La Colombie suspend l'envoi de renseignements aux États-Unis après des attaques meurtrières dans les Caraïbes
Publié le 13 Novembre 2025
Petro justifie cette mesure comme une réponse aux « exécutions sommaires » et aux violations de souveraineté commises par l'administration Trump.
12 novembre 2025 à 12 h 57
São Paulo (SP)
Le président colombien Gustavo Petro a ordonné l'arrêt immédiat de la coopération en matière de renseignement avec les agences de sécurité américaines. Cette mesure, annoncée mardi soir (11), fait suite aux attaques contre des navires et aux exécutions extrajudiciaires perpétrées en mer des Caraïbes, dans le golfe du Mexique et dans l'est du Pacifique.
Dans un communiqué publié sur son compte officiel de la plateforme X, le président colombien a ordonné que « tous les services de renseignement de la police, à tous les niveaux, suspendent l'envoi de communications et autres interactions avec les agences de sécurité américaines » tant que les attaques, attribuées à l'administration de Donald Trump, persistent.
Petro a justifié cette décision en affirmant que « la lutte contre la drogue doit être subordonnée aux droits de l'homme des populations caribéennes » et a réaffirmé que les actions militaires américaines constituent de graves violations de la souveraineté nationale et du droit international.
La décision de Bogotá intervient à la suite des opérations militaires américaines au large des côtes du Venezuela, dans les Caraïbes et dans le Pacifique oriental, qui ont entraîné la mort d'environ 75 personnes et la destruction d'une vingtaine de navires.
Des experts des Nations Unies ont qualifié ces attaques, menées à l'aide de missiles contre de petites embarcations, d'« exécutions sommaires » et les ont jugées contraires au droit international humanitaire. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a déjà condamné publiquement ces opérations.
Selon la presse, la Colombie emboîte le pas au Royaume-Uni, qui aurait également suspendu, pour au moins 30 jours, le partage de renseignements avec Washington concernant les opérations dans les Caraïbes.
Le gouvernement de Petro a vivement critiqué la stratégie antidrogue de Washington. Le président a souligné que son administration privilégie le respect de la souveraineté et des droits de l'homme, même si cela implique de restreindre la coopération militaire dans des contextes qu'il juge illégaux.
La région en tant que « zone de paix »
La décision colombienne témoigne des tensions régionales croissantes. Depuis août, les États-Unis maintiennent dans les eaux caribéennes l'un de leurs plus importants déploiements maritimes depuis la guerre du Golfe (1990-1991), avec environ huit navires de guerre, trois bâtiments d'assaut amphibie et un sous-marin. Le porte-avions Gerald Ford et son groupe aéronaval ont également été déployés dans la zone en octobre.
Des gouvernements comme le Venezuela, la Colombie et Cuba ont fermement rejeté ce déploiement, mettant en garde contre la menace qu'il représente pour la stabilité. Ils affirment que ces attaques, bien que menées sous prétexte de lutte contre le trafic de drogue, masquent une « politique de force et d'intimidation » à l'encontre des nations qui défendent leur souveraineté ou s'opposent aux intérêts de Washington.
Au cours des deux derniers mois, les forces américaines ont attaqué au moins vingt navires suspects dans les Caraïbes sans intercepter ni interroger les équipages. À ce jour, Washington n'a présenté aucune preuve que les personnes tuées étaient impliquées dans le trafic de drogue ou représentaient une menace directe pour le pays.
Édité par : Geisa Marques
traduction caro d'un article de Brasil de fato du 12/11/2025
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Colômbia suspende envio de informações de inteligência para os EUA após ataques letais no Caribe
Petro justifica que a medida é resposta a 'execuções sumárias' e violações de soberania cometidas pelo governo Trump
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