Brésil : Protagonisme autochtone LGBTQIAPN+ à l'ATL 2026
Publié le 13 Avril 2026
Par Val Munduruku
Publié le : 10 avril 2026 à 17h42
Écartez-vous de mon chemin avec vos préjugés, j'arrive avec ma coiffe.
Brasília (DF) – Je suis Val Munduruku, et exister en tant que personne autochtone LGBTQIAPN+ est, chaque jour, un acte de résistance. Au campement Terre Libre, je porte avec moi mon corps, mon histoire et mes ancêtres, montrant que notre lutte ne se limite pas à la conquête du territoire, mais vise aussi le droit d'être nous-mêmes, sans crainte.
Je parle au nom de mon corps, de mes ancêtres et de toute mon existence. Je suis autochtone, je suis LGBTQIA+, et je porte en moi des histoires qui ont perduré pendant des siècles, même face aux tentatives d'effacement.
Au camp Terre Libre 2026, nous avons défendu bien plus que la simple revendication territoriale. Nous avons défendu le droit à une vie digne, à la santé, à l'éducation et à vivre sur nos terres en toute liberté, respect et sécurité. Car nous, personnes autochtones LGBTQIAPN+, ne sommes pas une question secondaire ; nous sommes une partie intégrante de nos peuples, de nos communautés et de nos revendications territoriales. Malgré l'invisibilité et les préjugés, je continue d'occuper des espaces au sein et en dehors du mouvement autochtone. Je réaffirme que nos voix, nos corps et nos couleurs sont aussi un territoire. Et le territoire n'est pas négociable, il se défend.
La tenue de la deuxième édition de la Marche des peuples autochtones marque avec force ce mouvement. Plus qu'une simple célébration, c'est une affirmation d'identité, d'esthétique et d'appartenance. C'est un espace où nos corps peuvent s'exprimer librement, où la culture ballroom rencontre les racines autochtones, donnant naissance à de nouvelles formes de résistance et d'expression. La marche LGBTQIAPN+ intégrée à la deuxième marche d'Atlanta confirme également ces progrès. Marcher ensemble, coiffés de nos parures, arborant nos couleurs et nos drapeaux, c'est affirmer que nous sommes vivants, organisés et présents. C'est montrer que nos revendications s'inscrivent dans la lutte plus vaste des peuples autochtones. Ces moments représentent des accomplissements importants, fruits d'une grande mobilisation et d'un courage sans faille. Des défis persistent, nous sommes toujours confrontés aux préjugés, mais nous continuons d'avancer.
Car chaque pas franchi, chaque espace occupé, est aussi une voie ouverte pour celles et ceux qui viendront après nous. Ces dernières années, nos voix ont brisé des silences historiques, mettant en lumière des débats fondamentaux sur l'identité, le territoire, l'ascendance et les droits, souvent marqués par de multiples formes de violence et de résistance.
Nous vivons dans un pays qui persiste à nous violer, qui détient encore le triste record du nombre de décès parmi la population LGBTQIA+. Mais nous continuons. Nous continuons pour celles et ceux qui nous ont précédés, pour Tibyra, pour toutes les personnes tombées et pour celles et ceux qui viendront. Notre existence est continuité, mémoire et lutte.
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Val Munduruku lors de la deuxième marche de l'ATL 202 (Photo : BepmoroI Metuktire/ Engajamundo).
Le Campement Terre Libre a débuté dimanche 5 avril et se poursuit jusqu'au 11 avril à Brasília. Pour sa 22e édition, il a pour thème « Notre avenir n'est pas à vendre : la solution, c'est nous ». Val Munduruku est présente au camp avec une délégation de jeunes autochtones d'Engajamundo, une organisation de jeunesse qui croit en l'importance de l'action des jeunes pour relever les grands défis environnementaux et sociaux au Brésil et dans le monde.
L'image qui ouvre cet article montre la militante Val Munduruku lors de la deuxième marche d'ATL 2026 (Photo : Breno Amajunepá/Engajamundo)
La réalisation de cet article par la jeune Val Munduruku, sur la couverture de l'ATL 2026, s'inscrit dans le cadre d'un partenariat entre Engajamundo et l'agence Amazônia Real.
Pour en savoir plus sur le mouvement LGBTQIA+ autochtone, cliquez ici.
Val Munduruku
Val Munduruku, 29 ans, est administratrice publique, artiste et militante socio-environnementale issue du peuple Munduruku. Elle est mobilisatrice au sein de l'organisation de jeunesse Engajamundo et présidente de l'Association des femmes autochtones Suraras do Tapajós (AMIST).
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O protagonismo indígena LGBTQIAPN+ no ATL 2026 - Amazônia Real
Val Munduruku destaca o protagonismo indígena LGBTQIAPN+ no ATL 2026, reafirmando que identidades e corpos são territórios de resistência.
https://amazoniareal.com.br/jovens-cidadaos/o-protagonismo-indigena-lgbtqiapn-no-atl-2026/
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