Argentine : Répression de la grève des dockers à Concepción del Uruguay
Publié le 28 Janvier 2026
ANRed 26/01/2026
Une nouvelle vague de répression contre des manifestants a eu lieu ce lundi à Concepción del Uruguay, dans la province d'Entre Ríos. Cette fois, les forces de sécurité provinciales et fédérales ont réprimé une grève des dockers au port local. La manifestation, organisée par le Syndicat unifié des travailleurs portuaires argentins (SUPA), réclamait la reconnaissance du syndicat, la fin de la précarité de l'emploi et l'arrêt des pratiques commerciales qui, selon les manifestants, visent à créer des emplois précaires et à évincer les travailleurs locaux. Par ANRed.
Le conflit a éclaté après qu'Urcel Argentina SA a refusé de reconnaître la direction syndicale élue par les travailleurs eux-mêmes et a procédé à l'embauche de personnel extérieur, au détriment des dockers locaux. En réaction, la SUPA (Syndicat uni des travailleurs portuaires) a décidé de déclencher une grève, bloquant l'accès au port. La réponse du gouvernement a été une opération répressive impliquant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, qui a entraîné des blessés et des arrestations, selon les travailleurs eux-mêmes.
Le syndicat a déclaré que la répression a eu lieu malgré le caractère organisé de la manifestation et sa volonté de défendre les droits fondamentaux des travailleurs. Les vidéos et les enregistrements diffusés par les dockers montrent les agissements de la police et corroborent les accusations de violence injustifiée. Selon les travailleurs, l'opération visait uniquement à réprimer la manifestation et à protéger les intérêts des entreprises.
Parallèlement, plusieurs syndicats et médias syndicaux ont dénoncé un réseau de complicité présumé entre la société Urcel SA, certains secteurs du système judiciaire d'Entre Ríos et la Fédération argentine des industries maritimes, portuaires et navales (FeMPINRA). Selon ces allégations, le procureur impliqué aurait agi de concert avec l'entreprise pour permettre les actions répressives et délégitimer les revendications syndicales, tandis que la fédération aurait maintenu une position passive, voire se serait rendue directement complice du conflit, malgré le fait qu'il s'agissait d'une attaque directe contre l'organisation de base.
Le conflit a suscité l'inquiétude dans tout le pays. La Fédération argentine des dockers (FEPA), qui regroupe les syndicats de tout le pays, a décrété l'état d'alerte et a mis en garde contre une possible grève nationale si la répression et le mépris des droits syndicaux persistent au port de Concepción, dans la province d'Entre Ríos. La fédération affirme que les événements de Concepción del Uruguay ne constituent pas un incident isolé, mais s'inscrivent dans une politique plus large de mesures d'austérité, de précarisation de l'emploi et de criminalisation des manifestations.
Quelques heures après la répression, le Secrétariat du Travail d'Entre Ríos a imposé une conciliation obligatoire de quinze jours et a appelé au dialogue. Cependant, le syndicat SUPA a souligné que cette mesure, prise après les violences, n'offre aucune garantie réelle quant à la fin des persécutions syndicales ou du refus des employeurs de reconnaître le syndicat. Dans l'intervalle, les travailleurs devront suspendre leurs actions de grève pendant la poursuite des négociations, qui se déroulent dans un contexte de répression et d'incertitude.
traduction caro d'un article d'ANRed du 26/01/2026
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