Importance de la paix autochtone dans le monde

Publié le 26 Avril 2026

Publié le : 24/04/2026

Le deuxième Sommet mondial sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones se tiendra les 25 et 26 avril aux Nations Unies à New York. Image : Bureau international pour la paix : Désarmement pour le développement.

Il s'agit d'une tribune libre de Binalakshmi Nepram, fondatrice et présidente de l'Alliance mondiale des peuples autochtones, de la justice de genre et de la paix.

 

Pourquoi est-il important de construire une paix autochtone dans le monde d'aujourd'hui ?    

 

Par Binalakshmi Nepram*

IPS, 24 avril 2026 – On dénombre actuellement quelque 132 guerres dans le monde, qui ont déplacé 200 millions de personnes. Parmi ces conflits, 80 % se déroulent dans des zones sensibles à la biodiversité, où vivent des peuples autochtones.

On estime à 476 millions le nombre d'autochtones dans le monde, répartis dans 90 pays et territoires, qui parlent la plupart des quelque 7 000 langues du monde et représentent 5 000 cultures, croyances et modes de vie différents.

Actuellement, de nombreux conflits armés à travers le monde se déroulent sur des terres habitées par des peuples autochtones. Ces peuples vivent souvent dans des zones frontalières contestées, en première ligne de conflits violents, d'insurrections et du crime organisé, ce qui engendre des conséquences humanitaires dévastatrices.

Nous nous souvenons de toutes les vies perdues sur nos territoires. Nous nous souvenons de la sagesse qui nous aidera à surmonter cette épreuve et à ouvrir la voie à la guérison, à la paix et à la préservation de notre planète. C’est la paix, et non la guerre, qui sera la voie à suivre.

Les efforts de paix sont souvent négociés au plus haut niveau politique, où les peuples autochtones sont rarement représentés. Les relations entre les États et les peuples autochtones doivent toujours être prises en compte pour résoudre certains des conflits les plus longs au monde.

L'auteure, Binalakshmi Nepram.

La protection de la paix, des peuples et de la planète ne peut être complète si les peuples autochtones sont laissés pour compte, comme le stipulent également les Objectifs de développement durable (ODD) que les nations du monde entier se sont engagées à atteindre aux Nations Unies d'ici 2030.

Par conséquent, tout effort de consolidation de la paix dans les conflits mondiaux doit impliquer et inclure les peuples autochtones. Le monde d'aujourd'hui a besoin d'une consolidation de la paix véritable et inclusive.

Les peuples autochtones possèdent des traditions, une culture et des pratiques spirituelles propres qui contribuent à résoudre la violence et à instaurer la paix locale. Bien que souvent couronnés de succès, les efforts des peuples autochtones sont sous-estimés par la communauté de la consolidation de la paix, voire totalement ignorés dans les processus de paix officiels.

Il y a deux ans, nous avons commencé à identifier certaines des causes profondes de ces conflits violents qui se déroulent actuellement, et nous avons essayé d'analyser ce qui se passe dans le monde aujourd'hui.

Voici ce que nous avons découvert : pour atténuer les conflits violents qui se produisent aujourd’hui dans le monde, il est impératif de comprendre ce qui se passe sur les territoires où vivent les peuples autochtones et de travailler avec eux pour proposer des solutions.

Les femmes autochtones de toutes les cultures et de toutes les nations ont également développé des formes extraordinaires de protestation non violente et des mécanismes pour faire face à des décennies de militarisation, d'armement et de violence structurelle qui ont marqué leur existence. Nous devons les placer au cœur des efforts de consolidation de la paix aux niveaux national et international.

Les peuples autochtones vivent avec la violence depuis des siècles, mais la résilience dont ils ont fait preuve face à une violence enracinée est remarquable.

Depuis des temps immémoriaux, les peuples autochtones ont développé des moyens novateurs de consolider la paix.

Nous reconnaissons la Grande Loi de la Paix du peuple Haudenosaunee, ainsi que le Loiyunmba Shinyen du Manipur, formes autochtones de gouvernance et d'élaboration de constitutions qui se sont développées au XIIe siècle en Amérique, en Asie et dans de nombreuses autres parties du monde.

