternidad
Si es por saber de donde soy, soy de Anymaná
Sepan los que no han sabido
Que no estoy de solo estar, a, ar
Que estoy parada en el grito
Bagualero del pujay
Si yo me voy, conmigo irá
Todo lo que soy
Lejos de mi, lejos de aquí
Yo no sere yo
Dejenme estar, de solo estar
Viendo el sol volver
Yo quiero ver en mi país
El amanecer
Soy pa'durar, como el maiz, simple y cereal
Soy pa'durar, porque yo se pasar y pisar
Si es por saber de donde soy, soy de Anymaná
Soy de Anymaná
Soy de Anymaná
Si yo me voy, conmigo ira todo lo que soy
Lejos de mi, lejos de aquí, yo no sere yo
Dejenme estar, de solo estar, viendo el sol volver
Yo quiero ver en mi país el amanecer
Soy pa'durar, como el maíz, simple y cereal
Soy pa'durar, porque yo se pasar y pisar
Si es por saber de donde soy, soy de Anymaná
Soy de Anymaná
Soy de Anymaná.
Incendie à Anymaná
On dit que le simple fait d’être m’a peu à peu éteinte
Comme la lumière lente et bleue d’un coucher de soleil
On pense que je suis en train d’assécher le soleil de la solitude
Que, parce que je suis ancrée dans mes racines, je ne grandis plus
C’est juste que je suis celle que je suis
Toujours la même
Une femme qui se cherche dans l’éternité
Si c’est pour savoir d’où je viens, je viens d’Anymaná
Que ceux qui ne l’ont pas su le sachent
Je ne suis pas là juste pour être
Je me tiens debout en criant
Bagualero du Pujay
Si je pars, avec moi partira
Tout ce que je suis
Loin de moi, loin d’ici
Je ne serai plus moi
Laissez-moi être, juste être
À regarder le soleil revenir
Je veux voir dans mon pays
Le lever du soleil
Je suis faite pour durer, comme le maïs, simple et céréale
Je suis faite pour durer, car je sais passer et marcher
Si c’est pour savoir d’où je viens, je viens d’Anymaná
Je viens d’Anymaná
Je viens d’Anymaná
Si je pars, tout ce que je suis partira avec moi
Loin de moi, loin d’ici, je ne serai plus moi-même
Laissez-moi être, simplement être, regarder le soleil revenir
Je veux voir dans mon pays le lever du soleil
Je suis faite pour durer, comme le maïs, simple et céréale
Je suis fait pour durer, car je sais avancer et marcher
Si c’est pour savoir d’où je viens, je viens d’Anymaná
Je viens d’Anymaná
Je viens d’Anymaná.
Armando Tejada Gomez traduction carolita
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Mercedes Sosa - Fuego En Anymaná
Music video by Mercedes Sosa performing Fuego En Anymaná. (C) 2011 Universal Music Argentina S.A. Escuchalo también en: Spotify: http://spoti.fi/28PW2pL Claro musica: http://bit.ly/28Mf3HZ Deezer...
Incendie à Animaná, 50 ans après le premier piquet de grève
Silvio Schachter 28 juillet 2022
« Comment effrayer un homme qui souffre de la faim non seulement dans son propre ventre, mais aussi dans celui de ses pauvres enfants ? On ne peut l’effrayer, car cet homme a connu une peur plus grande que toutes les autres. » Les Raisins de la colère – John Steinbeck
En juillet 1972, après des mois de non-paiement de leurs salaires, les ouvriers de la cave Michel Torino, exaspérés par l'inaction face à leurs revendications, décidèrent en assemblée d'occuper la cave, la mairie et de bloquer l'autoroute, constituant ainsi le premier piquet de grève. Accompagnés par l'ensemble de la population, ils lancèrent un soulèvement populaire qui allait devenir l'Animanazo.
