Les avertissements d'Abdullah Öcalan concernant l'Iran et Israël
Publié le 8 Mars 2026
02/03/2026
Par l'agence Mezopotamya* – Le leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan, qui s'est exprimé à de nombreuses reprises sur la situation en Iran et a lancé d'importants avertissements, a déclaré que le désaccord entre l'Iran et Israël est profond et historique, et que Tel-Aviv souhaite surmonter les obstacles tels que l'Iran au Moyen-Orient. Lors d'une réunion qui s'est tenue il y a quatre jours à la prison insulaire d'Imrali, en Turquie, Öcalan a suggéré au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK, basé au Kurdistan iranien) qu'un dialogue pourrait être envisagé si l'État iranien reconnaissait les droits du peuple kurde. Dans le cas contraire, a affirmé le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), la résistance contre le régime est nécessaire et le peuple kurde doit s'unir à cette fin.
Israël et les États-Unis ont lancé une offensive militaire d'envergure contre l'Iran. Suite au début de cette campagne de bombardements, qui a déjà fait plus de deux cents victimes civiles, l'attention s'est de nouveau portée sur les analyses d'Öcalan concernant l'Iran et le Moyen-Orient. Il est clair que cette guerre vise à renverser le régime iranien instauré en 1979 sous la direction de Rouhollah Khomeini. Le régime des mollahs iraniens, connu pour sa politique de violence et d'exécutions, aggravait sa crise de légitimité par la répression populaire, notamment au Rojhilat (Kurdistan oriental). Par conséquent, la lutte pour la liberté kurde, menée par le PKK, était elle aussi en conflit avec l'Iran. De nombreuses organisations et mouvements kurdes se sont organisés au fil de l'histoire contre le régime iranien. Parmi les plus efficaces figure le PJAK, qui pratique à la fois la lutte armée et des méthodes de résistance démocratiques.
Évaluations concernant l'Iran
De par ces caractéristiques, le Rojhilat a toujours figuré parmi les sujets d'actualité d'Öcalan. Dans son ouvrage intitulé « Manifeste pour une civilisation démocratique », divisé en cinq volumes, les deux derniers – « Civilisation démocratique : une solution à la crise de la civilisation au Moyen-Orient » et « La question kurde et la solution proposée pour une nation démocratique » – proposent des analyses pertinentes de la solution à la modernité démocratique et de la situation en Iran.
Déjà à cette époque, Öcalan avait pressenti la situation en Iran et avait lancé les avertissements suivants : « La crise que nous observons aujourd’hui entre l’Iran et Israël n’est pas simplement un problème entre deux États-nations ; elle oppose deux puissances en quête d’hégémonie. Car l’Iran aspire à l’hégémonie et souhaite devenir une puissance hégémonique. Il est donc nécessaire de suivre de près la situation en Iran. La dynastie du Shah Reza Pahlavi a mis en œuvre un programme de modernisation calqué sur l’Occident et ignorant la tradition culturelle iranienne. Elle s’est d’abord maintenue à flot en tant que régime satellite de l’Angleterre, puis des États-Unis, et même d’Israël. »
Öcalan a constamment formulé des analyses et des mises en garde contre l'hégémonie iranienne et israélienne au Moyen-Orient, non seulement dans ses ouvrages (notamment les arguments présentés à la Cour européenne des droits de l'homme), mais aussi lors de négociations. L'année dernière, dans son « Manifeste pour la paix et une société démocratique », il a livré d'importantes analyses de l'histoire iranienne et des relations kurdo-iraniennes, affirmant que le modèle qu'il propose pour l'État turc est également applicable à l'Iran et au Rojhilat (Kurdistan oriental).
