Mexique  : Plan Michoacán : Discriminatoire, unilatéral et trompeur : Communautés autochtones #CSIM 

Publié le 12 Novembre 2025

11 novembre 2025

 

 

AU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE MEXICAINE

AU GOUVERNEMENT DU MICHOACÁN

AUX COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES

AUX PEUPLES DU MEXIQUE ET DU MICHOACÁN

AUX MÉDIAS

Communautés autochtones et afro-descendantes du Michoacán au 10 novembre 2025.

Le K'eri Kunkorhekua Iretecheri, le Conseil suprême indigène du Michoacán (CSIM), conseil libre et autonome, indépendant des gouvernements, des partis politiques et des ordres religieux, composé d'autorités traditionnelles de 80 communautés des peuples P'urhépecha, Otomí ou Hñahñú, Matlazinca ou Pirinda, Nahuatl et afro-mexicains, déclare conjointement ce qui suit :

Des gouvernements de divers partis politiques se sont succédé au pouvoir au Mexique et au Michoacán, sans qu'aucun ne parvienne à résoudre la crise d'insécurité, de violence et de violations des droits humains qui nous frappe. Historiquement, ils ont fait de notre État un laboratoire pour leurs « politiques de sécurité » et leurs « plans nationaux et étatiques », depuis la « guerre contre la drogue » et l'« Opération conjointe Michoacán », en passant par la « Commission pour la sécurité et le développement intégral du Michoacán » et l'imposition d'un « vice-roi », jusqu'au « Plan de justice purhèpecha », au « Plan Lázaro Cárdenas del Río », et aujourd'hui au « Plan Michoacán pour la paix et la justice ». Dans ce contexte, nous sommes exaspérés par tant d'incompétence, d'insécurité, d'injustice et d'impunité systémique.

Suite à la création du Plan Michoacán, nous exigeons fermement que l'État mexicain cesse de se livrer à une mascarade telle que le « Plan de justice pour le peuple purépecha », dépourvu de budget de fonctionnement et incapable de rendre justice. Les communautés ont demandé la création d'une Commission Vérité et Justice pour les personnes autochtones disparues, assassinées et emprisonnées, afin de traiter les plus de 70 cas d'autorités traditionnelles et de membres de la communauté réprimés ou criminalisés pour avoir défendu leurs forêts, leur territoire ou leurs communautés. Or, à ce jour, cette commission n'a pas été mise en place et aucun projet d'infrastructure ni action d'envergure n'a été entrepris en faveur de ces communautés. De même, nous demandons l'ouverture et le soutien d'un procès international contre la Couronne espagnole pour le génocide, le pillage et l'exploitation brutale qui ont caractérisé la période coloniale. Le gouvernement fédéral s'est montré incapable de répondre à cette demande historique.

Nous dénonçons publiquement le fait que les communautés n'aient pas été correctement consultées lors de l'élaboration du Plan Michoacán, puisque seules 48 des 500 communautés de l'État ont été invitées, et chacune n'a disposé que de deux minutes pour présenter ses préoccupations. De plus, nous constatons qu'aucune des propositions émanant des communautés autonomes n'a été prise en compte dans ce plan, notamment la reconnaissance constitutionnelle des juges traditionnels, l'augmentation des financements alloués à la sécurité communautaire, la fourniture d'armes et d'équipements, la création d'une force de sécurité pour la protection des forêts, ou encore l'établissement de bases opérationnelles interinstitutionnelles, parmi d'autres revendications urgentes. Pourquoi prétendre consulter les peuples autochtones ? Pourquoi n'inviter que certaines communautés ?

En résumé, le Plan Michoacán est discriminatoire, unilatéral et trompeur. Par conséquent, nous exigeons catégoriquement que tous les peuples autochtones soient dûment consultés et que leurs revendications soient prises en compte. Enfin, nous invitons toutes les communautés à se mobiliser jusqu'à ce que leur voix soit respectée.

Conseil suprême indigène du Michoacán #CSIM

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site du CNI le 11/11/2025

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