Nous reconnaissons le rôle extraordinaire des femmes autochtones, nos mères, nos grands-mères et nos ancêtres, qui ont forgé des méthodes novatrices de consolidation de la paix contre toute attente.

Depuis les années 1970, les peuples autochtones tentent de collaborer avec les Nations Unies pour résoudre, atténuer et prévenir les conflits violents.

Nous notons que la première fois que le processus de paix des Nations Unies a accordé une attention particulière aux peuples autochtones, c'était dans le cadre du processus de paix au Guatemala en 1995, au titre du point 42 de l'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'ONU (A/49/882), en date du 10 avril 1995.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), adoptée en 2007, contient plusieurs articles essentiels à la prévention des conflits. Dix-sept ans après son adoption, les conflits sur les terres et territoires autochtones se sont multipliés. Nous recherchons donc de nouvelles solutions et pistes de réflexion.

Les questions liées à la paix étaient exclues du mandat initial du Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones, et ce n’est qu’en mai 2016 que le Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) a désigné le conflit, la paix et le règlement des conflits comme thème spécial de sa quinzième session.

Il y a deux ans, pour remédier à cette situation, nous avons organisé le premier Sommet mondial sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones.

Le Sommet s'est tenu à Washington, D.C., les 11 et 12 avril 2024 et a réuni 120 artisans de la paix autochtones provenant de plus de 30 pays. À la suite du Sommet, une Déclaration internationale sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones a été adoptée et signée, et le Réseau mondial des artisans de la paix, des médiateurs et des négociateurs autochtones a été créé.

Suite au Sommet, nous avons collaboré avec les États membres de l'ONU, ce qui a conduit à l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones en décembre 2024.

Dans la première Déclaration internationale sur la consolidation de la paix avec les peuples autochtones, adoptée en avril 2024, il a été convenu que le Sommet se tiendrait tous les deux ans jusqu'à ce que les conflits dans les territoires autochtones soient réduits de 50 %.

C’est pourquoi nous organisons le deuxième Sommet mondial sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones, qui réunira plus de 200 artisans de la paix autochtones exceptionnels — aînés, femmes, dirigeants et jeunes — issus de 80 pays appartenant à sept régions socioculturelles du monde, les 25 et 26 avril 2026 à New York, en parallèle avec le Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.

Le Sommet mondial vise à nous donner les moyens d'agir, à comprendre ce qui se passe dans le monde, à partager les approches autochtones en matière de consolidation de la paix et à diffuser les connaissances, les études, les données scientifiques, les recherches et les pratiques qui nous permettent d'œuvrer à l'atténuation des conflits violents.

Ce sommet se tient dans l'espoir que les générations futures contribueront à la guérison des peuples et de la planète.

Les objectifs du deuxième Sommet mondial sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones sont de trouver des moyens de mettre en œuvre la première Déclaration internationale sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones, adoptée le 12 avril 2024 ; de réfléchir au 20e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ; et d'appeler les Nations Unies et les États membres à proclamer une Décennie internationale de la consolidation de la paix par les peuples autochtones, 2027-2037.

Le Sommet sera également l'occasion de lancer la Marche mondiale des mères autochtones pour la paix, la guérison et l'unité, qui débutera lors du Sommet et se poursuivra pendant deux ans sans interruption dans les zones de conflit du monde entier, pour culminer avec le troisième Sommet mondial sur la consolidation de la paix par les peuples autochtones en 2028.

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*Binalakshmi Nepram est une militante humanitaire et écrivaine d'origine indienne qui défend les droits des femmes et les mouvements de désarmement menés par des femmes dans le but de mettre fin à la culture des armes et d'instaurer la paix dans son État d'origine, le Manipur, en particulier, et dans le nord-est de l'Inde en général.

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Source : Publié sur le site web de l'agence de presse Inter Press Service (IPS) :  https://ipsnoticias.net/2026/04/por-que-es-importante-la-construccion-de-la-paz-indigena-en-el-mundo-actual/

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 24/04/2026

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