Argentine : Jujuy : Déclaration en défense de l'eau et des glaciers
Publié le 9 Février 2026
3 février 2026
Les communautés autochtones et les citoyens de Jujuy ont décrété l'état d'alerte face au projet de réforme de la loi sur les glaciers. Lors d'une assemblée tenue à Agua Sagrada, ils ont exigé la protection absolue des formations de glace et de l'environnement périglaciaire, dénoncé l'absence de consultation préalable et averti qu'il n'existe aucune acceptation sociale pour les projets d'extraction qui mettent en péril les ressources en eau et la Terre Mère (Pachamama).
Nous reproduisons la Déclaration des communautés indigènes et des citoyens de la province de Jujuy : en défense de l'eau et des glaciers
Ville des Omawakas (Eau Sacrée),
1er février 2026
Aux autorités nationales, au public et à la communauté internationale :
En ce jour, 1er février 2026, réunis en assemblée générale, nous, autorités traditionnelles, membres de la communauté et citoyens appartenant aux Nations et Peuples autochtones qui habitent ancestralement le territoire de la Province de Jujuy, nous déclarons en état d’alerte et rejetons catégoriquement toute tentative de réforme de la Loi 26.639 sur les budgets minimaux pour la préservation des glaciers et de l’environnement périglaciaire (sources, points d’eau, points d’eau, terres gelées, etc.).
Les glaciers ne sont pas de simples amas de glace ; ils sont sources de vie, gardiens de nos bassins versants et éléments sacrés de notre cosmovision. Toute atteinte à leur protection constitue une attaque directe contre notre Terre Mère et contre la survie des générations futures.
Notre position repose sur les piliers juridiques suivants :
1. Le droit à un environnement sain (Constitution nationale, art. 41)
Notre Constitution établit que tous les habitants jouissent du droit à un environnement sain et équilibré, propice au développement humain. La réforme proposée viole le principe de non-régression en matière de protection de l'environnement : l'État ne peut promulguer de réglementations qui entraînent un recul des niveaux de protection de l'environnement déjà atteints. Assouplir la loi sur les glaciers afin de favoriser les activités extractives constitue une violation flagrante de ce principe constitutionnel.
2. Reconnaissance de notre préexistence (Constitution nationale, art. 75, inc. 17)
En tant que peuples préexistants, la Constitution garantit notre droit de participer à la gestion de nos ressources naturelles. Les glaciers et l'environnement périglaciaire font partie intégrante de nos territoires ancestraux. Nous n'accepterons aucune décision prise dans des instances éloignées qui mettent en péril l'eau indispensable à notre vie, à notre élevage, à notre agriculture et à nos forêts indigènes.
3. Le droit à la consultation et au consentement (Convention n° 169 de l’OIT)
Nous rappelons au gouvernement national que la Convention n° 169 de l’OIT, qui prime sur les lois nationales, exige une consultation préalable, libre et éclairée avant l’adoption de toute mesure législative nous affectant directement. La réforme de la loi sur les glaciers, qui a des répercussions sur le cycle de l’eau de nos territoires, est dépourvue de légitimité car elle a été proposée sans la participation de nos communautés.
4. Justice environnementale et participation (Accord d'Escazú)
L'Argentine a ratifié l'Accord d'Escazú (Loi 27.566), qui garantit l'accès à l'information, la participation du public et l'accès à la justice en matière environnementale. Nous exigeons une transparence absolue. Nous ne permettrons pas que les droits des défenseurs autochtones de l'environnement soient bafoués, ni que l'impact réel des activités minières et industrielles sur les calottes glaciaires qui alimentent nos zones humides et nos salines soit dissimulé.
NOS EXIGENCES
Les glaciers sont un bien commun, non une marchandise. Dans un contexte de crise climatique et de sécheresses prolongées dans les régions de la Puna et de Las Quebradas, la protection de l'eau est une obligation morale et juridique.
►Nous exigeons le retrait immédiat de tout projet visant à modifier la protection actuelle des glaciers et des zones périglaciaires.
►Nous rejetons la poursuite de projets extractifs qui utilisent l'eau de nos bassins de manière irresponsable.
►Nous réaffirmons qu’il n’existe aucune légitimité sociale pour la destruction de notre Terre Mère (Pachamama).
►Nous demandons instamment que, conformément au principe suivant : l'eau est un sujet de droits pour les peuples, une législation soit élaborée d'urgence pour légitimer ce droit pour l'Argentine.
L'EAU VAUT PLUS QUE LE LITHIUM !
VIVE LES PEUPLES AUTOCHTONES !
Signé par : les communautés autochtones de la Puna, Quebrada, des vallées et des Yungas de Jujuy et les citoyens en général.
Photo d'illustration : Roxana Sposaro
traduction caro d'un communiqué paru sur Infoterritorial le 03/02/2026
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