Un hommage à Missak Manouchian et ses compagnons FTP-MOI
Publié le 8 Avril 2026
/image%2F0566266%2F20260407%2Fob_ee8fd9_663157294-122173489076603885-558419310.jpg)
Ce matin à Avignon, j’ai déposé une gerbe de fleurs sur la stèle de Missak Manouchian et de ses camarades antifascistes des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée).
Le 21 février dernier, je n’ai pas pu me rendre à la cérémonie commémorant l’anniversaire de son fusillement, dans les circonstances que vous connaissez.
Leur mémoire nous oblige.
Car ceux que nous honorons aujourd’hui comme des héros — certains jusqu’à reposer au Panthéon, comme Missak et Mélinée — furent, en leur temps, rejetés, calomniés, désignés comme des ennemis de l’intérieur.
Ils furent abandonnés par beaucoup, y compris par une partie de celles et ceux qui auraient dû reconnaître en eux des alliés naturels.
À l’époque, et ce même avant Vichy où la propagande était ensuite officiellement contrôlée, une large partie de la presse, inféodée aux puissances d’argent et acquise aux idées d’extrême droite, déployait contre eux une violence inouïe.
On accusait les antifascistes d’être des « terroristes », des « criminels ».
La propagande, relayée sans relâche, notamment à travers la sinistre « Affiche rouge », cherchait à les isoler, à les discréditer, à les faire haïr.
Et cette propagande n’était pas sans effet.
Si une part du peuple sut résister, une autre, fragilisée par la peur et les mensonges, se laissa gagner par la défiance, voire par la haine.
Avant même Vichy, l’anticommunisme le plus primaire, allant de l’extrême droite jusqu’à une fraction de la gauche bourgeoise, avait déjà contribué à affaiblir les possibilités de résistance et à ouvrir la voie aux fascismes.
La crainte du Parti communiste français était telle que certains responsables politiques, notamment parmi les socialistes, préférèrent condamner les antifascistes, jugés « trop violents », plutôt que de s’unir face au danger.
Certains allèrent même jusqu’à les renvoyer dos à dos avec ceux qu’ils combattaient.
Il fallut la Libération, puis des années de luttes politiques et mémorielles, pour que justice leur soit rendue, pour que leur engagement soit reconnu à sa juste valeur, et pour que leurs noms retrouvent la place qui leur revenait dans notre histoire commune.
Se souvenir de leur combat, ce n’est pas seulement honorer le passé.
C’est interroger le présent.
Car à chaque moment de bascule, lorsque tout vacille, rares sont celles et ceux qui demeurent fidèles à leurs principes.
Les autres hésitent, se taisent, ou se trompent d’adversaire.
L’histoire, elle, finit toujours par juger.
source : Raphaël Arnault sur fb
/image%2F0566266%2F20210610%2Fob_9d8eb4_dsc04024-jpgm-jpgmm.jpg)