La crise humanitaire au Liban s'aggrave alors que les déplacements de population se poursuivent dans la région

Publié le 17 Mars 2026

Publié le 17 mars 2026 / Par l'équipe éditoriale de Kaosenlared

 

La situation humanitaire au Liban se détériore rapidement dans un contexte d'escalade du conflit : des centaines de milliers de personnes sont contraintes de fuir leurs foyers, les hôpitaux sont débordés et les femmes enceintes accouchent dans des conditions extrêmes.

 

Liban : naissances dans des conditions précaires et centres d’hébergement saturés

 

La crise au Liban a atteint un niveau alarmant. Depuis Beyrouth, Anandita Filipos , porte-parole du Fonds des Nations Unies pour la population , a alerté sur les conséquences du conflit pour les femmes et les filles.

Parmi les plus de 820 000 personnes déplacées dans le pays, on compte quelque 11 600 femmes enceintes. Selon les estimations humanitaires, près de 4 000 d’entre elles accoucheront au cours des trois prochains mois, souvent loin de tout service médical.

Filipos a expliqué que de nombreuses femmes ont dû quitter leur domicile subitement, perdant ainsi l'accès aux soins de santé de base et devant accoucher dans des conditions dangereuses, notamment à l'extérieur ou au bord de la route.

Selon les données de l' Organisation internationale pour les migrations, plus de 128 000 personnes sont actuellement hébergées dans près de 600 centres d'accueil collectifs, dont beaucoup affichent complet. Parmi les personnes déplacées, on estime à 200 000 le nombre d'enfants et à environ 30 000 le nombre de migrants, un groupe particulièrement vulnérable souvent exclu des dispositifs d'aide officiels.

 

Escalade militaire et tensions à la frontière

 

La mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le sud du pays, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban ( UNFIL), a signalé que depuis le 2 mars, des attaques quotidiennes à la roquette, au missile et au drone ont eu lieu depuis le territoire libanais vers Israël, ainsi que des incursions terrestres israéliennes qui ont pénétré jusqu'à sept kilomètres à l'intérieur du Liban.

La porte-parole de la mission, Candice Ardiel, a averti que chacun de ces incidents constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU et accroît le risque d'une nouvelle escalade militaire dans la région.

Ces derniers jours, un avant-poste de la mission a été touché par un projectile, blessant plusieurs Casques bleus, dont un grièvement. Face à l'insécurité croissante, la mission a dû restreindre ses mouvements sur le terrain.

Dans ce contexte, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, est arrivé à Beyrouth pour une visite destinée à exprimer son soutien au pays. À son arrivée, il a déclaré que le peuple libanais « n'a pas choisi cette guerre, mais y a été entraîné de force ».

 

Alertes concernant d'éventuels crimes de guerre

 

Des experts indépendants en matière de droits de l'homme, liés à l'ONU, ont dénoncé les bombardements de zones civiles au Liban, prétendument destinés à forcer le déplacement de la population, comme pouvant constituer de graves violations du droit international.

Ils ont souligné que le fait d'attaquer des civils dans le but de les forcer à abandonner leurs foyers peut être qualifié à la fois de crime de guerre et de crime contre l'humanité.

Les experts ont également souligné que l'ordre d'évacuations massives ne dispense pas les parties au conflit de leurs obligations légales de protéger la population civile, ni de garantir une assistance adéquate aux personnes contraintes de se déplacer.

traduction caro d'un article de Kaosenlared du 17/03/2026

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