Pérou : Les routes illégales aggravent la déforestation due aux activités illégales

Publié le 10 Décembre 2025

Publié le : 08/12/2025

Piste d'atterrissage de 900 m camouflée sur une route adjacente à l'UC-105. Source : UAC.

Servindi, le 8 décembre 2025.- Des détections satellitaires mettent en garde contre une augmentation de la déforestation le long de la route illégale UC-105 qui vise à relier Nueva Italia à Puerto Breu, dans le district de Yurúa (Ucayali).

La déforestation est associée à l'exploitation minière illégale, à la création de pistes d'atterrissage clandestines et à l'expansion des cultures illicites, rapporte l' Upper Amazon Conservancy (UAC).

Voir la carte agrandie ici

Fin novembre, la communauté autochtone Sawawo Hito 40 a documenté l'ouverture d'une route d'accès et une nouvelle déforestation sur son territoire, situé à 2,4 km de la communauté Alto Tamaya Saweto.

Cette nouvelle déprédation a lieu à seulement 3,7 km de la frontière avec le Brésil et la communauté d'Apiwtxa, sans aucune intervention des autorités régionales ou nationales, malgré son impact sur la biodiversité.

Nouvelle déforestation à Sawawo Hito 40, à 2,4 km d'Alto Tamaya Saweto et à 3,7 km de la frontière avec le Brésil.

Entre août et novembre 2025, une intensification des activités illicites a été constatée. L'analyse d'images satellitaires et les vérifications sur le terrain ont permis d'identifier de nouvelles zones de déforestation.

Parmi ces éléments figuraient des opérations minières en activité et l'ouverture de pistes d'atterrissage prétendument liées à des réseaux de trafic de drogue.

Les communautés autochtones ont signalé des impacts territoriaux spécifiques. À Sawawo, des invasions et la présence de tiers liés à des activités minières illégales et à l'ouverture de nouvelles voies d'accès ont été documentées.

À Alto Tamaya Saweto, le retrait des bornes frontières à sa frontière sud a été constaté, exacerbant un risque historique pour la communauté qui a subi un traumatisme lié à l'agression depuis le meurtre de quatre dirigeants Ashéninka en 2014.

La Commission transfrontalière Yurúa/Juruá/Alto Tamaya, qui réunit des dirigeants et des autorités de 28 territoires et 13 villes du Pérou et du Brésil, a rappelé que depuis 2020, elle a émis des alertes publiques sur les risques découlant de l'ouverture de l'UC-105.

Il s'agit d'une voie empruntée sans études environnementales ni consultation préalable qui facilite l'entrée d'activités illicites dans des zones à forte biodiversité et sur des territoires autochtones, y compris ceux en situation d'isolement et de contact initial.

Image satellite montrant des zones récemment déboisées (122 ha et 11 ha en 2025) à proximité de la communauté d'Alta Shatanya, liées à l'expansion des activités illicites associées à la route illégale UC-105.

Les cartes, les photographies aériennes et les images satellites incluses dans ce rapport montrent l'emplacement des points de déforestation récents, les zones touchées par l'exploitation minière illégale et la disposition des pistes d'atterrissage clandestines opérant dans la section UC-105.

La Commission transfrontalière  a réitéré sa demande au gouvernement régional d'Ucayali et au gouvernement central  de mettre en œuvre des mesures urgentes de contrôle, de surveillance et de sanction contre la progression de ces activités dans la région.

Images montrant des opérations minières illégales récentes liées à l'ouverture de l'autoroute UC-105

La route UC-105, toujours inachevée, est devenue un point d'entrée majeur pour les activités illicites dans la région. Ce qui n'était depuis des années qu'un avertissement est désormais confirmé comme un risque avéré pour les territoires et les communautés autochtones riveraines.

traduction caro d'un article de Servindi.org du 08/12/2025

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