Guatemala : La CIDH met en garde contre une crise liée au contrôle du bureau du procureur général
Publié le 4 Décembre 2025
Publié le : 02/12/2025
Photo : Bureau du procureur général du Guatemala
Les institutions ont été instrumentalisées pour perpétuer les privilèges et l'impunité. Les populations les plus vulnérables subissent les conséquences d'un contexte critique.
Servindi, le 2 décembre 2025. – « Le Guatemala est confronté à de graves menaces pour sa gouvernance et l’état de droit démocratique, en raison du contrôle de certaines institutions étatiques par des acteurs extérieurs, politiques et économiques. »
C’est ce que souligne la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), qui, dans un rapport, explique que les acteurs à l’origine de ce contrôle institutionnel cherchent à perpétuer les privilèges et à garantir l’impunité.
En outre, elle met en lumière l'instrumentalisation du droit pénal contre les personnes qui défendent les communautés autochtones et paysannes, les étudiants, les personnes criminalisées ou les fonctionnaires.
Face à cette situation, la CIDH présente 43 recommandations à l’État du Guatemala en vue du rétablissement des institutions démocratiques, de la protection des droits de l’homme, de la lutte contre l’impunité et de la mise en œuvre de politiques efficaces pour lutter contre les inégalités.
Téléchargez le rapport via le lien suivant : https://www.oas.org/es/cidh/informes/pdfs/2025/Informe_Guatemala_ES.pdf
Cadre institutionnel coopté
Comme le confirme le rapport « Situation des droits de l’homme au Guatemala », le parquet du pays est une institution « cooptée et démantelée pour servir d’instrument de persécution sélective ».
Le rapport présente une analyse des défis structurels qui affectent les droits de l'homme et souligne le processus d'affaiblissement des institutions démocratiques et de l'indépendance judiciaire.
La CIDH souligne que les actions du Parquet et de certains secteurs du pouvoir judiciaire ont contribué à légitimer des procédures de poursuites pénales sélectives sans garanties suffisantes.
Cette situation se reflète dans les actions entreprises par le bureau du procureur général et les acteurs du système judiciaire qui ont remis en question la légitimité des résultats des élections générales de 2023 et du gouvernement actuel.
En outre, il est souligné que les acteurs du système judiciaire ont subi du harcèlement et une stigmatisation pour avoir agi conformément à la loi, une situation qui a contraint certains d'entre eux à l'exil.
Impunité et inégalités
La CIDH souligne l’impunité liée aux cas de corruption et de crimes à grande échelle survenus pendant le conflit armé interne au Guatemala, ainsi qu’au démantèlement du cadre institutionnel issu des accords de paix.
Comme vous pouvez le constater, on observe une tendance à l'obstruction, à la mise de côté et à la stagnation des processus de justice transitionnelle, à des décisions judiciaires contraires aux obligations internationales et à des menaces d'initiatives d'amnistie.
Il est également précisé qu'au Guatemala, des défis importants persistent en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités, et que l'accès à l'eau et aux services d'assainissement, à la santé, à l'éducation, à l'alimentation, au travail et à la sécurité sociale reste fortement restreint.
La Commission affirme que les peuples autochtones du pays vivent dans des conditions extrêmement défavorables, avec des limitations en matière de services de base, de perspectives et d'accès à la justice.
« Le manque de sécurité juridique et les actions concertées d’entreprises privées avec le pouvoir judiciaire et le parquet ont entraîné l’appropriation et l’expulsion forcée de leurs terres ancestrales », souligne la CIDH.
Comme indiqué, cette situation démontre la prévalence de relations économiques, culturelles et sociales d’exclusion qui ont donné lieu au conflit armé interne ; aggravé par des phénomènes actuels (catastrophes, changements climatiques, migrations, entre autres).
De même, le rapport analyse la situation des défenseurs des droits humains qui mènent des activités à haut risque en raison de schémas de violence et de criminalisation, d'intimidation et d'obstruction.
La CIDH souligne que le rétablissement des institutions démocratiques au Guatemala exige une volonté politique des trois pouvoirs de l'État, la participation de la société civile et le soutien de la communauté internationale.
Vous pouvez consulter le rapport en suivant ce lien :
https://www.oas.org/es/cidh/informes/pdfs/2025/Informe_Guatemala_ES.pdf
traduction caro d'un article de Servindi.org du 02/12/2025
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Guatemala: CIDH advierte crisis por control de Fiscalía
Instituciones han sido cooptadas para perpetuar privilegios e impunidad. Poblaciones más vulnerables enfrentan consecuencias de contexto crítico.
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