Pérou : Km 43 : Quand le Pérou s'est souvenu que nous existons
Publié le 9 Mars 2026
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Publié le : 09/03/2026
Source de l'image : El Sol del Cusco.
Le Pérou doit considérer l'Amazonie et le Bas-Urubamba non pas dans un contexte d'urgence, mais dans un esprit de responsabilité, de respect et de construction d'un développement véritablement inclusif.
Jaminson Pablo Otto, communicateur autochtone du peuple Yine / Photo : Archives personnelles.
Km 43 : Quand le Pérou s'est souvenu que nous existons
Par Jaminson Pablo Otto*
9 mars 2026 – La récente fuite de gaz et l'explosion qui s'en est suivie au kilomètre 43 du gazoduc exploité par Transportadora de Gas del Perú (TGP) ont suscité l'inquiétude dans tout le pays. À Lima, analystes, autorités et chefs d'entreprise ont exprimé leur préoccupation quant aux répercussions potentielles de cet incident sur l'industrie, l'approvisionnement énergétique et l'économie nationale.
La réaction a été immédiate : gros titres dans les médias nationaux, débats techniques, déclarations politiques et même décisions extraordinaires telles que la mise en place temporaire de cours virtuels le temps de gérer l’urgence.
Mais cet épisode a aussi révélé quelque chose de plus profond : le Pérou ne se souvient de notre existence que lorsqu'une crise survient.
L'oléoduc concerné traverse le district de Megantoni, dans la province de La Convención, région de Cusco. Cette partie de l'Amazonie abrite des communautés autochtones du Bas-Urubamba, notamment les peuples Yine et Matsigenka, ainsi que des populations de colons qui ont bâti leur vie, leur économie et leur organisation sociale au sein de la forêt depuis des décennies.
Pourtant, pour de nombreux médias nationaux, pour une grande partie de l'opinion publique et pour un certain nombre d'autorités, ces territoires semblaient invisibles jusqu'à il y a quelques jours.
Le gaz qui inquiète aujourd'hui le pays provient de nos terres et y circule. Depuis des années, nous vivons avec les pipelines, les activités énergétiques, les risques environnementaux et les promesses de développement.
Nous avons, à maintes reprises, alerté sur la nécessité d'une prévention renforcée, d'une présence étatique plus forte et d'une plus grande responsabilisation dans la gestion des infrastructures critiques. Trop souvent, ces avertissements sont restés lettre morte.
Aujourd'hui, lorsqu'un incident suscite l'inquiétude nationale, le pays tourne son regard vers le Bas-Urubamba. Et ce faisant, il découvre ce que nous avons toujours su : ces territoires ne sont pas vides.
Ici vivent des communautés autochtones, des peuples amazoniens et des familles de colons qui non seulement habitent le territoire, mais jouent également un rôle fondamental en tant que gardiens de la forêt, de la biodiversité et de l'un des écosystèmes les plus importants de la planète.
L'Amazonie n'est pas seulement un lieu où passent des oléoducs ou des pipelines, ou encore un site d'extraction de ressources stratégiques. C'est un territoire vivant, avec des peuples, des cultures, des économies locales et une relation profonde avec la nature.
Depuis mon humble demeure dans la communauté de Miaria, je constate que les journaux télévisés du dimanche des principaux médias du pays consacrent aujourd'hui plusieurs minutes à cet événement.
Cependant, malgré cette attention médiatique, il subsiste un profond vide concernant la véritable réalité des communautés autochtones du Bas-Urubamba : leur histoire, leurs défis et leur relation permanente avec un territoire qu’elles ont préservé et entretenu depuis des générations.
Par conséquent, au-delà de l'urgence actuelle, cette situation devrait susciter une réflexion nationale. La sécurité énergétique du Pérou est indissociable de sa sécurité environnementale et du respect des populations vivant dans les zones où se déroulent ces opérations.
Nous ne pouvons pas continuer à être visibles uniquement lorsqu'un accident se produit.
Le Pérou doit considérer l'Amazonie et le Bas-Urubamba non pas dans un contexte d'urgence, mais dans un esprit de responsabilité, de respect et de construction d'un développement véritablement inclusif.
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*Jaminson Pablo Otto est un professionnel de la communication issu du peuple Yine Yami, un militant socio-environnemental et un promoteur de la culture indigène péruvienne.
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Source : Publié sur le mur Facebook personnel de Jaminson Pablo Otto : https://www.facebook.com/share/p/18Y8nDUTJ1/
traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 09/03/2026
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Km 43: Cuando el Perú recordó que existimos
"Este episodio también ha dejado en evidencia algo más profundo: el Perú recién recuerda que existimos cuando ocurre una crisis".
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