Brésil : Le peuple Maraguá

Publié le 10 Avril 2026

 

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Peuple autochtone vivant dans l’état d’Amazonas, originaire du Bas-Amazone, sur les rives du rio Abacaxis (ou Guarinamã), un affluent de la rive droite de l’Amazone, entre les rios Madeira et Tapajós. Des Maraguás vivent également aux alentours de Borba et Maués. Ils ont une origine arawak et fortement influencée par les Tupis.

Leur présence est séculaire, intrinsèquement liée à cette terre qu’ils considèrent comme leur berceau.

A l’époque coloniale, leur histoire est marquée par l’invasion et l’expulsion de leur territoire, de nombreux Maraguá sont forcés de migrer vers les centres urbains sans pour autant renoncer à leur culture et à leurs traditions.

  • TI Maraguá – Mawé (en cours d’identification)

Municipalité de Nova Olinda do Norte

Villages : Tupanawa, Igarapé-Açu, Senhor da Paz

Population : environ 350 personnes

Langue : maraguá, un dialecte mixte entre le nheengatu et l’arawak. C’est une langue menacée qui fait l’objet de programmes de revitalisation intensifiés et pour laquelle il existe des publications, des dictionnaires bilingues rédigés par des auteurs autochtones comme Yaguarê Yamã. (Voir en fin d’article).

Carte de Nova Olinda do Norte 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Nova_Olinda_do_Norte.svg

 

A propos du territoire

 

Longtemps considérés comme éteints ou bien associés au peuple Sateré-Mawa, avec lequel ils partagent une même trajectoire régionale, ils ont reçu officiellement leur reconnaissance ethnique auprès de la Funai vers 2007 ce qui leur permet à présent de démontrer leur identité culturelle distincte. Malgré la coexistence passée complexe avec le peuple Sateré Mawé et qui a conduit à la désignation initiale de la Terre Indigène sous le nom de Maraguá Maué, les Maraguá s’identifient comme tels et revendiquent le nom de Maraguá Pajy pour leur territoire, ce qui signifie « le pays des Maraguá ». Vingt ans après la reconnaissance, en novembre 2025, lors de la COP 30 au Brésil, la lutte des Maraguá a acquis une visibilité internationale. Le territoire a reçu le décret n° 1-240 du 16 novembre 2025 portant création d’un groupe de travail franchissant une étape officielle et concrète vers la poursuite du processus de démarcation.

Dès lors s’affirment les perspectives essentielles pour faire face aux défis et aux menaces historiques dont fait partie le renforcement des rituels et des traditions.

Le territoire traditionnel revendiqué a une superficie de 700.000 hectares. Il est situé entre la Terre Indigène Coatá -Laranjal et le Parc forestier de Pau-Rosa.

Des organisations autochtones comme l’ASPIM (Association du Peuple Autochtone Maraguá) et l’AMIMA (Association des femmes Maraguá) se mobilisent constamment pour la démarcation territoriale et la réaffirmation culturelle face aux menaces représentée par les bûcherons, les mineurs et les pêcheurs illégaux.

 

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Société

 

Leur société est divisée en 6 clans que les anciens supposent liés à un ancêtre commun (un être fantastique ou un humain)

►Peuple du boto : Piraguáguá

►Peuple de la guêpe : Aripunãguá

►Peuple du serpent ou du cobra : çukueyguá

►Peuple de l’anguille électrique : Pirakêguá

►Peuple du faucon : Tawatoguá

►Peuple du jaguar : Yaguareteguá

L’animal emblématique de la nation dans son ensemble est le lamantin, guruguá.

Leur culture comprend la pratique de la lutte piãgué, la croyance en la figurine wirapurú, le culte du muirakitã et une mythologie représentée par des dieux, des enchantés, des fantômes et des héros civilisateurs.

Un rite de passage de l’enfance à l’âge adulte a lieu (wakaripé ou wãgaripé) pour les garçons à l’âge de 10 ans. Dance ce but, ils subissent 3 épreuves :

►Ils doivent dormir seuls en forêt ;

►Ils doivent traverser le rio Abacaxis à la nage ;

►Ils doivent allumer 4 feux de camp autour de la clairière principale

D’autres rites sont le gualigâg, un rituel d’initiation au rôle du chef guerrier-chasseur.

Le rituel du waiperia est le rituel de la tucandeira, c’est un héritage du peuple Sateré-Mawé

Rituel piãg’ agiré, rite de la jeune fille.

 

Le festival du pirapukeka

 

Festival Pirapukeka, en Amazonas. Photo : Archives de l'équipe régionale Nord 1 de Borba Cimi

Il s’agit d’une fête traditionnelle qui dure 2 jours et dont le nom signifie dans leur langue « poisson cuit dans des feuilles ». C’est un véritable moment où le peuple transmet son savoir et renforce sa culture. Ce rituel symbolise la liberté et la résistance liés à la lutte pour l’affirmation de leur identité et la préservation de leur spiritualité. Le festival du pirapukeka remonte à l’abondance saisonnière d’autrefois. A cette période, les anciens racontent que l’aracu, un poisson traditionnel du rio Abacaxis était abondant. La fête a lieu au moment où, autrefois les hommes et les femmes pêchaient l’aracu parmi les rochers de la rivière. Ensuite les hommes, les femmes et les enfants allaient à la plage pour passer la journée, mangeant le poisson et pratiquant des jeux traditionnels entre clans.

Aujourd’hui, le festival comprend des activités comme le tir à l’arc, les courses de rondins, la natation, la lutte traditionnelle piãguá (un rituel qui marquait la fin de la guerre et la joie du retour des guerriers).

Organisation politique

L’organisation politique des Maraguá comprend un tuxawa (chef) général qui organise, gouverne et administre le groupe ou le village ; un tuxawa vice-général, un tuxawa de village, un tuxawa de clan, un mirixawa et le malyli.

Ces fonctions sont à vie et associées à des droits, des pouvoirs, des responsabilités spécifiques.

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Littérature

 

Le groupe ethnique Maraguá est le plus grand producteur d’œuvres autochtones de l’état d’Amazonas représentant 39 œuvres de 5 écrivains actifs, Yaguarê Yamá, Lia Minápoty, Elias Yaguakãg, Uziel Guaynê et Roni Wasiry-Guará.

Les contes sont racontés aux enfants par les malilys (chamans) dans le mirixuauruc a (maison du conseil).

Sources : Wikipédia, yaguareh.blogspot.com, livre maraguápéyára, Cimi (conseil indigène missionnaire) ; circuitomt.com

 

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Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Brésil, #Peuples originaires, #Maraguá

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