Des dirigeants autochtones du monde entier signent un pacte contre l'exploitation minière prédatrice et pour la défense des peuples isolés
Publié le 6 Février 2026
03/02/2026
Des dirigeants autochtones du monde entier signent un pacte contre l'exploitation minière prédatrice et pour la défense des peuples isolés
Une réunion en Indonésie a rassemblé des communautés d'Amazonie et d'Asie du Sud-Est afin de créer un réseau international pour la protection territoriale.
Des représentants de peuples autochtones de différents continents se sont réunis du 26 au 29 janvier à Jakarta, capitale de l'Indonésie. Photo : Courtoisie du CIMI
Par le service de communication – Cimi
Des représentants de peuples autochtones de différents continents se sont réunis du 26 au 29 janvier à Jakarta, la capitale de l'Indonésie, pour le Rassemblement international d'échange de connaissances autochtones et de solidarité sur l'exploitation minière du nickel, la défense territoriale et les peuples autochtones en isolement volontaire.
L'événement, organisé par Aliansi Masyarakat Adat Nusantara (AMAN), le plus grand réseau indigène d'Indonésie, a vu la participation de délégations d'Amérique du Sud, dont le Conseil missionnaire indigène (Cimi), par l'intermédiaire de son Équipe de soutien aux peuples libres (EAPIL).
L’objectif de la réunion était de constituer un front commun de résistance contre les conséquences de l’expansion mondiale de l’extraction du nickel (stratégique pour la transition énergétique) et de renforcer les mécanismes de défense des territoires traditionnels, en accordant une attention particulière à la protection des peuples autochtones vivant en isolement volontaire.
Les débats portaient sur des stratégies collectives visant à influencer les politiques publiques et à créer des instruments juridiques et de lobbying garantissant l'intégrité des territoires et l'autodétermination de ces peuples.
Présent à l'événement, Gilderlan Rodrigues, coordinateur d'EAPIL, a souligné l'importance du dialogue direct entre les communautés concernées.
« Il ne s’agit pas seulement d’échanger des expériences, mais de tisser un réseau de solidarité qui transcende les frontières. Ce qui se passe en Indonésie avec l’exploitation du nickel trouve un écho dans la pression exercée sur les terres indigènes en Amazonie », a-t-il déclaré.
Ont également participé des organisations telles que GTI-Piaci, un réseau sud-américain pour la protection des peuples isolés et récemment contactés, dont le CIMI fait partie, et d'autres institutions partenaires internationales.
L'un des thèmes centraux de la réunion était la critique du modèle de transition énergétique fondé sur l'intensification de l'exploitation minière sur les terres autochtones. Photo : avec l'aimable autorisation du Cimi
L'exploitation minière et le paradoxe de la transition énergétique
L'un des thèmes centraux de la réunion portait sur la critique du modèle de transition énergétique fondé sur l'intensification de l'exploitation minière sur les terres autochtones. Face à la demande mondiale de nickel – utilisé dans les batteries des véhicules électriques – des pays comme l'Indonésie ont ouvert de nouvelles zones d'exploration, souvent dans des aires protégées ou des territoires traditionnellement occupés.
« Nous constatons toujours les mêmes violations : des concessions faites sans consultation préalable, la déforestation, la contamination des rivières et la menace directe qui pèse sur les populations ayant choisi de vivre isolées », a rapporté un responsable d'AMAN.
La protection des peuples isolés devient une priorité mondiale
La situation des populations vivant en isolement volontaire a été considérée comme une urgence internationale. Les participants ont indiqué qu'en Amazonie comme dans les îles d'Indonésie, la pression minière expose ces groupes à un risque imminent de génocide et de contacts forcés.
L’action conjointe de réseaux tels que GTI-Piaci et EAPIL visait à consolider des protocoles de protection territoriale susceptibles d’être adoptés par les gouvernements et les organisations multilatérales. « La défense de ces peuples est la mesure de notre humanité. Si nous ne garantissons pas leurs territoires, nous serons complices de leur disparition », a souligné Rodrigues.
« Nous renforçons les alliances concrètes dans la lutte pour le bien-vivre, ce qui n’est possible qu’avec des territoires protégés et une justice socio-environnementale », a conclu Rodrigues. Photo : Communiqué de presse/Cimi
Charte de Jakarta et prochaines étapes
À l'issue de la réunion, les organisations participantes ont élaboré une déclaration commune, la Charte de Jakarta, qui sera présentée à des instances telles que l'ONU et l'Organisation des États américains (OEA). Ce document réaffirme l'exigence d'un consentement libre, préalable et éclairé pour tout projet sur les terres autochtones, un moratoire sur l'exploitation minière dans les zones habitées par des peuples isolés, et la création de fonds internationaux pour la surveillance territoriale communautaire.
Le groupe a également approuvé la création d'un groupe de travail autochtone transcontinental, qui poursuivra l'échange d'informations et soutiendra les campagnes de plaidoyer politique dans les pays concernés.
Pour le CIMI, la participation à cet événement consolide un axe d’action internationalisé. « Nous renforçons des alliances concrètes dans la lutte pour le bien-vivre, ce qui n’est possible qu’avec un territoire protégé et une justice socio-environnementale », a conclu Rodrigues.
traduction caro d'un article du CIMI du 03/02/2026
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Encontro na Indonésia reuniu comunidades da Amazônia e do sudeste da Ásia para a criação de rede internacional de proteção territorial
https://cimi.org.br/2026/02/liderancas-mineracao-povos-isolados/
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