Equateur : Les peuples autochtones rejettent la réforme extractive de Noboa

Publié le 4 Février 2026

Publié le : 03/02/2026

Photo : Daniel Noboa/Twitter

La CONAIE dénonce l'expansion extractive dans un contexte de réglementation affaiblie et de participation communautaire réduite. Elle demande le rejet du projet de loi.

Servindi, 3 février 2026 - Les réformes de la réglementation actuelle des mines et de l'énergie, promues par le gouvernement de Daniel Noboa, mettent en péril les droits collectifs , dénoncent les peuples autochtones d'Équateur.

Réunis au sein de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (CONAIE), ils ont averti que cette initiative représente également une menace pour les territoires ancestraux et les sources de vie des nationalités indigènes et des communautés paysannes du pays. 

« Ce projet renforce un modèle de dépendance extractive, concentrant les décisions stratégiques et élargissant la participation privée par le biais de délégations à long terme, sans mécanismes efficaces de contrôle social, de transparence ou de responsabilité », a déclaré la CONAIE.

« L’expérience historique de l’Équateur démontre que cette voie a creusé les inégalités, criminalisé la défense territoriale et exacerbé les impacts sociaux et environnementaux, sans pour autant résoudre les problèmes structurels du développement », a ajouté l’organisation.

Réforme extractive

Présentée à l'Assemblée nationale le 28 janvier, la « Loi organique pour le renforcement des secteurs stratégiques des mines et de l'énergie » propose « l'activation des secteurs stratégiques à forte intensité de capital, de devises et de liens productifs ».

Toutefois, comme l’a expliqué la CONAIE, le projet remplace les permis environnementaux par des autorisations simplifiées, accélère les procédures administratives et va accélérer les investissements extractifs sans garanties claires de consultation préalable, libre et éclairée.

« La consultation se réduit à une simple formalité, sans garantir un véritable processus de décision collective ni de consentement préalable. De telles réglementations violent le cadre constitutionnel et exacerbent les conflits sociaux sur les territoires », souligne la CONAIE.

Dans le même temps, la Confédération a mis en garde contre les mesures visant à assouplir les contrôles environnementaux et administratifs qui affaiblissent la capacité de l’État à prévenir les dommages irréversibles et affectent des écosystèmes stratégiques tels que les páramos, les forêts et les rivières, piliers de la souveraineté alimentaire et hydrique.

« Dans un contexte de crise climatique, l’eau doit être protégée en tant que bien commun essentiel à la vie et à l’agriculture paysanne, et non subordonnée à une logique extractive », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Dans ce contexte, l'organisation a appelé à l'unité et a exhorté les membres de l'assemblée qui défendent les droits collectifs, l'environnement et la démocratie à rejeter ce projet.

La CONAIE a appelé à un débat large et participatif qui place la vie, les territoires et une véritable justice sociale et environnementale au centre. 

traduction caro d'un article de Servindi.org du 03/02/2026

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Equateur, #Peuples originaires, #pilleurs et pollueurs, #CONAIE

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