Pérou : Trois ans d'impunité à Juliaca : Puno n'oublie pas

Publié le 10 Janvier 2026

Publié le : 09/01/2026

Des familles commémorent le troisième anniversaire de la mort de leurs proches dans un contexte de déni et d'impunité._Photo : Proches des victimes du 9 janvier

Servindi, 9 janvier 2026 - Trois ans se sont écoulés depuis la mort de 18 civils à Juliaca -Puno, lors de la violente répression policière et militaire des manifestations réclamant la tenue de nouvelles élections et la fermeture du Congrès, et la population n'a toujours pas obtenu justice.

En mémoire de ceux qui ont perdu la vie, la Coordination nationale des droits de l'homme (Cnddhh) publie le documentaire «Puno sí es el Perú (Puno est bien le Pérou) », qui comprend des témoignages et des avis d'experts sur ce qui s'est passé à Puno.

Les mobilisations à Juliaca – Puno ont débuté en janvier en signe de solidarité avec les victimes des morts d'Apurímac et d'Ayacucho lors des manifestations de décembre 2022, après l'accession de Dina Boluarte à la présidence du Pérou.

« Puno sí es el Perú » rassemble les souvenirs douloureux de ceux qui ont vécu le conflit, dans une ville où le survol des hélicoptères a stupéfié les manifestants et submergé les capacités des centres de santé en raison du nombre de personnes blessées par des plombs et des balles.

« Ce sont des civils qui ont été confrontés à des policiers et des militaires armés d'armes de guerre. Et ici, à Juliaca, la hiérarchie a été identifiée (...). Il y a eu une grave violation des droits de l'homme », déclare Wilmer Quiroz, l'avocat des victimes.

Ce documentaire rassemble ainsi divers témoignages des familles des victimes et des survivants afin que ce qui s'est passé à Juliaca ne soit pas oublié, surtout dans un contexte de déni et d'impunité actuel.

Depuis Juliaca, Raúl Samillán, frère d'une des victimes, a exprimé son indignation et sa douleur après la désactivation de l' équipe spéciale du procureur qui enquêtait sur les cas des victimes lors des manifestations de 2022-2023.

« Quelques heures seulement avant la troisième commémoration, nous avons reçu la nouvelle [de la désactivation de l’équipe spéciale], un coup si dur pour les victimes, un acte misérable commis par un être humain qui n’a aucune sensibilité », a-t-il déclaré dans une interview à Convoca.

Samillán n'a pas exclu d'appeler à de nouvelles manifestations et a indiqué que cette décision serait prise conjointement avec les familles des victimes dans d'autres régions. « Nous demandons des garanties de non-répétition, car cette situation est douloureuse », a-t-il déclaré. 

traduction caro d'un article de Servindi.org du 09/01/202

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Pérou, #Mobilisation, #Répression, #Justice, #Juliaca

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