Honduras : Une campagne de haine coordonnée contre la fille de Berta Cáceres et le COPINH
Publié le 9 Mars 2026
Une décennie après l'assassinat de la militante écologiste Berta Cáceres, l'histoire semble se répéter de manière alarmante sur les écrans. Berta Zúniga Cáceres, fille de la dirigeante et actuelle coordinatrice du COPINH, a dénoncé auprès du ministère public l'existence d'un réseau agressif de faux comptes visant à discréditer son travail et celui de son organisation.
Cette stratégie d' « assassinat par les mots » est identique à celle dont sa mère a été victime entre 2013 et 2016, fonctionnant comme un prélude numérique précédant la violence physique dans un pays où la défense de l'environnement comporte un risque certain.
L'enquête a révélé l'existence d'un mécanisme de discrédit lié à des secteurs du pouvoir économique. Parmi les personnes mises en cause figure Carolina Atala Midence, sœur de Daniel Atala (fugitif pour le meurtre de Berta Cáceres), dont le compte personnel sur X a été identifié comme un élément clé pour amplifier les attaques.
Le groupe dénoncé comprend un avocat et des communicateurs prétendument experts en « contrôle de la réputation » qui auraient orchestré un récit systématique de diffamation et de calomnie afin de détourner l'attention des demandes de justice contre l'entreprise DESA.
Le volume de l'offensive numérique est massif et témoigne d'une planification rigoureuse : entre décembre 2023 et avril 2025, 3 628 publications offensives ont été enregistrées, soit une moyenne de dix agressions par jour. La plateforme X a concentré 96 % des impacts, soutenue par un réseau de 72 comptes coordonnés, dont 35 ont été créés simultanément en 2024. En outre, le site web « La vérité sur l'affaire Berta Cáceres » a été détecté, dédié à disculper les condamnés et à les victimiser.
Au-delà de la critique, le contenu de la campagne recourt à une criminalisation extrême et à des messages de haine. Les messages accusent faussement le COPINH de trafic de drogue, de corruption et d'extorsion, utilisant des mèmes montrant du sang et de l'argent pour semer la terreur. Ces récits ne sont pas isolés : des schémas similaires ont été documentés dans d'autres conflits territoriaux tels que Guapino et la lutte du peuple Garifuna, où la stigmatisation numérique a abouti à des emprisonnements ou à de nouveaux meurtres.
Le plus inquiétant pour l'intégrité physique des victimes est que la campagne a franchi la barrière du virtuel pour passer à la surveillance tactique. De faux profils ont divulgué au moins 47 fois des informations confidentielles sur la sécurité de Berta Zúniga, notamment des numéros de véhicules, des itinéraires et des coûts opérationnels. Cette situation grave a contraint la CONADEH à émettre l'alerte précoce 001-2025 en août de cette année-là, avertissant du risque imminent pesant sur le dispositif de protection de la défenseure et de sa famille.
En ce qui concerne la mise à jour juridique, la plainte déposée en juin 2025 contre le groupe de personnes identifiées vise à ce que le système judiciaire n'ignore pas ces signaux d'alerte. Berta Zúniga soutient que les plateformes sociales telles que Meta et X ont également une responsabilité en permettant, par le biais de paiements publicitaires, la diffusion de contenus discriminatoires qui portent atteinte aux défenseurs des droits humains. Bien que plusieurs des comptes attaquants aient été supprimés après le début de l'enquête, les traces numériques et les enregistrements judiciaires sont déjà entre les mains des autorités.
L'issue de cette affaire créera un précédent sur la manière dont le Honduras traite la violence numérique comme un outil d'impunité. Pour le COPINH, la demande est claire : une enquête indépendante qui sanctionne à la fois les responsables matériels et les instigateurs de ces campagnes de haine. Comme le souligne Mme Zúniga, ignorer ce harcèlement systématique revient à ignorer l'avertissement préalable à un nouvel événement extrême tel que le meurtre de sa mère.
Source : contracorriente via fb
https://www.facebook.com/ContraCorrienteHN?locale=fr_FR
traduction caro
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