Salvador : Le gouvernement de Bukele accusé de crimes graves

Publié le 13 Mars 2026

Publié le : 11/03/2026

Un rapport indique que de graves violations des droits humains ont été commises pendant l'état d'urgence._Photo : HRW

Le rapport conclut que l'état d'urgence a permis des meurtres, des actes de torture, des disparitions et des arrestations arbitraires.

Servindi, 11 mars 2026 - Un rapport d'un groupe international d'experts accuse le gouvernement du président salvadorien Nayib Bukele de crimes présumés contre l'humanité commis pendant l'état d'urgence en vigueur depuis mars 2022.

Le document, qui sera présenté aux Nations Unies (ONU) à Genève, conclut qu'il existe des motifs raisonnables de croire que l' État salvadorien a commis des meurtres, des actes de torture, des disparitions forcées, des violences sexuelles et des détentions arbitraires.

L’enquête a été préparée par le Groupe international d’experts pour l’enquête sur les violations des droits de l’homme dans le contexte de l’état d’exception au Salvador, créé en 2024 et composé de spécialistes indépendants.

Ce rapport de 275 pages s'appuie sur plus de 1 700 sources, dont des entretiens avec des victimes, des documents officiels, des rapports d'organisations internationales, des articles de presse et des études menées par des organisations de la société civile salvadorienne.

Selon les experts, l'état d'urgence a perdu son caractère temporaire et est devenu une politique d'État qui aurait entraîné des violations massives et systématiques des droits de l'homme.

Le document allègue que des milliers de personnes ont été détenues sans garantie de procédure régulière. De plus, il indique que, dans de nombreux cas, aucune raison n'a été donnée pour l'arrestation, celle-ci étant fondée sur l'apparence physique ou les tatouages ​​de la personne.

Le rapport documente également des allégations de torture et de traitements cruels tels que des passages à tabac, des chocs électriques, des violences sexuelles, la privation de nourriture et de soins médicaux, ainsi qu'une surpopulation grave dans les centres de détention.

Les organisations de défense des droits humains citées dans le document ont signalé près de 500 décès en détention étatique et au moins 540 cas de disparition forcée depuis le début de l'état d'urgence.

Des experts avertissent également que cette mesure pourrait avoir été utilisée contre des opposants politiques et des voix critiques, ce qui instaurerait un modèle répressif au sein de la politique de sécurité du gouvernement.

Le rapport recommande la création d'une commission indépendante d'examen des cas chargée d'analyser les dossiers et de rechercher des solutions juridiques pour les personnes détenues injustement.

Selon les experts, la qualification éventuelle de ces actes comme crimes contre l'humanité impliquerait des responsabilités pénales individuelles susceptibles de faire l'objet d'enquêtes de la part de la justice internationale.

Avec des informations d' El País y SWI

traduction caro d'un article de Servindi.org du 11/03/2026

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #El Salvador, #Fascisme, #Droits humains

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article