La plus grande des Antilles au centre du monde
Publié le 14 Mars 2026
Le « crime » de Cuba a été d'expulser un dictateur du pays et de mettre en œuvre un système socialiste comme alternative au capitalisme.
11 mars 2026 - 14h35
São Paulo (SP)
Bianca Borges et Erik Souza
Un vendeur ambulant de fleurs pousse sa charrette devant une fresque murale représentant le leader révolutionnaire argentin Ernesto « Che » Guevara lisant « Hasta, la victoria siempre », à La Havane, le 25 février 2026. | Crédit : (Photo de YAMIL LAGE / AFP)
Rarement dans l'histoire a-t-on pu observer un chef d'État aussi obsédé par un sujet que Donald Trump, qui a consacré ses derniers mois à parler d'une île des Caraïbes : « Je vais m'occuper de Cuba », « (Les Cubains) vivent leurs derniers instants », « Nous (les États-Unis) allons intervenir et tout faire sauter », « Prise de contrôle amicale », « Nous voulons d'abord éliminer l'Iran, mais Cuba n'est qu'une question de temps. »
Depuis l' attaque militaire contre le Venezuela le 3 janvier , il est difficile de compter trois jours consécutifs où Trump ou les dirigeants de Washington n'ont pas réaffirmé à quel point leurs « objectifs » à Cuba sont désormais une priorité absolue.
Depuis plus de soixante ans, Cuba, surnommée la « Plus Grande des Antilles », subit un blocus économique imposé unilatéralement par les États-Unis . Cette politique vise à asphyxier économiquement le pays et à détériorer les conditions de vie de sa population, afin de faire pression sur le gouvernement cubain.
Durant cette période, on estime que les pertes cumulées dépassent 150 milliards de dollars américains, affectant directement des secteurs essentiels tels que la santé, l'éducation, la production alimentaire, les transports et l'accès à l'énergie.
La question énergétique est particulièrement sensible. L'accès aux ressources pétrolières est fondamental pour garantir l'électricité, les transports, le fonctionnement des hôpitaux et des services publics, et permet à des millions de familles d'accomplir des tâches aussi élémentaires que la préparation de leurs repas. Le blocus naval du Venezuela, la saisie de pétroliers dans les Caraïbes et la menace de nouvelles sanctions contre les pays qui vendent du carburant à Cuba sont des mesures explicitement conçues pour provoquer une crise humanitaire sans précédent dans le pays, dans l'espoir de renverser définitivement le gouvernement de la Révolution cubaine, qui, depuis 67 ans, résiste non seulement au blocus, mais aussi à diverses autres tentatives de pression et de sabotage.
Le blocus énergétique affecte la reproduction même de la vie : transports, électricité, hôpitaux, production alimentaire et fonctionnement quotidien des villes. Il s'agit d'une forme de guerre économique qui instrumentalise la souffrance prolongée de la population comme moyen de pression politique.
Par conséquent, exiger aujourd'hui l'acheminement du pétrole brésilien vers Cuba ne relève pas simplement d'une question d'autonomie commerciale. Il s'agit d'une décision politique qui touche à la souveraineté, à la solidarité internationale et au droit des peuples à exister sans contrainte extérieure. Sur un continent marqué par des siècles de dépendance et d'interventions étrangères, les gestes de solidarité concrète entre les nations latino-américaines revêtent une signification encore plus profonde et représentent l'unique espoir de rompre ce cycle.
Le mouvement social brésilien et les organisations progressistes doivent intensifier leur engagement international. Durant les années de dictature militaire brésilienne et d'autres régimes d'exception en Amérique du Sud, Cuba a accueilli d'innombrables réfugiés politiques, témoignant ainsi de son attachement aux luttes transformatrices et démocratiques. C'est dans cet esprit que s'inscrivent les campagnes de solidarité menées par l'Union nationale des étudiants, le MST (Mouvement des travailleurs sans terre) et le Mouvement brésilien de solidarité avec Cuba.
Cette situation survient dans un contexte où même la condamnation de l'embargo par la communauté internationale, quasi unanime depuis plus de 30 ans aux Nations Unies, n'a en rien diminué la détermination des États-Unis à aggraver les conditions de vie des Cubains. Trump a d'ailleurs parfaitement résumé cette intention en déclarant qu'une victoire américaine contre Cuba serait la cerise sur le gâteau de toutes ses interventions internationales, confirmant ainsi le désir nourri depuis des décennies par l'élite américaine.
La puissance nucléaire pointe ses armes sur un pays qui a commis le « crime » d'avoir, au plus fort de la guerre froide, expulsé le régime d'un dictateur qui avait transformé l'île en un « parc d'attractions » et un casino pour les riches Américains, en instaurant un système socialiste comme alternative au capitalisme en vigueur jusque-là.
Malgré toutes les difficultés matérielles, l'île rebelle n'a jamais cessé de remettre en question le modèle américain. S'inspirant de la pensée de José Martí et de l'internationalisme de Che Guevara, Cuba a envoyé des brigades médicales et une aide humanitaire à des dizaines de pays au cours des dernières décennies, y compris pendant la pandémie de Covid-19.
Le Brésil lui-même entretient, de plus, une relation emblématique avec la solidarité cubaine : outre les milliers de travailleurs de la santé cubains qui sont allés travailler dans les régions reculées du pays dans le cadre du programme « Mais Médicos » (Plus de médecins), Cuba a accueilli des Brésiliens touchés par la tragédie du césium-137 à Goiânia, en utilisant l'expertise qu'ils avaient déjà acquise en fournissant des soins de solidarité aux Soviétiques contaminés par la catastrophe de Tchernobyl.
Défendre Cuba contre l'attaque de Trump en ce moment, outre le fait d'être un engagement humanitaire, c'est défendre un principe qui traverse l'histoire de notre région : la conviction qu'aucun pays ne devrait être condamné à l'isolement ou à la souffrance collective pour avoir choisi sa propre voie.
*Bianca Borges est la présidente de l'Union nationale des étudiants (UNE), et Erik Souza est le directeur des relations internationales de l'Union nationale des étudiants (UNE) et secrétaire exécutif de l'Organisation continentale des étudiants d'Amérique latine et des Caraïbes (Oclae).
Il s'agit d'un article d'opinion et il ne représente pas nécessairement la ligne éditoriale de Brasil do Fato .
Édité par : Maria Teresa Cruz
traduction caro d'un article paru sur Brasil de fato le 11/03/2026
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A Maior das Antilhas no Centro do Mundo
'Crime' de Cuba foi expulsar um ditador do país e implementar um sistema socialista alternativo ao capitalismo...
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