Mexique : La centrale géothermique de Los Azufres empoisonne les communautés autochtones depuis plus de 30 ans. Nous appelons l'État mexicain et la CFE à engager un dialogue décisif. CSIM

Publié le 20 Janvier 2026

15 janvier 2026

 

 

À LA PRÉSIDENTE CLAUDIA SHEINBAUM PARDO,
AU GOUVERNEUR ALFREDO RAMÍREZ BEDOLLA,
À LA COMMISSION FÉDÉRALE DE L'ÉLECTRICITÉ,
AUX COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES,
AUX MÉDIAS,
AUX PEUPLES DU MICHOACÁN

Communautés autochtones et afro-descendantes du #Michoacán au 15 janvier 2026.

L'Iretecheri K'eri Kunkorhekua, le Conseil suprême indigène du Michoacán (CSIM), conseil libre et autonome, indépendant des gouvernements, des partis politiques et des ordres religieux, composé d'autorités traditionnelles de 80 communautés des peuples P'urhépecha, Otomí ou Hñahñú, Matlazinca ou Pirinda, Nahuatl et afro-mexicains, appelle catégoriquement le gouvernement de la République, le gouvernement du Michoacán et la Commission fédérale de l'électricité (CFE) à s'attaquer au grave problème de la pollution provenant de la centrale géothermique de Los Azufres et à le résoudre.

Depuis plus de 30 ans, la centrale géothermique de Los Azufres contamine progressivement, silencieusement et durablement l'eau, l'environnement et les sols des villages et communautés indigènes des municipalités d'Hidalgo, de Zinapécuaro et de Maravatío. La CFE (Commission fédérale de l'électricité) a provoqué une crise sanitaire en déversant des métaux lourds et des polluants dans l'eau potable et en faisant preuve de graves carences dans la gestion des déchets toxiques.

Cette urgence sanitaire a été documentée et scientifiquement prouvée dans le cadre du projet « Maladie rénale chronique : une approche interdisciplinaire de la santé physique, environnementale et psychosociale », présenté en décembre dernier. Ses conclusions constituent une preuve suffisante et irréfutable de la contamination de l’eau et de la responsabilité du CFE.

Depuis des décennies, les communautés autochtones sont les plus touchées par ce problème, ce qui se traduit par des milliers de cas d'insuffisance rénale chronique et des centaines de décès dus à des complications. Trente pour cent des patients de l'État nécessitant une assistance rénale proviennent de la région orientale du Michoacán ; plus la zone est proche de la centrale géothermique, plus la maladie et la pollution sont importantes. À Zinapécuaro, 56 % des sources contiennent au moins un contaminant ou un élément toxique à des concentrations supérieures aux limites autorisées, et à Hidalgo, 35 % des cours d'eau sont contaminés.

En plus de ce qui précède, il y a eu une négligence historique de la part des institutions publiques censées apporter des solutions à cette crise qui touche les communautés pauvres, notamment : le ministère de la Santé, le ministère de l'Environnement, la Commission nationale de l'eau, le procureur fédéral pour l'environnement et surtout le CFE.

En réponse, à la demande des communautés Otomi et par résolution de l'Assemblée générale des autorités, nous exhortons l'État mexicain à convoquer une réunion d'un groupe de travail avec les autorités décisionnelles dans un délai de 15 jours maximum. Dans un premier temps, il est urgent de garantir l'approvisionnement en eau potable et la prise en charge rapide des patients souffrant d'insuffisance rénale. En cas de non-respect de cette demande, nous entreprendrons des actions juridiques, sociales et politiques, telles que l'occupation de la centrale géothermique de Los Azufres et/ou des installations de la CFE, ainsi que des poursuites en matière environnementale par le biais du collectif d'avocats autochtones Juchári Uinápekua (Notre Force) du CSIM.

 

CONSEIL SUPRÊME INDIGENE DU MICHOACÁN #CSIM

 

Traduction caro d'un communiqué paru sur le site du CNI le 15/01/202

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article