Brésil : Déclaration de rejet de l'APIB : Le congrès, ennemi du peuple !

Publié le 11 Décembre 2025

10 décembre 2025

Ce mardi 9 décembre, le Congrès national a été le théâtre de multiples atteintes à la démocratie. Alors que le projet de loi PEC 48 (dit « amendement de la mort ») était soumis au vote au Sénat, la police parlementaire de la Chambre des députés a violemment expulsé le député Glauber Braga de l'hémicycle et agressé la députée autochtone Célia Xakriabá. Aux premières heures de la matinée, la Chambre, sous la direction d'Hugo Motta (REPUBLICANOS – PB), a approuvé la réduction des peines du fasciste Jair Bolsonaro et des personnes reconnues coupables de tentative de coup d'État.

L'APIB condamne fermement les violences perpétrées par le Congrès national, les actes anti-autochtones, les atteintes à la démocratie et les attaques contre les représentants du peuple. Elle condamne également les agressions commises contre les journalistes, bousculés et empêchés d'exercer leur métier par la police parlementaire.

La résolution PEC 48, proposée par le sénateur Hiran Gonçalves (PP-RR), a été approuvée hier au Sénat par 52 voix pour, sans examen par la Commission de la Constitution, de la Justice et de la Citoyenneté (CCJ) et en désaccord avec les décisions déjà rendues par le Tribunal fédéral de première instance (STF). Cette résolution vise à rendre constitutionnel le Cadre temporel. Le texte alternatif présenté par le sénateur Esperidião Amin (PP-SC) préconise une restructuration profonde du régime constitutionnel des Terres Indigènes, institutionnalisant ainsi le déni des droits des peuples autochtones.

La modification constitutionnelle proposée maintient le statut définitif des titres et actes de propriété détenus par des personnes non autochtones, même si la zone concernée est un territoire traditionnellement autochtone, légalisant ainsi les déplacements forcés. Elle interdit toute révision des frontières déjà établies, même en cas d'erreur avérée de l'État lui-même lors du processus de démarcation ; elle autorise l'échange de territoires autochtones contre des zones équivalentes ; et elle impose, dès la phase initiale de la procédure, la participation des entités fédérées, des possesseurs et des propriétaires, transformant ainsi la démarcation en un champ permanent de conflits politiques et économiques.

Dans les cas où la communauté autochtone n'est pas remplacée par un autre territoire, le texte stipule que l'Union doit procéder à une expropriation pour cause d'intérêt social, l'État l'indemnisant à la valeur marchande du terrain nu et des aménagements nécessaires, transformant ainsi le droit initial en un coût exorbitant qui rend tout découpage ultérieur impossible. Par ailleurs, la résolution PEC 10, également au Sénat, légalise la location des Terres Indigènes.

Il s'agit d'un ensemble de mesures législatives déconstitutionnelles qui transforment le droit originel en un droit exceptionnel, font des réparations pour les déplacements forcés subis par nos peuples une question de négociation et subordonnent la Constitution aux intérêts privés concernant les Terres Indigènes. Le Sénat fédéral a du sang autochtone sur les mains !

Tout cela à la veille du procès historique devant la Cour suprême fédérale de la soi-disant loi sur le génocide autochtone (loi n° 14.701/2023), qui a lieu cet après-midi.

Le Congrès national est contrôlé par des politiciens d'extrême droite qui agissent à l'encontre des intérêts du peuple brésilien. Avec ce programme destructeur, ils tentent de démanteler nos droits tout en nous dépouillant de milliards grâce à des amendements parlementaires aux finalités douteuses.

2026 est une année électorale, et cette fois, nous ne laisserons pas le peuple brésilien oublier qui sont les députés responsables de la mort. Nous n'oublierons pas tous ceux qui agissent contre les droits fondamentaux et la démocratie.

Nous, les peuples autochtones, réaffirmons notre confiance dans le Tribunal suprême fédéral, gardien de la Constitution, qui a déjà reconnu les droits des autochtones comme des clauses fondamentales.

Nous réaffirmons : les droits ancestraux des peuples autochtones sont antérieurs à l’État brésilien et ne sauraient être amoindris par des manœuvres législatives. Nous resterons mobilisés et engagés dans une lutte permanente pour la défense de la Constitution et de la vie.

traduction caro d'un communiqué de l'APIB du 10/12/202

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