Les soulèvements de 1969-1972
Le coup d'État de 1966, qui instaura la dictature connue sous le nom de Révolution argentine (1966-1973), vit le ministre de l'Économie de Juan Carlos Onganía, Adalver Kriguer Vasena, mettre en œuvre un plan économique néolibéral favorisant les intérêts des grandes entreprises étrangères et de leurs partenaires locaux. Parmi ses principales mesures figuraient la suspension des conventions collectives, un gel des salaires pendant deux ans, la promulgation d'une loi sur les hydrocarbures autorisant les entreprises privées à participer au secteur pétrolier, l'adoption d'une loi sur les loyers facilitant les expulsions et la mise en œuvre de grands travaux publics qui donnèrent naissance à la « classe des entrepreneurs ». Kriguer Vasena avait également été ministre dans le gouvernement d'Aramburu et, durant son mandat, il avait soutenu l'adhésion de l'Argentine au FMI, où il devint par la suite fonctionnaire.
Parmi les plus touchés figuraient les ouvriers urbains et ruraux, ainsi que les petits producteurs ruraux et industriels. Le niveau de vie s'est effondré, les prix ont flambé, le PIB a reculé, la monnaie a été dévaluée et les monopoles étrangers ont progressivement pris le contrôle de secteurs clés de l'économie. Dans le cadre de ce même projet, l'alignement sur les États-Unis, dans le contexte de la Guerre froide, a imposé la doctrine de sécurité nationale, interdit les partis politiques et toute activité politique, et mis en œuvre une politique répressive et obscurantiste qui a imprégné tous les aspects de la vie sociale et culturelle. Cette situation a déclenché une multitude d'actes de résistance et de rébellion, centrés sur les soulèvements populaires qui ont balayé la quasi-totalité des provinces – à la manière de Buenos Aires, comme on les appelait là-bas – et qui, après le Cordobazo (1969), ont reçu le suffixe « -azo ». Parmi eux figuraient les deux Rosariazos (1969), les Tucumanazos (1969 et 70), le Cordoba Viborazo (1970), le Choconazo (1969/70), le Mendozazo (1972) et le Rocazo (1972).
Les partis bourgeois, sous pression et craignant que cette rébellion n'entraîne un soulèvement populaire en Argentine, ont précipité la signature du pacte de « l'Heure des peuples » afin de contraindre la dictature de Lanusse à une solution électorale. La tentative des militaires de se maintenir au pouvoir, sous couvert d'un système bipartite baptisé Grand Accord National (GAN), a échoué, et ils ont été contraints d'organiser des élections. Ces élections, tenues dans ce contexte et marquées par la victoire de Cámpora, ont inauguré le bref printemps de 1973, qui s'est achevé en juin avec le massacre d'Ezeiza.
L'Animanazo
À partir des années 1950 et 1960, l'industrie vinicole, à l'instar d'autres secteurs de l'agroalimentaire, a connu un processus de concentration des richesses et des terres. Depuis le XIXe siècle, les domaines viticoles étaient gérés de manière familiale et fonctionnaient selon une relation quasi féodale avec les ouvriers et leurs familles, qui recevaient en échange de petites parcelles de terre pour leur subsistance. Durant cette période, ces domaines se sont transformés en sociétés. La main-d'œuvre s'est progressivement intégrée à un système de rémunération basé sur le capital, et les familles ont peu à peu dû abandonner leurs petites parcelles pour dépendre entièrement de leurs salaires.
La crise engendrée par la dictature a également touché le secteur viticole, car à cette époque, l'essentiel de la production était destiné à la consommation intérieure, qui a diminué ; l'ère des exportations de vins fins et l'engouement pour les sommeliers n'avaient pas encore commencé. Dans le cas du domaine Animana, un différend entre associés a aggravé la situation. Comme toujours, ce sont les ouvriers qui ont le plus souffert ; la société propriétaire du domaine a cessé de verser les salaires en janvier 1972, une situation qui est restée inchangée et sans perspective d'amélioration pendant six mois. Durant les trois premiers mois, la société a réclamé et obtenu le paiement des salaires impayés de son personnel, avant de déposer le bilan.
La cave employait 80 ouvriers, principale, voire unique, source de revenus pour une ville de 500 habitants. Face à la situation désespérée engendrée par le refus persistant de l'entreprise de se conformer à ses obligations, le Syndicat des travailleurs et employés du vin et des industries connexes (SOEVA) convoqua, le 18 juillet, une assemblée municipale à laquelle assista l'ensemble des habitants. Il fut alors décidé d'occuper préventivement les installations de la cave tout en exigeant son expropriation, d'occuper temporairement la mairie et de mettre en place une cantine communautaire pour nourrir une population affamée par le lock-out. Le 19, l'assemblée municipale nomma Inocencio Ramirez, délégué du SOEVA d'Animana, maire provisoire et décida de bloquer la route 40, constituant ainsi le premier barrage routier, et de percevoir un péage au profit d'un fonds destiné à la cantine communautaire. Ainsi débuta l'Animanazo, qui, avec d'autres soulèvements populaires, allait devenir l'un des actes de rébellion populaire les plus marquants de notre histoire.
