Pérou : L'illégalité menace les PIACI du corridor Pano Arawak
Publié le 9 Décembre 2025
Publié le : 01/12/2025
Photo : Ministère de la Culture (Pérou)
Un rapport récent révèle l'expansion des économies illicites sur les territoires de peuples autochtones isolés, en l'absence de l'État.
Servindi, 1er décembre 2025.- L'exploitation forestière illégale, l'extraction d'or non autorisée, les cultures illicites de coca et le trafic foncier ont pris de l'ampleur dans le corridor territorial de Pano Arawak, une zone où vivent et se déplacent les peuples en isolement et en contact initial (PIACI).
C’est ce que révèle une nouvelle étude réalisée par Proética, qui précise que ces activités se sont étendues dans des zones sans protection étatique effective et place le Corridor dans un scénario de forte vulnérabilité socio-environnementale.
Face à cette situation, le rapport recommande de renforcer les mécanismes de protection juridique, d'améliorer les capacités de surveillance territoriale, d'optimiser la coordination interinstitutionnelle et de lutter contre les économies illicites dans une perspective de criminalité organisée et de lutte contre la corruption.
La recherche identifie et analyse la pression des économies illicites, du crime organisé et de la corruption institutionnelle sur ce corridor (situé dans les régions d'Ucayali, de Madre de Dios et de Cusco ; et dans l'État d'Acre, au Brésil).
Menaces identifiées
Le rapport « L’Amazonie en danger : économies illicites, crimes environnementaux et corruption dans le corridor territorial de Pano Arawak » est basé sur des informations satellitaires, des documents officiels et des observations de terrain.
Cela révèle que le Corridor a perdu 14 872,95 hectares de forêt entre 2001 et 2023. De cette perte, 41,97 % sont concentrés dans le parc national de Manu.
Entre 2017 et 2023, les routes irrégulières ont augmenté de 316 %, des voies qui facilitent l'entrée de machines, de fournitures et de personnes qui se livrent à des activités illicites.
L'étude met en garde contre l'expansion d'infrastructures non autorisées telles que l'autoroute Boca Manu-Boca Colorado en projet, qui pourrait devenir une nouvelle voie d'accès pour les réseaux criminels.
L’enquête met également en évidence des schémas de corruption qui facilitent la consolidation du crime organisé dans ce corridor, tels que :
►La délivrance irrégulière de titres de propriété
►La reconnaissance non fondée des règlements
►Le manque de surveillance
►La présence limitée des organes de surveillance
Vulnérabilité extrême
Dans le corridor territorial Pano Arawak vivent et se déplacent 7 peuples autochtones isolés et 4 en contact initial qui sont officiellement reconnus par l'État.
L’étude souligne que les PIACI constituent l’une des populations les plus vulnérables d’Amazonie et sont confrontés à des menaces socioculturelles, immunologiques et territoriales.
Ces communautés dépendent de l'intégrité de la forêt et de l'absence de tout contact extérieur. Toute intervention sur leur territoire accroît les risques de contagion, de violence et de perte de ressources essentielles.
« Le cas des PIACI se distingue non seulement par leur grande vulnérabilité, mais aussi par le rôle fondamental qu’ils jouent en tant qu’utilisateurs et protecteurs de la biodiversité », souligne l’étude.
« Sans intervention immédiate et structurelle, ces communautés et les écosystèmes qu’elles habitent seront condamnés à une détérioration irréversible », ajoute-t-il.
Vous pouvez télécharger l'étude en suivant ce lien : Amazonie en péril : économies illicites, crimes environnementaux et corruption dans le corridor territorial de Pano Arawak
traduction caro d'un article de Servindi.org du 01/12/2025
/https%3A%2F%2Fwww.servindi.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Feditor%2Fimagenes%2Fimagen_2021-04-09_122743_0.png)
Ilegalidad amenaza a PIACI de corredor Pano Arawak
Reciente informe revela la expansión de economías ilícitas en territorios de pueblos indígenas en aislamiento, ante ausencia estatal.
/image%2F0566266%2F20210610%2Fob_9d8eb4_dsc04024-jpgm-jpgmm.jpg)