Quarante ans en Iran
Lors de ses rencontres avec la délégation du Parti pour l'égalité des peuples et la démocratie (DEM) à Imrali l'an dernier et cette année, Öcalan a également abordé la question de l'Iran et du Rojhilat. Lors d'une réunion en mai, il a déclaré que les États-Unis souhaitaient faire d'Israël une puissance hégémonique au Moyen-Orient et que la position contre l'Iran constituait la quatrième étape d'un plan en cinq points. Öcalan a alors affirmé : « Voyez-vous, depuis quarante ans, l'Iran nous opprime et nous tue. L'Iran nous maintient dans un climat de peur. Israël n'a pas résolu le problème en quarante ans et ne nous a pas anéantis. Israël, les Arabes, l'Iran, l'Europe, l'Angleterre : tous ont forgé un équilibre sur cette base. Le chaos persiste. Que le PKK se batte et que la Turquie ne résolve pas le problème. »
La contradiction entre l'Iran et Israël
Lors d'une autre réunion en juin, Öcalan a de nouveau évoqué le conflit israélo-iranien : « Le conflit israélo-iranien est historique. Auparavant, Israël entretenait une relation stratégique avec la Turquie au Moyen-Orient, une relation proto-israélienne. Aujourd'hui, Israël établit une présence permanente au Moyen-Orient et souhaite surmonter les obstacles, notamment l'Iran. Au lieu de dépendre de la Turquie, il veut s'appuyer sur les Kurdes. Ce processus a débuté le 7 octobre. Je l'ai constaté, et c'est pourquoi je suis intervenu. Cela ne profitera en rien aux Kurdes. »
« Les Kurdes doivent bien se protéger. »
Lors de cette même réunion, Öcalan s'est adressé au PJAK en ces termes : « Je tiens à dire au PJAK : si une base d'intégration démocratique avec l'Iran se dessine, comme nous l'avons fait ici avec la Turquie, ils doivent favoriser le dialogue. Toutefois, si le déni, le génocide et l'hostilité persistent, ils doivent se protéger. Nul doute qu'ils se prépareront avec soin. Mais l'Iran n'est pas un État à prendre à la légère ; la situation actuelle est dangereuse. Je ne souhaite pas donner de conseils trop précis. Mais ils doivent renforcer leurs défenses et se protéger adéquatement. »
« La guerre va s’intensifier encore davantage »
Lors d'une autre réunion tenue en novembre, Öcalan a analysé les tensions entre Israël et l'Iran, déclarant : « Comme vous pouvez le constater, Israël et l'Iran sont en conflit. Je l'ai vu dès le début. Des stratégies sont mises en œuvre concernant le Kurdistan. La question des forces d'autodéfense est d'actualité, alors même qu'elles se trouvent à Paris. La scène internationale est également en ébullition. C'est précisément dans ce contexte que nous affirmons qu'il est impératif d'unir Kurdes et Turcs. Toute autre voie ne fera qu'exacerber le conflit. L'axe Israël-Iran-Chine se retrouvera alors au premier plan. La guerre s'intensifiera encore davantage. Je n'en suis pas responsable. »
Leadership féminin
Lors d'une réunion en janvier dernier, Öcalan a également évoqué l'Iran et souligné le rôle des femmes dans ce domaine. Il a déclaré : « Des actions sont actuellement menées en Iran. Je souhaite savoir si notre influence sur place est alignée sur le régime ou si elle agit de connivence avec l'opposition. Je veux comprendre la situation. Les femmes ont été à l'avant-garde de la révolution iranienne. Elles doivent se défendre avec force. Celles qui ont mené la révolution doivent aussi développer un sens des responsabilités désintéressées au sein de leurs propres rangs. Les femmes seront les pionnières de la paix et de la démocratisation. Cela vaut pour la Syrie, l'Iran et la Turquie. »
Lors d'une autre réunion tenue en février, Öcalan, évoquant les situations au Rojava et en Syrie, a également attiré l'attention sur l'Iran : « Demain ou après-demain, des situations similaires pourraient se produire en Iran. Les droits de la population ne constituent pas une menace pour la sécurité nationale. Si nous devons parler d'un corridor, il ne sera ni israélien ni arabe. Ce sera un corridor démocratique pour les Kurdes et les Turkmènes (…). Je considère l'Iran comme plus important qu'Israël. Ils devraient être prudents. Ils veulent perturber le processus (…). Nous avons initié ce processus ici (en Turquie) . L'incident du TUSAŞ (l'attaque armée du PKK contre le quartier général d'une compagnie militaire turque) s'est produit le même jour. L'Iran fait ce qu'il veut depuis quarante ans. Ils ont de l'influence sur Qandil. Cela provoquera un grave conflit. Je souhaite renforcer progressivement mon influence. »
« L’unité kurde est essentielle »
Lors de cette même réunion, Öcalan a affirmé qu'Israël avait acquis un certain niveau de contrôle en Syrie, déclarant : « Il est clair qu'Israël a consolidé sa présence sur le plateau du Golan grâce à l'Accord de Paris (du 6 janvier). Il a également obtenu l'aval du gouvernement intérimaire syrien, de la Turquie et des pays arabes. Il contrôle l'ouest de la Syrie, zone tampon pour le libre-échange. Désormais, son attention se porte sur l'Iran. La situation en Iran devient donc de plus en plus urgente. Les forces d'autodéfense doivent se préparer minutieusement. » Parallèlement, il a transmis un message d'unité nationale au Rojhilat et a insisté sur la nécessité d'établir des relations étroites avec l'opposition démocratique iranienne.
Lors de la réunion de février, Öcalan a également déclaré : « Je veux tenir les Kurdes à l'écart et les protéger des guerres qui se déroulent en Iran et dans la région. »
*Traduction et révision : Kurdistan America Latina
traduction caro
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Las advertencias de Abdullah Öcalan sobre Irán e Israel -
Por Agencia Mezopotamya* - El líder kurdo encarcelado Abdullah Öcalan, quien ha abordado la situació
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