MEXIQUE : Des organisations dénoncent les déplacements forcés et les violences dans la Sierra Tarahumara

Publié le 18 Avril 2026

Equipe éditoriale de Desinformémonos

16 avril 2026 

Photo : Duilio Rodríguez

Mexico | Desinformémonos. Des organisations civiles qui soutiennent les communautés indigènes de la Sierra Tarahumara ont mis en garde contre l'augmentation de la violence et des déplacements internes dans la région, une situation qui, selon elles, s'est aggravée depuis la stratégie de sécurité mise en œuvre pendant les sexennat de Felipe Calderón.

Dans une déclaration commune, ils ont dénoncé le fait que des communautés entières vivent sous le contrôle de groupes criminels, ce qui limite leur accès aux droits fondamentaux tels que la santé, l'éducation et l'alimentation. Ils ont ajouté que cette situation est aggravée par la négligence des institutions et l'absence de réponses efficaces de la part des trois paliers de gouvernement, qui ont même minimisé le problème.

Ils ont averti que les déplacements internes se sont généralisés dans la région, avec des cas particulièrement graves dans la municipalité de Guadalupe y Calvo, où persistent des conflits territoriaux entre groupes criminels. Ils ont également souligné l'existence d'un « déplacement silencieux », pas toujours visible, mais qui contraint constamment des familles à abandonner leurs foyers.

Les organisations ont appelé les autorités fédérales, étatiques et municipales à reconnaître l'ampleur de la crise, à venir en aide aux communautés touchées et à instaurer un dialogue urgent afin d'élaborer des stratégies communes pour lutter contre les déplacements forcés et garantir la protection des droits de l'homme dans la région.

Voici la déclaration complète :

Déclaration conjointe

15 avril 2026

Les organisations civiles qui soutiennent les peuples et les communautés autochtones dans la défense de leur territoire dans la Sierra Tarahumara, ainsi que les victimes de déplacements forcés internes (DDI), déclarent :

Depuis la « guerre contre la drogue » décrétée par l'ancien président Calderón, la violence n'a pas cessé ; au contraire, elle s'est intensifiée dans la Sierra Tarahumara, affectant directement et indirectement des milliers d'habitants de Chihuahua, mettant en danger les populations de la région, non seulement par des attaques et des menaces directes, mais aussi par le contrôle que les groupes criminels exercent sur les territoires, empêchant les communautés de mener une vie normale et d'avoir accès à des droits fondamentaux tels que l'éducation, la santé et l'alimentation.

La violence qui frappe ces communautés est non seulement criminelle, mais aussi structurelle. La négligence des institutions publiques à tous les niveaux de gouvernement est alarmante : les personnes au pouvoir non seulement ignorent les besoins de la population de cette région, mais nient ouvertement la gravité du problème et, au contraire, criminalisent les victimes et minimisent la violence qu’elles subissent quotidiennement.

Les dirigeants à tous les niveaux ont ignoré les demandes et les appels lancés par les organisations de la société civile pour discuter du problème, offrir des perspectives et des analyses spécialisées, ainsi que leur volonté de collaborer pour le résoudre.

Le problème des déplacements forcés s'est largement répandu dans la Sierra Tarahumara, mais certains des cas les plus préoccupants ont été observés à Guadalupe y Calvo, région particulièrement touchée par des conflits territoriaux impliquant des groupes criminels. À cette situation s'ajoute l'absence de stratégies de sécurité claires et coordonnées entre les institutions publiques, laissant la population sans protection et abandonnée.

Les cas de déplacements massifs relayés par les médias ne sont pas les seuls : il existe un déplacement silencieux qui, jour après jour, prive des familles de leurs biens, de leur sécurité et, dans bien des cas, de leur vie même. Des personnes quittent des communautés où la violence persiste, emportant parfois seulement la peur, mais aussi la force de survivre et de protéger leurs proches.

Le DFI constitue une grave violation des droits de l'homme ; par conséquent, il est de l'obligation de l'État mexicain d'agir avec tous les moyens à sa disposition pour garantir la protection des personnes, des familles et des communautés qui subissent cette violation de leurs droits ou qui risquent de la subir.

Les organisations de la société civile soutiennent les victimes de ce crime depuis des années et connaissent parfaitement les vulnérabilités et les besoins de ces familles. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral, au gouvernement de l’État de Chihuahua et à la municipalité de Guadalupe y Calvo de nous informer de la situation actuelle des déplacements forcés dans la Sierra Tarahumara et d’écouter les communautés et les familles déplacées ou menacées de déplacement. Enfin, nous sollicitons une rencontre, comme nous l’avons fait auprès du ministère de l’Intérieur et du sous-secrétaire aux droits de l’homme de ce ministère au cours des dernières semaines, sans obtenir de réponse concrète, afin de pouvoir nous attaquer ensemble à ce problème.

Sierra Madre Alliance AC

Maison des migrants de Saltillo

Centre des droits humains des femmes (CEDEHM)

Conseil technique communautaire AC

Réseau national des organisations civiles de défense des droits humains « Tous les droits pour tous, tous et tous » (Red TDT)

Traduction caro d'un communiqué paru sur Desinformémonos le 16/04/2026

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