Pérou : Recensement de 2025 : une occasion manquée pour les peuples autochtones

Publié le 5 Décembre 2025

Publié le : 01/12/2025

Plusieurs alertes ont suscité la méfiance quant à la transparence du recensement de 2025.

Les organisations autochtones dénoncent les revers, les défaillances opérationnelles et le manque de reconnaissance dans un processus de recensement pourtant essentiel pour garantir leurs droits et leur visibilité.

Servindi, 1er décembre 2025 - Le recensement de 2025 , censé fournir un aperçu actualisé du pays et orienter les politiques publiques, a finalement suscité l'inquiétude des peuples autochtones en raison de défauts qui mettent leur visibilité en péril.

Une analyse du Groupe de travail sur les peuples autochtones du Coordonnateur national des droits de l'homme ( CNDDHH ) a souligné l'importance des recensements pour comprendre les conditions de vie des populations, mais a révélé plusieurs lacunes dans le processus et sa mise en œuvre qui nuisent aux peuples autochtones.

Les lacunes avant l'application

Le rapport souligne un net recul de la participation des autochtones lors de la phase préparatoire. L’Institut national de la statistique et de l’informatique (INEI) n’a pas réuni suffisamment d’organisations représentatives ni intégré leurs contributions sur des questions clés, comme la formulation de la question relative à l’auto-identification ethnique.

La campagne de sensibilisation préalable au recensement présentait également de sérieuses lacunes ; malgré le budget alloué, elle fut courte, principalement en espagnol, et ne tenait pas compte de la diversité linguistique du Pérou.

De plus, ce processus a coïncidé avec une période électorale, ce qui a limité la diffusion de l'information en raison de restrictions légales et a accru la désinformation au sein de la population.

Défauts lors de l'application

Lors du recensement, entre août et octobre 2025, de nombreuses plaintes ont été enregistrées, allant du fait de ne pas avoir été comptabilisées dans le recensement à l'omission de la question relative à leur auto-identification.

Le manque d’agents recenseurs bilingues dans les territoires autochtones a également été constaté, ce qui a affecté la qualité des renseignements recueillis, des situations qui ont été signalées par le biais de plaintes déposées par des organisations autochtones auprès de l’INEI.  

Face au manque d’informations officielles, la société civile a lancé la campagne « J’embrasse mon identité : Autochtone avec fierté », diffusant des contenus dans les langues autochtones afin de réduire la désinformation et de promouvoir la participation consciente des populations autochtones.

Que demandent les organisations ?

Les organisations autochtones exigent une transparence totale, la publication des données du recensement rural et la diffusion du calendrier du recensement en raison de la méfiance envers les résultats du recensement de 2025 , engendrée par de multiples lacunes.

Le rapport de la CNDDHH conclut que le recensement de 2025 a montré que, sans participation et sans approche interculturelle, l’État risque de continuer à rendre invisibles ceux qui devraient jouer un rôle central dans la construction d’un pays plus juste et plus pluraliste.

Lisez l'analyse complète ici : https://acortar.link/xkakDq

traduction caro d'un article de Servindi.org du 01/12/2025

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Pérou, #Peuples originaires, #Recensement

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