Chansons censurées de la dictature argentine : Chacarera del expediente

Publié le 27 Mars 2026

Chacarera du dossier

Le pauvre qui n'a jamais/El pobre que nunca tiene
un sou pour être content/ni un peso pa'andar contento
à peine qu'il trouve une poule/ni bien se halla una gallina
qu'on le met déjà en prison/que ya me lo meten preso.

Le commissaire rusé/El comisaio ladino
qui fait le diligent /que oficia de diligente
le fait avouer à coups de bâton/lo hace confesar a palos
au prisonnier et à ses parent/sal preso y a sus parientes.

Et il passe les semaines/Y se pasa las semanas
à engraisser le dossier/engordando el expediente
pendant que le prisonnier soupire/mientras el preso suspira
pour un médecin influent/por un doctor influyente.

Fa (un coup, et ça résonne) /Fa(un golpe, y queda sonando)
Amalaya la justice, /Amalaya la justicia,
viditai les avocats /viditai los abogados
quand la loi naît sourde/cuando la ley nace sorda
même le diable ne peut la réparer/no la compone ni el diablo.

La tante a vendu le lit/La tia vendio la cama
pour payer l'avocat/pa' pagarle al abogado
si un jour il sort libre/si algun dia sale libre
il devra dormir debout/tendra que dormir parado.

Le juge, au bout de quatre mois/El juez a los cuatro meses
le convoque pour l'interroger/lo cita pa' interrogarlo
comme il est pauvre et bègue/como es pobre y tartamudo
personne ne veut l'écouter/ninguno quiere escucharlo.

Et la détention préventive/Y la prision preventiva
est prononcée pour le malheureux/dictan al infortunado
qui est déjà en prison depuis un an/que ya lleva un año preso
même Dieu l'a oublié/hasta de dios olvidado.

Ce sont des choses du peuple/Estas son cosas del pueblo
de ceux qui n'ont rien/de los que no tienen nada
ceux qui amassent des millions/esos que amasan millones
ont la maison rose./tienen la casa rosada.

 Gustavo Leguizamón (source paroles et traduction)

L'injustice sociale : un cri pour la justice dans « Chacarera Del Expediente »

 

La chanson « Chacarera Del Expediente » est un commentaire poignant sur les injustices systémiques subies par les plus démunis. Les paroles dressent un portrait saisissant d'un homme qui, malgré sa pauvreté, est rapidement emprisonné pour un délit mineur. Ceci illustre une critique plus large de la manière dont le système judiciaire cible et punit de façon disproportionnée les personnes défavorisées, tandis que les riches et les influents restent impunis.

La chanson dénonce les pratiques corrompues des forces de l'ordre et du système judiciaire. Le « comisario ladino » (commissaire rusé) qui extorque des aveux par la violence et le « doctor influyente » (avocat influent) capable d'influencer le cours d'un procès illustrent la corruption profondément enracinée. Les paroles évoquent également le désespoir des plus démunis, comme lorsque la tante de l'homme vend son lit pour payer un avocat, tandis que ce dernier reste emprisonné et oublié.

L'auteur utilise cette chanson pour mettre en lumière des problèmes de société plus vastes, soulignant le contraste saisissant entre la vie des pauvres et celle des riches. La « casa rosada » (Maison Rose), en référence au palais présidentiel argentin, symbolise le pouvoir et les privilèges qui protègent les riches du même sort. À travers la « Chacarera Del Expediente », l'auteur ne se contente pas de raconter une histoire de souffrance individuelle, mais appelle aussi à une société plus juste et équitable où la loi s'applique à tous sans discrimination, et non seulement à ceux qui en ont les moyens.

traduction caro

source

https://www.letras.com/arbolito/570328/significado.html

Rédigé par caroleone

Publié dans #Nueva canción, #Argentine, #Chansons censurées

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