Argentine : Plus de 27 000 personnes se sont inscrites aux audiences sur la loi relative aux glaciers et le Congrès est saturé

Publié le 14 Mars 2026

ANRed 12/03/2026

Dans un élan de participation citoyenne sans précédent, plus de 27 000 personnes se sont inscrites aux auditions publiques organisées par la Chambre des députés pour débattre de la réforme de la loi sur les glaciers. Ces auditions auront lieu les 25 et 26 mars, l'une en présentiel et l'autre en ligne. Ce chiffre témoigne de la forte mobilisation sociale et environnementale contre un projet de loi susceptible de modifier les restrictions imposées à l'activité minière dans les zones protégées, exposant ainsi plus de 17 000 glaciers et les mettant en péril. Cette réforme est soutenue par le lobby minier, notamment par des entreprises telles que Barrick Gold, Glencore, Rio Tinto, Lundin Mining, Solway et BPH. Face à ce nombre élevé d'inscrits, différents secteurs politiques et sociaux demandent une prolongation des auditions publiques afin de garantir que toutes les voix puissent être entendues. Ces auditions s'appuient sur l'Accord régional d'Escazú, qui considère la participation citoyenne aux questions environnementales comme essentielle. Les inscriptions restent ouvertes jusqu'au 20 mars. Vous souhaitez vous inscrire ? Voici le lien. Via ANRed.

Le débat sur la réforme de la loi relative aux glaciers au Congrès national a suscité une mobilisation citoyenne sans précédent : plus de 27 000 personnes se sont inscrites pour participer aux auditions publiques organisées à la Chambre des députés afin d’examiner les modifications apportées au régime de protection de l’environnement applicable aux glaciers et aux zones périglaciaires . Ce chiffre dépasse largement la participation habituelle pour ce type de processus législatif et pose d’ores et déjà des défis logistiques au Congrès, qui devra déterminer comment organiser les interventions des milliers de participants souhaitant prendre part au débat.

Les audiences étaient prévues les 25 et 26 mars dans le cadre de la discussion du projet de loi modifiant la législation actuelle sur la protection des glaciers (qui a reçu une approbation partielle du Sénat le 26 février, après un débat express en commission), une loi adoptée en 2010 qui établit des budgets minimums pour préserver ces réserves d'eau stratégiques.

La période d'inscription se prolongera jusqu'au vendredi 20 mars à 16h00 en personne et jusqu'à 20h00 en ligne .

Lien vers le formulaire d'inscription aux audiences : forms.hcdn.gob.ar

Le nombre de participants inscrits témoigne de l' impact politique, environnemental et économique de la modification envisagée de la loi actuelle sur les glaciers. Cette loi interdit des activités telles que l'exploitation minière, le rejet de polluants et d'autres interventions industrielles dans les zones glaciaires et périglaciaires , considérées comme des réserves stratégiques de ressources en eau pour le pays. La modification proposée vise à assouplir certains de ces critères, ce qui permettrait de nouvelles activités économiques dans certaines zones actuellement protégées, notamment dans les régions montagneuses où l'activité minière est importante.

Dans ce contexte, l’appel à des auditions publiques – un mécanisme permettant la participation citoyenne au processus législatif – a suscité un engouement considérable auprès des organisations sociales, des spécialistes, des défenseurs de l’environnement, des représentants des collectivités locales et des citoyens désireux de participer au débat. Pour illustrer l’ampleur du phénomène, plusieurs parlementaires ont comparé cet appel à l’ un des débats les plus importants de ces dernières années : celui sur la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, qui a rassemblé 738 participants inscrits sur 15 jours d’auditions .

Dans ce cas précis, le Congrès avait initialement prévu seulement deux jours d'auditions , l'un en présentiel et l'autre en virtuel , ce qui soulevait des questions quant à la garantie de la participation de tous les inscrits. Les parlementaires de l'opposition ont déclaré dans un communiqué de presse qu'avec le nombre de jours alloués aux auditions, seules 216 personnes pourraient y participer . Face à ce nombre record de participants, divers secteurs politiques et sociaux ont commencé à exiger que le nombre de jours consacrés aux auditions publiques soit prolongé afin de garantir que toutes les voix puissent être entendues .

De son côté, le Cercle de la politique environnementale a officiellement demandé la publication de la liste des participants inscrits : « Connaître le nombre de participants et garantir l’exactitude des données est une mesure fondamentale de transparence qui doit accompagner les processus de participation citoyenne aux décisions ayant une importance environnementale majeure. » Ces informations ont été publiées, après plusieurs demandes, sur le site internet de la Chambre des députés .

La principale préoccupation est que le mécanisme de participation soit limité si seul un petit nombre de personnes peuvent s'exprimer oralement. Parmi les solutions envisagées figurent la participation écrite ou la sélection des intervenants par les blocs parlementaires.

Parallèlement, le débat sur la réforme de la loi continue de susciter une forte mobilisation sociale et politique. Pour de nombreux groupes environnementaux, la discussion ne se limite pas à une question technique ou législative, mais porte également sur la protection des réserves stratégiques d'eau douce du pays (qui régulent le débit des cours d'eau et sont essentielles à la consommation humaine, à la production et à l'équilibre des écosystèmes) et sur le modèle de développement des régions andines .

 

La nouvelle loi sur les glaciers vise à apporter les changements suivants :

 

►Réduire la liste des glaciers protégés aux seuls glaciers dont on extrait activement de l'eau.

►Laisser les provinces, et non la nation, choisir quels glaciers seront protégés.

►Restreindre la définition de l’« environnement préglaciaire » permettrait ainsi d’élargir la zone d’exploitation des ressources.

►Autoriser davantage d'activités économiques dans les zones glaciaires.

Derrière cet amendement législatif se cache le lobby minier, avec des entreprises comme Barrick Gold, Glencore, Rio Tinto, Lundin Mining, Solway et BPH. Le débat législatif s'inscrit également dans une longue série de conflits socio-environnementaux liés à l'exploitation minière à grande échelle dans diverses provinces andines. Au cours des deux dernières décennies, les communautés de territoires tels qu'Andalgalá (Catamarca), Esquel (Chubut), Jáchal (San Juan) et Famatina (La Rioja) ont mené des mobilisations massives contre des projets extractifs qui, selon elles, mettent en péril l'accès à l'eau, les écosystèmes de montagne et les économies régionales. Dans nombre de ces cas, des assemblées socio-environnementales sont parvenues à bloquer des projets miniers ou à promouvoir des lois provinciales restrictives.

Dans ce contexte, les audiences publiques prévues pour la fin du mois de mars s'annoncent comme l'un des moments clés du processus législatif avant que le projet de loi ne soit soumis au vote final de la chambre.

Lien vers le formulaire d'inscription aux audiences forms.hcdn.gob.ar

traduction caro d'un article d'ANRed du 12/03/2026

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