Enquête : Ces médicaments antibios qui ruinent des vies (scandale des fluoroquinolones)

Publié le 30 Janvier 2026

Pendant des décennies, ils ont été prescrits comme des antibiotiques « de confiance ». Puissants, efficaces, polyvalents. Les fluorochinolones ont longtemps incarné l’arme absolue contre les infections urinaires, pulmonaires ou ORL. Pourtant, derrière cette banalisation médicale se cache un scandale sanitaire majeur, encore largement méconnu du grand public. Dans Face cachée, l’enquête de Pauline Gensel révèle les conséquences parfois dramatiques de ces molécules sur la vie de patients ordinaires. Françoise, 53 ans, a vu son quotidien basculer après quelques comprimés pris pour une suspicion de salmonellose. En quelques jours, son corps ne répond plus : douleurs intenses, perte de mobilité, handicap irréversible. Aujourd’hui, elle ne peut plus travailler, ni mener la vie active qu’elle aimait tant. Comme elle, des centaines de patients témoignent de souffrances durables, souvent minimisées, voire niées. Car le cœur du scandale est là : la difficulté, pour les victimes, de faire reconnaître le lien entre leurs symptômes et la prise d’un médicament pourtant autorisé. Officiellement, seuls quelques centaines de cas d’effets indésirables graves ont été recensés en France. En réalité, seuls 5 à 10 % des effets seraient déclarés. Parcours administratif décourageant, refus d’enregistrement par les centres de pharmacovigilance, expertises médicales contestées : beaucoup abandonnent, épuisés.

Pourtant, les alertes existent. Aux États-Unis, les fluorochinolones sont assorties d’un avertissement maximal depuis 2008. En Europe, l’Agence du médicament a reconnu en 2018 leur potentiel invalidant et irréversible, restreignant fortement leurs indications. Mais en France, plus des deux tiers des prescriptions restent aujourd’hui injustifiées, exposant inutilement les patients à des risques graves. Défaut d’information, prescriptions contraires aux recommandations, responsabilité des autorités sanitaires : Fluorochinolones, un scandale sanitaire interroge la chaîne de décision médicale et la place du patient dans son propre soin. Comment accepter qu’un traitement censé guérir puisse détruire une vie ? Une enquête rigoureuse, humaine et indispensable.

Mon témoignage :

Mon ORL m'a prescrit pendant presque 30 ans le même antibio, ofloxacine (des gouttes auriculaires) pour une otite chronique. 

Je le prenais au début par périodes, parfois 1 ou 2 fois dans l'année, puis en vieillissant, l'écoulement est devenu quotidien mais je ne le prenais qu'occasionnellement. Je n'avais pas développé d'intolérances à cette période, d'ailleurs j'y étais devenue résistante. Puis il y a 8 ans, j'ai commencé à avoir des troubles importants, généralisés qui ont été le début de la maladie chronique dont je souffre, un syndrome d'activation mastocytaire, SAMA (associé à de nombreux autres syndromes). Cette maladie a pour particularité une mauvaise réponse immunitaire, pour faire vite, l'organisme voit des ennemis partout et libère de l'histamine qui est inflammatoire. Je peux réagir aux variations climatiques, au chaud, au froid, à quasiment tous les aliments, aux médicaments, aux produits chimiques et aux cosmétiques, au stress, aux odeurs, à un orage etc....

C'est mon quotidien.

Et celui de mes proches.

Seulement, cette pathologie m'a évité le pire dans le cadre des fluoroquinolones. L'ORL m'en avais à nouveau prescrit, mon problème d'oreille est insurmontable, pour l'instant personne n'a su le régler. Je me suis méfiée, (c'était juste avant que l'on parle de ce scandale à la télé) je n'en ai pris qu'une ou deux gouttes, comme je dois le faire avec tout ce que je teste. Et j'ai développé très rapidement un problème dans la jambe au niveau du tendon. C'est arrivé dans les 10 minutes après la prise et cela a duré plusieurs heures. Je ne pouvais pratiquement plus marcher.

Nous avons regardé la liste des effets indésirables, sachant qu'avec ma pathologie, je coche souvent les plus rares, c'était bien spécifié que ce principe actif pouvait poser un problème au niveau des tendons. Heureusement, j'en avais peu pris et je n'ai pas insisté, il ne faut jamais insister dès que notre corps réagit inhabituellement à des traitements ou a de possibles intolérances médicamenteuses ou alimentaires. Il faut toujours l'écouter.

Au sujet de la persistance de la prescription par les médecins

L'année dernière, j'ai eu rendez-vous avec une autre ORL pour avoir un autre avis. Je lui ai expliqué que j'avais un SAMA ainsi que la dernière expérience avec ofloxacine. Elle m'a dit que cela n'avais aucune incidence car c'est un médicament en application externe. Ce qui est complètement faut, les principes actifs sont souvent absorbés plus vite par la peau que par voie orale. Elle m'a néanmoins prescrit le même, mais en générique. Nous étions en 2025. Le scandale avait déjà été révélé.

A ce jour, je ne peux toujours pas me soigner et les conséquences de cet écoulement chronique seront probablement terribles et il faut que je les accepte. Comme tout le reste. Néanmoins, je ne suis pas dans un fauteuil roulant comme le sont certaines des victimes de cette chimie qui détruit les vies.

Les médecins se remettent rarement en question, ils nous prennent de haut, surtout dans le cadre de maladies rares, ils ne nous écoutent pas, souvent ne nous croient pas, si bien qu'ils poussent des personnes, comme moi, réfractaires à la médecine allopathique de base, à ne pas se soigner. 

Voici ce que je voulais dire à ce sujet.

Caro

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Santé, #Apprentis sorciers, #Témoignage

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