Bolivie. Six mois suffisent

Publié le 21 Mai 2026

Publié le 20 mai 2026 / 

 

Certains gouvernements mentent occasionnellement. D'autres ont fait du mensonge leur unique méthode. Le gouvernement de Rodrigo Paz appartient à cette seconde catégorie, et six mois suffisent pour le constater.

Il est inutile de spéculer. Les faits sont là, documentés et sans démenti officiel sérieux : le décret suprême 5503, conçu pour autoriser les contrats d’exploitation du lithium, des hydrocarbures et des mines avec des délais si courts qu’ils rendaient impossibles tout contrôle législatif, toute consultation publique et toute étude d’impact environnemental. Face à la pression publique qui a rendu la situation intenable, le gouvernement l’a abrogé. Mais abroger un décret sous la pression ne signifie pas reconnaître son erreur. C’est simplement céder à ceux qui imposent leur volonté. La différence est fondamentale.

À cela s'ajoute la surfacturation mensuelle de 4 millions de dollars signalée sur les importations de pétrole brut via YPFB — que le gouvernement n'a pas encore formellement démentie —, la circulation de carburant de mauvaise qualité qui endommage les véhicules, la réduction de quatre taxes qui ont directement profité aux plus riches, et la volonté d'adopter une loi foncière favorisant l'agro-industrie au détriment de l'économie locale. Le gouvernement s'adresse à la classe ouvrière comme s'il la gouvernait. Or, les faits démontrent le contraire.

Mais le problème n'est pas seulement une question de gestion. Il est fondamental. Les mesures mises en œuvre par Paz ne correspondent pas au programme sur lequel il a été élu. Elles correspondent à un ensemble de politiques que l'électorat a rejetées en votant pour d'autres options. Gouverner avec un programme que personne n'a approuvé n'est pas une simple formalité : c'est une atteinte à la légitimité qu'aucune conférence de presse ne saurait réparer. Et lorsque ce programme contrevient frontalement à la Constitution – que le gouvernement lui-même a juré de respecter –, il ne s'agit pas d'une erreur politique. C'est une attaque délibérée contre le contrat social qui rend tout gouvernement possible.

En réponse, le mouvement populaire a réagi avec une clarté qui contraste fortement avec la confusion de l'exécutif. Les seize résolutions adoptées par l'assemblée du COB ne sont pas le fruit du hasard : elles sont le résultat d'un processus de coordination qui a permis ce qui arrive rarement en politique — la convergence d'organisations aux histoires et aux revendications diverses autour d'une revendication unique. Cette revendication a un nom : la démission de Rodrigo Paz.

Ce n'est pas un slogan haineux, c'est un constat. Lorsqu'un gouvernement ment systématiquement, met en œuvre un programme non sollicité, utilise des décrets pour contourner la Constitution qu'il a juré de respecter et répond à la mobilisation populaire par la répression et la transformation des institutions en instruments du pouvoir exécutif, la question n'est pas de savoir s'il doit démissionner. La question est de savoir ce qui doit encore se produire pour que ceux qui doutent encore l'admettent.

L’étendard de cette résistance n’est ni un parti ni une figure. C’est la Constitution elle-même – le texte que l’État est tenu de respecter et qui est devenu aujourd’hui la revendication minimale du peuple mobilisé et la plus grande crainte de ceux qui profitent du désordre actuel.

Six mois suffisent ; ce gouvernement a déjà montré son vrai visage. C’est pourquoi il doit démissionner !

Nous vaincrons, espace guévariste de la résistance en Bolivie

 

traduction caro d'un communiqué paru sur Kaosenlared le 20/05/2026

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Bolivie, #Mobilisation

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