Le 31 juillet, l'entreprise commença à verser une partie des salaires, promettant au syndicat de compléter le solde. Mais le 6 août, la police arrêta Ramirez et le délégué syndical de Cafayate, Pablo Rios, les accusant d'intrusion sur une propriété privée. Le groupe décida de marcher jusqu'à Cafayate et, tout au long des 15 km du parcours, d'autres travailleurs se joignirent à eux. Arrivés sur la place du village, ils exigèrent et obtinrent la libération de leurs collègues.
Incendie à Animana, son héritage
La même année, le poète de Mendoza, l'un des fondateurs du puissant Nouveau Répertoire Latino-Américain, Armando Tejada Gomez, écrivit les paroles de la chanson que Cesar Isella mit en musique, en hommage à la ville d'Aimana, Fuego en Aimana , qui devint plus tard connue dans le monde entier grâce à la merveilleuse voix de Mercedes Sosa.
« Sache ce que tu ne sais pas/que je ne suis pas là par hasard,/que je me tiens au milieu du cri/du Bagualero de Pujay./Hier encore, la ville brûlait/pour la terre et pour le pain, et le feu de joie dans la vallée/n'était pas là par hasard… »
La vengeance des propriétaires de vignobles et de la police s'est manifestée avec la dictature civico-militaire de 1976. Le jour même du coup d'État, le 24 mars, les trois leaders des manifestations de l'Animanazo – Pablo Salomón Rios, Inocencio Ramírez et Nital Díaz – furent arrêtés. Emprisonnés et maintenus les yeux bandés pendant 23 jours, ils furent brutalement battus et Rios torturé.
Ce n’est qu’en 2012, 38 ans plus tard, que les responsables de ces actes ont été arrêtés : les anciens policiers Felipe Cuacota et Jacinto Ramón Vivas, qui ont été condamnés en 2013 à respectivement 7 et 5 ans de prison.
Ces témoignages sont visibles dans le documentaire hommage Donde hubo fuego https://vimeo.com/453353318 , réalisé en 2016 par Santiago Álvarez, Carlos Muller et Ricardo Bima, https://vimeo.com/453353318
Deux décennies et demie après l'Animanazo, en 1997, également à Salta, mais dans le nord de la province, et s'appuyant sur cette expérience, les villes de Gral Mosconi et Tartagal ont de nouveau bloqué les routes, devenant, avec les mobilisations dans les villes de Neuquén de Cutral Co et Plaza Huincul, les premières références pour la constitution du mouvement piquetero, constituant un acte fondateur d'un nouveau sujet social et politique.
Mais aujourd’hui, dans un contexte différent, dominé par la culture et les idées de droite, ce sujet, exclu du système productif par la progression de la robotisation, de l’externalisation, des délocalisations d’usines et des pratiques d’expulsion de l’agro-industrie et de l’extractivisme, le travailleur sans emploi est poussé vers l’économie informelle, privé de tous ses droits sociaux, et contrairement aux soulèvements comme Animana ou Gral Mosconi, il est victime du manque de solidarité dans une société imprégnée d’individualisme ; il est stigmatisé et, pire encore, criminalisé pour s’être rebellé contre l’injustice.
Mais la flamme se rallumera : comme le conclut le poème-chanson de Tejada Gomez : « Laissez-moi tranquille, à regarder le soleil revenir, je veux voir l'aube se lever dans mon pays. »
traduction carolita
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Fuego en Animana, a 50 años del primer piquete - Huella del Sur
"¿Cómo se puede asustar a un hombre que no solo carga con el hambre de su vientre sino también con el de sus pobres hijos? No se le puede atemorizar porque este hombre ha conocido un miedo superior
https://huelladelsur.ar/2022/07/28/fuego-en-animana-a-50-anos-del-primer-piquete/
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